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Le Conseil de l’Europe a fait un nouveau pas juridique le 15 mai 2026 à Chisinau pour lancer le Tribunal spécial pour le crime d’agression de la Russie contre l’Ukraine. Ce n’est pas simplement une autre formule diplomatique. Il s’agit d’un mécanisme qui doit s’occuper précisément des dirigeants politiques et militaires russes responsables de l’invasion à grande échelle.

36 pays et l’Union européenne ont exprimé leur intention de rejoindre l’accord pour la création du tribunal. Parmi eux, 34 États membres du Conseil de l’Europe, ainsi que l’Australie et le Costa Rica. La liste pourrait s’élargir à l’avenir, car le format est ouvert à de nouveaux participants.

Pour l’Ukraine, c’est une étape importante dans la longue lutte pour la responsabilité internationale de la Russie. Pour Israël et le public israélien, ce sujet n’est pas non plus éloigné : il s’agit du principe sur lequel repose le système de droit international d’après-guerre — l’agression ne doit pas rester impunie, même si elle est le fait d’une puissance nucléaire.

Que s’est-il passé exactement à Chisinau le 15 mai 2026

À Chisinau, lors de la réunion du Comité des ministres du Conseil de l’Europe, l’Accord partiel élargi pour la création du Tribunal spécial pour le crime d’agression de la Russie contre l’Ukraine a été officiellement finalisé. C’est là qu’a été faite la déclaration sur les 36 pays et l’Union européenne qui ont exprimé leur intention de participer à ce mécanisme.

Parmi les pays ayant soutenu la participation, on trouve Andorre, Autriche, Belgique, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Moldavie, Monaco, Monténégro, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Saint-Marin, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Ukraine et Royaume-Uni. L’Australie et le Costa Rica sont mentionnés séparément.

Le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a qualifié cette étape de décisive pour la création effective du tribunal. Selon lui, il faut maintenant assurer le fonctionnement pratique et le financement du mécanisme. Il a également souligné que le moment de tenir la Russie responsable de l’agression approche rapidement.

Pourquoi ce n’est pas un tribunal ordinaire pour crimes de guerre

La principale différence de ce tribunal est qu’il doit traiter du crime d’agression. Ce n’est pas un épisode isolé de la guerre, pas une frappe spécifique sur une maison, ni une enquête sur des tortures ou des déportations. Le crime d’agression, c’est la décision même de commencer une guerre, d’envahir le territoire d’un autre État et de détruire l’ordre international par la force.

C’est pourquoi l’attention se porte non seulement sur les exécutants sur le champ de bataille, mais aussi sur ceux qui ont planifié, préparé, lancé et continuent de couvrir politiquement la guerre. Ce cercle peut potentiellement inclure les dirigeants politiques et militaires russes, y compris Vladimir Poutine.

La Cour pénale internationale traite déjà des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et d’autres catégories d’affaires liées à la guerre russe contre l’Ukraine. Mais pour le crime d’agression, il existe une lacune juridique que ce mécanisme spécial doit combler.

Pourquoi La Haye redevient le centre de la responsabilité internationale

Selon le Conseil de l’Europe, les Pays-Bas ont accepté d’accueillir la phase initiale des travaux du tribunal à La Haye. C’est symbolique et pratiquement compréhensible : La Haye est depuis longtemps associée à la justice internationale, à l’enquête sur les crimes de guerre et aux mécanismes judiciaires créés après de grands conflits internationaux.

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Mais il est important de comprendre : le lancement du tribunal n’est pas un verdict instantané. Il y a encore du travail organisationnel, du financement, la formation de procédures, la collecte de preuves, la préparation des accusations et la lutte juridique autour des immunités des dirigeants en exercice.

C’est pourquoi la décision du 15 mai 2026 à Chisinau doit être considérée comme une transition politico-juridique des déclarations vers un mécanisme. Pas une fin, mais déjà plus qu’une simple promesse.

