NAnews – Nikk.Agency Actualités Israël

Les 11 et 12 mai 2026, une interview de l’ancienne porte-parole du président ukrainien Yulia Mendel a été diffusée dans les médias américains par le journaliste Tucker Carlson, où les principaux acteurs du scandale politique étaient Mendel elle-même, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le dictateur russe Poutine, le Bureau du président ukrainien et les journalistes, politiciens et experts ukrainiens qui ont réagi vivement aux propos tenus.

Pour l’Ukraine, ce n’est pas simplement un autre conflit autour d’un ancien fonctionnaire.

.......

Pour Israël, cette histoire est également importante. Elle montre comment, en temps de guerre, les paroles d’anciens représentants du pouvoir peuvent se transformer en un front autonome — informationnel, diplomatique, émotionnel et très dangereux. Surtout lorsque de telles déclarations ne sont pas faites dans un format neutre, mais sur une plateforme où la position ukrainienne est souvent présentée à travers le doute, la fatigue de l’Occident et la recherche de « coupables » non pas à Moscou, mais à Kiev.

Mendel a travaillé comme porte-parole de Zelensky jusqu’à l’invasion à grande échelle de la Russie. C’est pourquoi son interview a eu un tel impact : elle parlait non pas comme une observatrice extérieure, mais comme une personne qui a été un temps au sein de l’équipe présidentielle. Le matériel de base transmet en détail les principaux points de l’interview et la réaction des journalistes, politiciens et experts ukrainiens.

Qu’a dit exactement Mendel et pourquoi cela a-t-il été perçu comme un coup porté à l’Ukraine

Au début de l’interview, Yulia Mendel a déclaré qu’elle ne cherchait pas à justifier l’invasion russe, Poutine et les crimes de l’armée russe. Mais juste après, elle a ajouté une idée qui est devenue l’une des plus discutées : selon elle, la guerre « n’est plus en noir et blanc ».

Une telle formulation sonne déjà dangereusement en soi.

Pour une société qui a vécu Boutcha, Marioupol, les frappes de missiles sur des immeubles résidentiels, l’occupation, les déportations et les pertes quotidiennes, la phrase selon laquelle « tout n’est pas si simple » est perçue non pas comme une complexité intellectuelle, mais comme une dilution de la responsabilité de l’agresseur. Dans le contexte ukrainien, c’est particulièrement douloureux, car des constructions similaires ont été utilisées pendant des années par la propagande russe.

Ensuite, Mendel est passée à une attaque directe contre Zelensky. Elle l’a pratiquement mis sur le même plan que Poutine, déclarant que le président ukrainien est aussi un « mal », mais caché. Selon sa version, Zelensky semble doux et sûr devant la caméra, mais en politique réelle, il se transforme en un leader dur qui « détruit les gens ».

Ce n’était pas simplement une attaque émotionnelle.

De tels mots, prononcés par une ancienne porte-parole du président dans les médias occidentaux, deviennent instantanément du matériel à citer. Ils peuvent être sortis de leur contexte, traduits, diffusés sur les chaînes Telegram, insérés dans les émissions russes et présentés comme une « reconnaissance de l’intérieur du pouvoir ukrainien ».

.......

Phrases sur la démocratie et la dictature

Mendel a également affirmé que pendant son travail, Zelensky aurait parlé de la démocratie et de la gouvernance de l’État de manière stricte. Parmi les phrases qui lui sont attribuées, on trouve « L’Ukraine n’est pas prête pour la démocratie » et « la dictature, c’est l’ordre ».

Ce sont des accusations très lourdes.

Elles frappent plusieurs points à la fois : l’image de Zelensky en tant que leader militaire d’un pays démocratique, la légitimité des institutions ukrainiennes, la confiance des alliés et le débat interne sur les libertés en temps de guerre. Cependant, Mendel n’a pas présenté de preuves publiques de ces paroles, ce qui signifie que pour l’évaluation journalistique et politique, il reste une réserve importante : il s’agit de ses affirmations, et non d’un fait établi.

Mais le scandale a déjà eu lieu.

