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Les Européens ne sont plus sûrs que les États-Unis les protégeront en cas de guerre

En Europe, il ne s’agit pas simplement d’une dispute politique sur Donald Trump, l’OTAN ou les dépenses de défense. Il y a eu un tournant psychologique : les habitants des pays européens croient de moins en moins que les États-Unis viendront automatiquement à leur aide si leur pays est attaqué.

C’est un signal important non seulement pour Bruxelles, Varsovie, Berlin, Kiev ou Paris. Pour Israël, ce sondage sonne également comme un avertissement sérieux. Dans une région où l’Iran, le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, les réseaux de proxys et la menace constante d’une guerre sur plusieurs fronts sont proches, on ne peut pas construire la sécurité uniquement sur les promesses des alliés.

Le 10 juin 2026, le Conseil européen des relations internationales — ECFRa publié une étude Home alone: Europeans are ready to defend themselves. Le sondage a été mené en mai 2026 parmi la population adulte de 15 pays européens : Autriche, Bulgarie, Danemark, Estonie, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Espagne, Suède, Suisse et Royaume-Uni. L’échantillon total comprenait 19 481 répondants.

Le chiffre principal est frappant : seulement 11 % des Européens considèrent désormais les États-Unis comme un véritable allié. En novembre 2024, ils étaient encore 22 %, et environ six mois avant l’étude actuelle — 16 %. Cela signifie que la baisse de confiance envers l’Amérique n’est pas un pic aléatoire, mais une tendance constante à la baisse.

Dans le même temps, 25 % des répondants voient déjà les États-Unis soit comme un rival, soit comme un adversaire. Environ la moitié du public européen perçoit l’Amérique non pas comme un allié, mais comme un « partenaire nécessaire » — un pays avec lequel il faut coopérer, mais auquel on ne fait plus confiance comme avant.

C’est une différence très importante.

L’Europe n’est pas devenue complètement anti-américaine.

Elle ne veut pas brûler les ponts avec Washington. Mais elle a cessé de voir les États-Unis comme une force qui viendra toujours en premier, qui sauvera toujours et qui remplira toujours les engagements précédents sans conditions politiques.

Dans aucun des 15 pays, la majorité ne croit à l’aide américaine

Le bloc le plus inquiétant de l’étude concerne la question directe de la sécurité : les États-Unis aideront-ils si un pays est attaqué ?

Selon l’ECFR, la majorité dans aucun des 15 pays sondés ne pense désormais que les États-Unis viendront nécessairement à l’aide en cas d’attaque. C’est presque un changement historique pour l’Europe, qui a vécu pendant des décennies sous le parapluie militaire américain après la Seconde Guerre mondiale et surtout pendant la guerre froide.

Même la Pologne, généralement considérée comme l’un des États les plus pro-américains d’Europe, montre de la prudence. Là, seulement 37 % des sondés ont déclaré qu’ils étaient totalement ou suffisamment confiants dans l’aide militaire américaine. C’est plus que dans de nombreux autres pays, mais même en Pologne, il n’y a pas de majorité qui dit calmement : oui, l’Amérique nous protégera sûrement.

En Espagne, le chiffre est encore plus bas — environ 12 %. En moyenne, dans les 15 pays, le niveau de confiance dans l’aide des États-Unis est d’environ 23,8 %. En d’autres termes, moins d’un quart des Européens croient vraiment que Washington se tiendra automatiquement aux côtés de leur pays en cas de menace militaire.

Dans ce contexte, la confiance envers les voisins augmente.

Dans tous les pays, sauf la Bulgarie, la majorité des répondants est convaincue qu’au moins une partie des partenaires européens les aidera en cas d’attaque. Le chiffre moyen pour cette question est d’environ 65,1 %. L’Europe regarde de moins en moins à travers l’Atlantique et commence de plus en plus à se tourner vers son propre continent.

Pourquoi c’est important pour Israël : un allié ne remplace pas sa propre force

Европа без американского зонтика: что новый опрос ECFR говорит Израилю о безопасности, союзниках и цене иллюзий
L’Europe sans parapluie américain : ce que le nouveau sondage de l’ECFR dit à Israël sur la sécurité, les alliés et le prix des illusions

Pour Israël, cette peur européenne de l’incertitude des États-Unis n’est pas un sujet académique. Israël construit depuis des décennies un partenariat stratégique avec l’Amérique. Ce partenariat est réel, profond et vital : aide militaire, soutien diplomatique, projets communs de défense aérienne, coordination sur l’Iran, livraisons d’armes, protection politique sur les scènes internationales.

