Un artefact égyptien ancien est de nouveau au centre de l’attention des chercheurs et suscite des débats bien au-delà du milieu académique. Il s’agit du papyrus Anastasi I — un texte du XIIIe siècle avant notre ère, conservé au British Museum et qui a soudainement amené à reconsidérer les récits bibliques sur les géants.
Ce document est bien connu des égyptologues, mais aujourd’hui, il est lu différemment. Non pas comme une curiosité de l’époque, mais comme une clé possible pour comprendre d’où pourraient provenir les légendes sur les tribus mystérieuses et les personnes de taille gigantesque mentionnées dans la Bible.
Le nouvel intérêt pour le papyrus a été rapporté par le journal Daily Mail, après quoi le sujet a dépassé les revues scientifiques et est redevenu un sujet de discussions publiques.
Qu’est-ce que ce papyrus et pourquoi suscite-t-il des débats
Le papyrus Anastasi I est une lettre satirique du scribe égyptien Hori à son collègue. Dans le texte, il décrit de manière ironique, et parfois délibérément exagérée, les terres dangereuses de Canaan et les tribus nomades Shasu, qui, selon lui, habitaient les régions montagneuses.
C’est ici qu’apparaît un détail qui a captivé les chercheurs modernes. L’auteur mentionne des personnes mesurant jusqu’à cinq coudées — environ de deux à deux mètres et demi. Pour l’âge du bronze, de tels paramètres étaient exceptionnels. Dans une société où la taille moyenne était nettement inférieure, de telles personnes pouvaient bien être perçues comme de véritables géants.
Correspondance avec les textes bibliques
Ces descriptions résonnent de manière inattendue avec les récits bibliques. Dans l’Ancien Testament, il est fait mention des « fils d’Anak », ainsi que d’autres géants que, selon la tradition, les Israélites auraient rencontrés. De la même couche culturelle provient également l’image de Goliath — le guerrier philistin d’une taille extraordinaire.
Certains chercheurs admettent que de telles images bibliques pourraient ne pas être apparues de nulle part. Selon leur version, les récits pourraient s’appuyer sur de véritables rencontres avec des tribus de personnes d’une taille anormalement élevée, vivant au Moyen-Orient il y a plusieurs milliers d’années.
Où se situe la frontière entre le texte et le mythe
Cependant, la plupart des scientifiques appellent à la prudence. Le papyrus Anastasi I a un caractère satirique prononcé. Son auteur ne visait pas à fournir une fixation ethnographique précise de la réalité. Au contraire, le texte regorge d’exagérations artistiques et sert plutôt d’exemple d’ironie littéraire de son temps.
L’archéologie n’a pas encore présenté de preuves physiques convaincantes de l’existence de peuples entiers de géants. Il n’y a pas de sépultures massives, pas de squelettes qui confirmeraient l’existence systématique d’une « race de géants ».
Pourquoi cet artefact reste-t-il important
Même si le papyrus ne prouve pas l’existence littérale des géants bibliques, il en dit long sur les peurs, les images et l’imagination des civilisations anciennes. Pour les Égyptiens et les peuples de la région, les nomades de grande taille pouvaient sembler effrayants et inhabituels — à tel point que leurs images se sont enrichies de mythes au fil du temps.
C’est ici qu’apparaît un contexte important : les textes religieux émergent rarement dans le vide. Ils absorbent des impressions réelles, des rumeurs, des récits exagérés de voyageurs et de guerriers.
Au milieu de ces discussions, НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency attire l’attention sur l’essentiel : de telles découvertes ne « réfutent » ni ne « prouvent » directement la Bible. Elles montrent comment le monde des représentations de l’homme ancien s’est formé et pourquoi les images mythologiques pouvaient avoir des racines bien terrestres.
Le papyrus Anastasi I reste un texte — non pas une preuve sensationnelle, mais une fenêtre rare sur la pensée des gens de l’âge du bronze. Et c’est précisément pour cela qu’il continue de fasciner à la fois les scientifiques et ceux qui cherchent la frontière entre l’histoire et la légende.
