Pages factices de Walla, interviews commandées avec des politiciens israéliens, commentaires au nom d’Israéliens fictifs et tentatives de brouiller Israël avec l’Ukraine. Tout cela est décrit dans l’enquête de The Insider, publiée le 22 octobre 2026.
Auteur : Rédaction de NAnews
Les auteurs de l’article, Dada Lindell et Nikita Aronov, ont étudié la correspondance piratée et les documents internes de l’Agence russe de conception sociale (ASP).
C’est une structure liée au politologue Ilya Gambashidze. Les journalistes associent ses activités à des opérations d’information organisées par le Kremlin en dehors de la Russie.
L’enquête complète de The Insider — « Comment le Kremlin diffuse la désinformation en Israël ».
Nous ne raconterons que quelques épisodes les plus révélateurs. L’original contient beaucoup plus de documents, de noms et de détails qui méritent une attention particulière.
Fausses nouvelles israéliennes
La campagne russe Doppelganger, dont le nom se traduit par « double », utilisait des copies de véritables sites d’information.
En Israël, les pages de Walla, N12 et Mako — des ressources d’information locales bien connues — étaient contrefaites. Le lecteur voyait la mise en page habituelle de la publication, mais était dirigé vers une autre adresse Internet où une publication fabriquée était placée.
Un exemple est la fausse page de Walla, où des propos attribués à l’ambassadeur d’Israël en Ukraine, Mikhaïl Brodsky, qualifiaient les héros de l’Ukraine de « bourreaux du peuple juif ».
Déjà en juillet 2023, le média israélien Ynet rapportait des avertissements de spécialistes en cybersécurité concernant la campagne d’influence russe.
Comment le 7 octobre et la guerre en Ukraine ont été utilisés
Après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, les organisateurs russes ont trouvé un nouveau sujet pour leurs opérations.
Dans les documents étudiés par The Insider, il était discuté de la manière de contraster l’aide des États-Unis à Israël et à l’Ukraine, de provoquer une irritation mutuelle entre les deux sociétés et d’exploiter les sentiments antisémites.
En particulier, il était proposé de diffuser des affirmations selon lesquelles des armes occidentales de l’Ukraine parvenaient au Hamas.
En avril 2024, des instructions étaient élaborées pour générer des commentaires au nom d’Israéliens ordinaires. Par exemple, au nom d’une femme de 38 ans mécontente des dépenses militaires et des actions du gouvernement.
Il ne s’agissait pas d’une discussion politique ordinaire, mais de messages spécialement préparés qui devaient ressembler à des opinions de citoyens réels.
Médias authentiques et publications payées
Tout ne se limitait pas à de faux sites.
The Insider examine l’histoire du journaliste Nik Kolyokhin, qui publiait des interviews avec des politiciens et experts israéliens. Comme l’a précédemment établi le média israélien « Ayn ha-Shviit » (The Seventh Eye), qui mène des enquêtes journalistiques sur le travail des médias, le financement de la série de publications était opaque, et dans les versions textuelles des interviews, les accents étaient déplacés vers des thèses favorables à Moscou.
Un exemple est donné d’une interview avec le député de la Knesset Hanoch Milvitsky du Likoud, le parti de Benjamin Netanyahu. La publication soulignait la nécessité de ne pas intervenir dans la guerre de la Russie contre l’Ukraine, tandis que la critique des relations de Moscou avec le Hamas, exprimée dans l’enregistrement vidéo, n’était pas incluse dans le texte.
L’enquête décrit également en détail l’utilisation d’organisations se faisant passer pour des centres d’expertise indépendants, y compris l’International Burke Institute.
Comment NAnews s’est retrouvé sur la liste russe
Il y a dans l’enquête un détail inattendu pour notre rédaction.
The Insider publie une liste de médias israéliens russophones que l’ASP envisageait pour la publication d’articles, de commentaires et d’opinions d’experts.
Le premier sur cette liste est notre site — NAnews, nikk.agency. Dans le document, il est appelé « Nouvelles d’Israël ».
Nous recevons effectivement souvent des propositions pour publier des articles. Ce sont principalement des publications commerciales, de la publicité, des articles de relations publiques et des textes invités. Pour un site d’information, il n’y a rien d’inhabituel dans de telles demandes.
Cependant, la rédaction n’a pas reçu de propositions que nous pourrions associer à l’opération russe décrite. Du moins, nous ne sommes pas au courant de telles demandes.
Pourquoi sommes-nous dans cette liste ? Nous ne savons pas.
Peut-être que les rédacteurs avaient simplement besoin de présenter aux superviseurs une liste de plateformes potentielles plus longue pour que le rapport ait l’air plus solide.
Ou peut-être ont-ils d’abord ajouté NAnews à la liste, puis ouvert le site, lu ce que nous écrivons sur la Russie, l’Ukraine et Israël, — et sont immédiatement partis à la suite du navire de guerre russe.
Bien sûr, ce n’est que notre supposition avec une touche d’ironie éditoriale.
Les auteurs de The Insider soulignent eux-mêmes : on ne sait pas comment la liste a été utilisée et si les médias énumérés ont reçu de l’argent pour les publications. La simple présence du site dans le document ne prouve pas une collaboration avec l’ASP.
Que lire d’autre
L’enquête contient des sections distinctes sur le travail avec les rapatriés russophones, les chaînes Telegram, les rabbins, les experts et les politiciens.
Pour le lecteur israélien, il est particulièrement intéressant de voir comment les organisateurs russes ont tenté d’exploiter les divergences sociales existantes, présentant leurs propres messages comme des opinions des habitants d’Israël.
Mais nous ne raconterons pas toute l’enquête ici. Les journalistes de The Insider ont fait un travail considérable, et il est beaucoup plus utile de la lire dans son intégralité — avec des documents, des citations et des exemples.
Lire l’enquête originale de The Insider du 22 octobre 2026.