Pour l’Ukraine, c’est particulièrement important car l’agression russe dure depuis plusieurs années. Après le 24 février 2022, la guerre est devenue à grande échelle, mais la logique même de l’agression russe a commencé plus tôt — avec l’occupation de la Crimée et la guerre contre l’Ukraine depuis 2014. C’est pourquoi la question de la responsabilité ne peut être réduite à des épisodes isolés de la période récente.

НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency examine ce sujet dans un contexte plus large : pour Israël, l’Ukraine et le monde juif, la question de la responsabilité internationale est toujours liée non seulement au passé, mais aussi à la sécurité future. Si l’agression reste impunie, elle devient un exemple pour d’autres régimes.

Ce que cela signifie pour Poutine et la direction russe

Formellement, le tribunal doit enquêter, poursuivre et juger les personnes portant la responsabilité principale du crime d’agression contre l’Ukraine. Politiquement, cela signifie que le système international construit progressivement une voie juridique distincte vers le sommet du pouvoir russe.

Poutine peut continuer à parler de « paix », de « négociations » et de « volonté de dialogue », mais le simple fait de la création d’un tel tribunal fixe autre chose : le monde voit dans les actions de la Russie non pas un différend entre deux États, mais une agression pour laquelle des personnes spécifiques doivent répondre.

C’est important aussi pour la guerre de l’information. Moscou tente depuis des années de diluer la responsabilité, de présenter l’attaque comme un « conflit », une « crise », une « réponse à des menaces » ou une « géopolitique ». Le tribunal spécial ramène la conversation au cœur juridique : qui a donné l’ordre, qui a planifié, qui a assuré l’invasion, qui est responsable du crime d’agression.

Pourquoi cette histoire est importante pour Israël

Le public israélien comprend bien que le droit international fonctionne souvent lentement, de manière incomplète et pas toujours équitablement. Mais quand il s’agit de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, la question du tribunal dépasse la politique ukrainienne.

Pour les rapatriés d’Ukraine, la communauté ukrainienne d’Israël et tous ceux qui suivent la guerre depuis Israël, c’est un signal : le sujet de la responsabilité russe n’a pas disparu de l’agenda international. Il ne s’est pas dissous dans la fatigue, les élections, les changements de gouvernements et les négociations à huis clos.

Il y a aussi un contexte moyen-oriental plus large. La Russie reste un partenaire de l’Iran — un régime qui menace Israël, arme des structures terroristes et participe au système général de pression sur les pays démocratiques. C’est pourquoi l’affaiblissement juridique de l’impunité de Moscou est important non seulement pour Kiev, mais aussi pour tous les États confrontés à des régimes agressifs et à leurs alliés.

Ce qui va se passer ensuite

La prochaine étape est la création pratique du tribunal, son financement, le lancement de la phase initiale à La Haye et la formation de la base procédurale. Un mécanisme de compensation pour l’Ukraine sera également développé : une Commission internationale pour l’examen des réclamations, qui doit évaluer les demandes de compensation et déterminer les paiements possibles aux victimes, est en discussion.

Selon le Conseil de l’Europe, 44 États et l’UE ont déjà rejoint le Registre des dommages, et le mécanisme a reçu plus de 150 000 demandes de compensation. Cela montre qu’il ne s’agit pas seulement d’un symbole politique, mais d’une tentative de construire un système de conséquences pour l’État agresseur.

La question principale reste ouverte : quand exactement les procédures d’accusation pourront-elles atteindre les dirigeants russes et jusqu’où le droit international est-il prêt à aller dans l’affaire contre les dirigeants en exercice d’une puissance nucléaire.

Mais le 15 mai 2026 à Chisinau, un pas important a été fait. La Russie mène toujours la guerre, Poutine essaie toujours de vendre au monde l’image d’un « négociateur », et son État continue d’agir en tant qu’agresseur. Cependant, le cadre juridique de la responsabilité devient déjà plus dense.

Et c’est précisément le cas où le temps ne travaille pas seulement contre les victimes de la guerre, mais aussi contre ceux qui pensaient que le crime d’agression pourrait être caché derrière des formules diplomatiques.