Dans la guerre de l’information, ce n’est souvent pas la preuve qui compte, mais l’impression. D’abord, la phrase choque, puis elle commence à être discutée, puis elle devient partie intégrante du bruit ambiant. Même si elle est réfutée plus tard, la trace reste.

Paris, l’OTAN et le Donbass : les affirmations les plus explosives de l’interview

L’un des épisodes centraux de l’interview est lié à la rencontre entre Zelensky et Poutine à Paris en décembre 2019. Mendel a déclaré qu’elle était présente à proximité du processus et que le président ukrainien aurait promis au dictateur russe : l’Ukraine ne deviendra pas membre de l’OTAN.

Cette thèse ne peut être perçue comme un simple détail de souvenirs.

La question de l’OTAN a été l’un des principaux outils de pression de Moscou sur Kiev. La Russie a tenté pendant des années de présenter l’aspiration de l’Ukraine à l’intégration euro-atlantique comme une « menace » et un prétexte à l’agression. Par conséquent, toute parole sur des promesses supposées devient un cadeau pour la version des événements du Kremlin.

Surtout si elles sont prononcées par une personne qui a autrefois officiellement représenté le président ukrainien devant la presse.

Il est important de souligner ici : Mendel n’a pas fourni de documents, d’enregistrements ou de confirmations. Elle a raconté sa version. Et une version, dite sur une telle plateforme et à un tel moment, fonctionne non pas comme un détail mémoriel, mais comme un signal politique.

.......

Négociations d’Istanbul et affirmation sur le Donbass

Les paroles de Mendel sur les négociations à Istanbul en 2022 ont provoqué un retentissement encore plus fort. Elle a déclaré que Zelensky aurait été prêt à céder le Donbass à la Russie pour mettre fin à la guerre.

Selon elle, cette information lui a été communiquée par des personnes représentant l’Ukraine lors des négociations. Elle a décrit cela comme une nouvelle choquante : comme si la partie ukrainienne était prête à accepter une concession territoriale pour arrêter l’horreur de la guerre.

Mais c’est précisément ici que le scandale est entré dans la zone la plus dangereuse.

Le Donbass n’est pas un point abstrait de négociations. C’est un territoire ukrainien, des gens, des villes, des cimetières, des maisons, des destins brisés, une occupation et une guerre de plusieurs années qui a commencé en 2014. Par conséquent, l’affirmation de la volonté de « céder le Donbass » est inévitablement perçue comme une bombe politique.

Le Bureau du président ukrainien a rejeté fermement cette version.

Dans la réaction ukrainienne, il a été dit que Mendel n’avait pas participé aux négociations, n’avait pas pris de décisions d’État et n’avait aucun rapport avec le processus de négociation. Ils ont également mis en doute la véracité et l’adéquation de ses déclarations.

Formellement, c’était un commentaire sur une interview spécifique.

En substance, c’était une tentative d’arrêter la propagation d’un récit qui pourrait être utilisé contre l’Ukraine au niveau international. Car si le public extérieur n’entend que la version de Mendel, il pourrait avoir une fausse impression : comme si Kiev avait un jour été prêt à des conditions de capitulation, et qu’il avait simplement « changé d’avis ».

Pourquoi c’est particulièrement sensible pour Israël

Le public israélien comprend bien que la question des territoires, des négociations et de la sécurité n’est jamais simple. En Israël, on connaît depuis des décennies le prix des formulations qui résonnent dans la diplomatie, la presse et les négociations en coulisses.

Une phrase peut changer le ton de la discussion.

Un ancien fonctionnaire peut donner aux adversaires de l’État du matériel pour faire pression.

Une émission sur une grande plateforme peut devenir partie intégrante d’une campagne qui vit ensuite sa propre vie.

C’est pourquoi l’histoire avec Mendel est importante non seulement comme un scandale ukrainien. Elle montre comment, en temps de guerre, les rancunes personnelles, les ambitions politiques, la soif médiatique d’attention et les intérêts extérieurs peuvent se mêler en un récit toxique.

Appel à Poutine et rôle de Tucker Carlson

Un coup distinct à la perception de l’interview a été porté par sa fin. Mendel est passée au russe et s’est adressée directement à Poutine.

Elle s’est présentée comme une femme ukrainienne ordinaire de Kherson. Elle a dit qu’elle ne représentait pas l’OTAN, l’Occident ou Zelensky. Elle a souligné qu’elle n’était pas une opposante politique du dictateur russe et ne représentait pas une menace pour lui. Puis elle l’a exhorté à arrêter la guerre par une seule décision.

Le simple fait de s’adresser à Poutine en temps de guerre a déjà suscité l’indignation.

Mais ce qui a encore plus touché beaucoup de gens, c’est la formule selon laquelle dans ce conflit « les Slaves tuent les Slaves ». Pour le public ukrainien, une telle phrase sonne comme un retour à l’ancien piège impérial : comme s’il s’agissait d’une querelle tragique entre « peuples frères », et non d’une guerre d’agression contre un État indépendant.

L’Ukraine n’a pas attaqué la Russie.

L’Ukraine n’a pas occupé de territoires russes.

L’Ukraine n’a pas détruit de villes russes, n’a pas enlevé d’enfants russes, n’a pas lancé de missiles sur des immeubles russes et n’a pas tenté d’effacer l’identité russe.

C’est pourquoi la formule « les Slaves tuent les Slaves » ne semble pas pacificatrice, mais politiquement floue. Elle détourne l’attention de l’essentiel : la responsabilité de la guerre incombe à la Russie et à ses dirigeants.

Pourquoi Carlson n’est pas une plateforme neutre

Le scandale a été amplifié par le fait que l’interview a été diffusée précisément chez Tucker Carlson.

Carlson est depuis longtemps perçu en Ukraine comme une personnalité médiatique critique de l’aide à Kiev, donnant de l’espace aux thèses anti-ukrainiennes et parlant volontiers avec des figures importantes pour la vision propagandiste russe du monde. Son interview avec Poutine est devenue l’un des exemples les plus marquants de la manière dont le dictateur russe a obtenu un accès direct au public occidental.

C’est pourquoi l’apparition de Mendel chez Carlson ne ressemblait pas à un choix de plateforme aléatoire.

Cela ressemblait à une sortie vers un public où il y a déjà une demande pour des thèses sur la « complexité » de la guerre, la fatigue de l’Ukraine, les « erreurs de Zelensky » et la nécessité d’une paix urgente à presque n’importe quel prix.

Pour le public international, cela peut sembler être une « reconnaissance courageuse d’une ancienne collaboratrice ». Pour les Ukrainiens, c’est comme un coup de poignard dans le dos en temps de guerre.

NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère ces histoires non pas comme de simples scandales médiatiques, mais comme une partie d’une grande lutte informationnelle autour de l’Ukraine, d’Israël et de tout le monde démocratique. Dans les deux cas, les adversaires misent non seulement sur les armes, mais aussi sur la fatigue de la société, les conflits internes, la méfiance envers les dirigeants et la destruction de la clarté morale.

Réaction ukrainienne : de l’indignation aux discussions sur la trahison d’État

Les journalistes, politiciens et experts ukrainiens ont réagi vivement. Et c’était prévisible.

Marina Danilyuk-Yermolaeva, journaliste, blogueuse et rédactrice en chef du site « Espresso », a écrit que l’interview de Mendel a montré comment les anciens représentants de l’équipe de Zelensky peuvent « se trahir » les uns les autres. Dans son évaluation, cela ressemblait à un moment où les gens de l’entourage précédent commencent à exposer les conflits internes, non pas dans un format professionnel ukrainien, mais à travers une plateforme américaine avec un public très spécifique.

Elle a également critiqué sévèrement la manière dont Mendel est entrée dans l’équipe présidentielle. Le sens de sa réaction était simple : lorsque les gens sont choisis non pas pour leur réputation professionnelle profonde, mais pour leur effet, leur hasard ou leur visibilité publique, l’État peut ensuite en payer le prix en termes de réputation.

Tatyana Troshchynska a vu l’histoire de manière plus large.

Elle a rappelé le livre de Mendel « Chacun de nous est président », publié en 2021, et un passage où le Maïdan était décrit à travers des « tentes sales », des nuits froides, le risque d’être battu, des canons à eau, du gaz et la « romantique » révolutionnaire. Selon Troshchynska, un tel langage montrait non seulement un échec stylistique, mais un profond éloignement de l’expérience des gens pour qui le Maïdan n’était pas une « romantique insalubre », mais une lutte pour la dignité et le choix européen.

Dans sa réaction, il y avait une pensée importante : l’interview chez Carlson n’est pas apparue de nulle part. Elle n’a fait que mettre en lumière ce que, selon les critiques, était déjà visible chez Mendel depuis longtemps.

Iryna Herashchenko : la profession exige de la retenue

La députée populaire Iryna Herashchenko, qui a autrefois travaillé comme porte-parole du troisième président ukrainien Viktor Yushchenko, a mis l’accent sur l’éthique professionnelle.

Elle a rappelé qu’un porte-parole ou une personne proche du président voit de nombreux processus fermés. Il peut être témoin de décisions historiques, de conversations complexes, d’erreurs, de conflits, de moments émotionnels. Mais c’est précisément pourquoi la profession exige non seulement l’accès, mais aussi la maturité.

Tout ce qu’une personne a vu ne doit pas être rendu public.

Tout ce qui peut être dit ne doit pas être dit.

Toute déception personnelle ne justifie pas un coup public porté à l’État en temps de guerre.

Herashchenko a souligné qu’il reste toujours beaucoup de choses en coulisses, et qu’une personne impliquée dans les processus étatiques doit comprendre la frontière entre le droit à l’opinion et la responsabilité envers le pays.

Cela a résonné particulièrement fort, car il ne s’agissait pas de défendre Zelensky en tant que politicien. Il s’agissait d’un principe : les anciens fonctionnaires ne doivent pas transformer les processus étatiques en matière première pour des spectacles politiques étrangers.

Lena Chichenina, Maria Popova et la réaction du milieu professionnel

La rédactrice en chef du tabloïd médiatique « Antonina » Lena Chichenina a réagi de manière sarcastique et émotionnelle. Elle a été indignée par le caractère théâtral de l’interview : les métaphores, la présentation théâtrale, les comparaisons dramatiques de Zelensky avec un « teddy bear » et un « grizzly bear », ainsi que le ton général, dans lequel la discussion sur la guerre se transformait presque en scène.

Maria Popova, représentante du Conseil ukrainien de l’industrie de la défense, a mis l’accent sur la question de la confiance. Elle a écrit qu’après une telle interview, il est difficile d’imaginer comment Mendel pourrait se voir confier un travail même avec un accès minimal à des informations confidentielles.

Ce n’est plus simplement une évaluation émotionnelle.

C’est une question de sécurité. En temps de guerre, l’information, les connexions, l’ancien accès et les connaissances personnelles peuvent devenir une ressource sensible. Si une personne utilise une plateforme publique pour des déclarations qui nuisent potentiellement au pays, la question se pose : à quel point le système de sélection et de confiance était-il fiable ?

Les experts ont vu dans l’interview un signal dangereux pour le public extérieur

L’expert en communication stratégique Volodymyr Anfimov a qualifié l’interview de difficile à regarder et par moments répugnante. Ce qui l’a particulièrement touché, c’est que Mendel a présenté Zelensky dès le début de la conversation comme l’un des principaux obstacles à la fin de la guerre.

Selon son évaluation, l’effet le plus dangereux de l’interview est le signal envoyé au public extérieur : comme si c’était l’Ukraine, et non la Russie, qui empêchait la paix.

C’est un point central.

La propagande russe tente depuis des années de convaincre le public occidental que la guerre peut être rapidement terminée si Kiev « devient plus réaliste », renonce aux territoires, cesse de demander des armes, ne « s’entête » pas et accepte les conditions de Moscou. Lorsque ce sens similaire est exprimé par une ancienne porte-parole du président ukrainien, il prend une force supplémentaire.

Anfimov a également attiré l’attention sur l’image de l’Ukraine qui émergeait des paroles de Mendel. Dans sa description, le pays semblait presque condamné : une population effrayée, la peur de parler ouvertement, le risque d’aller en prison ou au front, l’absence de perspectives, l’épuisement et la dégradation interne.

Une telle image est dangereuse.

Elle démoralise les siens et donne des arguments aux autres.

Pour Israël, cette logique est également familière. Lorsque les ennemis ne peuvent pas rapidement briser le pays par la voie militaire, ils tentent de convaincre le monde extérieur que la résistance est inutile, que le leadership est illégitime, que la société est fatiguée, et que la poursuite de la lutte n’est qu’un caprice des politiciens.

Yuriy Honcharenko et Yuriy Fizer : question de la trahison d’État

Le chef du groupe de recherche et d’analyse InfoLight.UA Yuriy Honcharenko a qualifié les actions de Mendel de trahison d’État directe. Il a exprimé l’opinion que les services de sécurité ukrainiens devraient évaluer ses déclarations et porter l’affaire devant les tribunaux.

Le journaliste international et présentateur de télévision Yuriy Fizer a également soulevé la question d’une éventuelle enquête. Il a souligné qu’il est difficile de le soupçonner de sympathie pour Zelensky, mais après avoir regardé l’interview, une question principale s’est posée : le SBU ouvrira-t-il une affaire de trahison d’État ?

Cependant, Fizer a fait une réserve importante. Il a admis qu’une partie des paroles de Mendel pourrait contenir des éléments de vérité ou refléter certains processus internes réels. Mais, selon lui, même si c’est le cas, la question reste : une citoyenne ukrainienne a-t-elle le droit moral, en temps de guerre, de faire de telles déclarations sur une plateforme extérieure que beaucoup perçoivent comme hostile à l’Ukraine ?

C’est là que se situe la ligne principale du conflit.

Pas entre les partisans et les opposants de Zelensky.

Mais entre le droit de critiquer le pouvoir et le risque de jouer le jeu de l’ennemi.

Tatyana Popova : « erreur des premières nominations »

La journaliste Tatyana Popova a qualifié Mendel d’erreur évidente des premières nominations. Elle a rappelé sa rencontre avec elle en 2019 par le biais du Conseil pour la liberté de la parole auprès du Bureau du président et a écrit qu’elle avait été choquée par son comportement.

Selon Popova, elle n’était pas la seule à être choquée. Mendel était déjà régulièrement impliquée dans des conflits avec des journalistes. On se souvenait des épisodes avec Christopher Miller, Zabelina et d’autres représentants du milieu médiatique.

Cette réaction est importante car elle traduit la discussion d’une interview à un problème systémique des premières décisions de personnel de l’équipe de Zelensky. En 2019, le nouveau pouvoir est arrivé avec l’idée de renouveau, d’ouverture et de « gens du peuple ». Mais le renouveau sans filtre professionnel conduit parfois à ce que des personnes aléatoires ou mal préparées aient accès à des processus trop sérieux.

Et ensuite, leurs histoires personnelles deviennent un problème pour l’État.

Contexte politique : Yermak, rumeurs, tensions et versions de coïncidences

Une partie distincte de la réaction est liée au contexte politique général. Dans le matériel de base, il est mentionné qu’une partie des commentateurs associait la sortie de l’interview à d’autres événements autour de l’ancien chef du Bureau du président Andriy Yermak et à la nervosité générale de la politique ukrainienne.

L’ancien porte-parole du SBU et journaliste Stanislav Rechynsky a émis l’hypothèse que la coïncidence temporelle pourrait ne pas être fortuite. Son commentaire était construit autour d’un scénario inquiétant : pression sur Zelensky, tentatives possibles de le contraindre à des décisions, discussions sur un accord de paix avec la Russie, risque de bouleversements internes.

De telles versions restent des évaluations et des hypothèses.

Mais leur apparition montre le niveau de tension. Lorsque le pays est en guerre, toute grande attaque informationnelle est perçue non pas isolément, mais comme une partie possible d’une combinaison plus large. D’autant plus si elle aborde simultanément les thèmes de Zelensky, Yermak, des négociations, du Donbass, de Poutine, des États-Unis et de la pression extérieure.

Natalia Fedorishin, fondatrice de l’École de technologie politique de Kiev, a comparé la sensation de l’interview de Mendel au film «Bugonia». Selon elle, différents genres et échelles peuvent produire le même effet : une confrontation avec quelque chose de chaotique, impulsif et destructeur, difficile à comprendre rationnellement.

C’est une bonne description de l’ambiance générale après l’interview.

Les gens ne débattaient pas seulement des faits. Ils essayaient de comprendre ce que c’était : une vengeance personnelle, un signal politique, une tentative de revenir sur le devant de la scène, un jeu conscient pour un public extérieur ou simplement un geste médiatique destructeur.

Pourquoi cette histoire ne se résume-t-elle pas à la personnalité de Mendel

Il est tentant de dire : c’est juste l’histoire d’une ancienne porte-parole qui a décidé de se rappeler bruyamment.

Mais c’est plus compliqué.

L’interview de Mendel est devenue un point où plusieurs grands problèmes se sont rencontrés : la politique du personnel, la confiance envers les anciens fonctionnaires, la fermeture des processus de négociation, la faiblesse des communications publiques, la fatigue de la société face à la guerre, les débats occidentaux sur l’aide à l’Ukraine et la stratégie d’information russe.

C’est pourquoi la réaction a été si vive.

Les Ukrainiens ne débattent pas seulement de savoir si Mendel a dit la vérité ou menti. Ils débattent de qui a le droit de parler au nom du pays quand le pays est en guerre. De savoir si l’on peut utiliser l’expérience personnelle de travail au pouvoir comme matériel pour le spectacle d’autrui. De savoir où finit la liberté d’expression et où commence le préjudice à la sécurité nationale.

Pour Israël, cette logique est également parfaitement compréhensible.

Un pays sous pression extérieure constante sait que les conflits internes seront toujours utilisés par les adversaires. Cela ne signifie pas que le pouvoir ne peut pas être critiqué. Au contraire, la critique est nécessaire. Mais la critique et l’autodestruction informationnelle ne sont pas la même chose.

La principale conclusion : l’interview n’est pas devenue une conversation sur le passé, mais un coup porté au présent

L’histoire de l’interview de Mendel est importante non pas parce qu’elle a critiqué Zelensky. Le président ukrainien est critiqué depuis longtemps et pour diverses raisons : pour ses décisions en matière de personnel, pour le rôle du Bureau du président, pour les communications, pour les erreurs du pouvoir, pour les relations complexes avec les opposants politiques.

Le problème ne réside pas dans le fait même de la critique.

Le problème réside dans la manière, le lieu et le cadre dans lesquels elle a été exprimée.

Quand l’ancienne porte-parole du président ukrainien se présente à Tucker Carlson et parle de Zelensky comme d’un mal caché, de prétendues promesses à Poutine, de la volonté de céder le Donbass et des « Slaves qui tuent des Slaves », cela cesse d’être une interview ordinaire. Cela devient un événement de guerre de l’information.

Pour la Russie, ces mots sont commodes.

Pour l’Ukraine, ils sont douloureux.

Pour le public occidental, ils peuvent devenir une raison de plus de douter, de se fatiguer, de se distancer et de dire : « Peut-être que là-bas, tout est vraiment plus compliqué ? »

Et pour Israël, cette histoire est un rappel que la guerre pour la perception internationale peut parfois être aussi dure que la guerre sur le terrain. Surtout quand l’adversaire sait attendre, choisir les mots des autres et les transformer en preuves de son mensonge.

Le scandale autour de Mendel va encore évoluer. De nouvelles réactions, évaluations juridiques, commentaires politiques et explications supplémentaires pourraient apparaître. Mais une chose est déjà claire : cette interview n’est pas simplement devenue une conversation entre une ancienne porte-parole et un journaliste américain.

Elle est devenue un test de maturité pour la société, de résilience pour l’État et de capacité à distinguer la critique honnête d’un coup d’information au moment où le pays continue de lutter pour son existence.