Mais le sondage européen rappelle une chose désagréable : même le plus fort des alliés agit en fonction de sa politique intérieure.

Les États-Unis ont des élections, le Congrès, la Maison Blanche, l’opinion publique, la fatigue des guerres, des crises économiques, des tendances isolationnistes et leurs propres intérêts stratégiques.

Israël, après le 7 octobre 2023, a vu particulièrement clairement qu’en cas de catastrophe, les premières heures, les premières décisions et les premiers coups doivent être supportés seul. Les alliés peuvent aider, soutenir, envoyer des munitions, fournir une ressource diplomatique, participer à la défense contre les attaques de missiles. Mais ils ne remplacent pas sa propre armée, son renseignement, sa défense aérienne, sa résilience civile, son économie et sa volonté politique.

C’est là la leçon principale pour Israël.

Il faut préserver, renforcer et développer l’alliance avec les États-Unis.

Mais il ne faut pas la transformer en substitut à sa propre stratégie de sécurité.

Un petit pays dans une région difficile n’a pas le droit de vivre dans l’illusion que quelqu’un d’autre décidera toujours de son sort.

Les Européens ne font que maintenant réaliser en masse ce qu’Israël sait depuis longtemps en pratique : la sécurité ne commence pas par des déclarations, mais par la volonté de se défendre. L’OTAN, les traités, les alliances et la diplomatie sont importants, mais au moment critique, ce qui compte, c’est la préparation, l’armement, l’avantage technologique, la mobilisation de la société et la capacité à agir rapidement.

C’est pourquoi pour le public israélien, NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency cette histoire est importante non pas comme une statistique européenne, mais comme un miroir. Si même les grands pays européens commencent à douter que les États-Unis les protégeront nécessairement en cas d’attaque, Israël ne peut d’autant plus se permettre une détente stratégique.

L’Europe ne veut pas remplacer l’OTAN, mais veut moins dépendre des États-Unis

Il est intéressant de noter que les Européens ne demandent pas de remplacer immédiatement l’OTAN par une structure de défense entièrement européenne. Selon l’ECFR, seulement 29 % des répondants considèrent comme une bonne idée la création d’une organisation de défense uniquement pour l’Europe à la place de l’OTAN. Environ 28 % sont contre. Les autres n’ont pas encore de position ferme.

Cela montre non pas une révolution, mais du pragmatisme. L’Europe ne veut pas rompre avec les États-Unis. Elle espère que les relations transatlantiques pourront s’améliorer après la fin de la présidence de Donald Trump. La majorité des répondants pensent que les relations entre l’Europe et l’Amérique s’amélioreront probablement après Trump.

Mais en même temps, les Européens ne veulent plus rester sans leur propre clé de maison. Dans l’étude, cela est comparé à l’image du film Home Alone : un enfant reste seul à la maison, comprend que la protection a disparu et est obligé de renforcer lui-même la maison. L’Europe ne veut pas rester sans l’Amérique pour toujours, mais elle ne peut plus faire semblant que rien n’a changé.

D’où le soutien à une défense plus autonome. Les Européens sont généralement favorables à l’augmentation des dépenses de défense, à la réduction de la dépendance aux États-Unis en matière de sécurité, à l’achat d’armes européennes et à une politique de défense européenne plus sérieuse. Seule en Pologne, la majorité des électeurs considère comme une bonne idée d’acheter plus d’armes américaines.

Dans certains pays, la volonté de discuter même du potentiel dissuasif nucléaire européen augmente. Selon l’ECFR, au Danemark et en Italie, l’attitude envers cette idée est devenue plus chaleureuse, et les Britanniques, qui étaient auparavant fermement opposés à l’idée de partager leur arsenal nucléaire, sont maintenant divisés à peu près également.

Un autre indicateur important est l’attitude envers la dette commune pour les dépenses de défense.

Les Européens, y compris les électeurs des partis au pouvoir en Autriche, au Danemark, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suède, soutiennent majoritairement l’idée d’une dette européenne commune pour financer la défense. Pour l’Europe, où les discussions sur la dette commune ont toujours été politiquement douloureuses, c’est un changement significatif.

Mais il y a des limites ici. Lorsque les gens sont confrontés à un choix entre la défense et d’autres dépenses sociales, les réponses deviennent plus prudentes. En Allemagne, en Italie et en Espagne, la majorité ou une partie importante de la société ne veut pas que les dépenses militaires augmentent au détriment des besoins internes. Autrement dit, les Européens sont prêts à plus d’autonomie, mais pas prêts à payer automatiquement n’importe quel prix.

Ukraine, Russie, énergie et nouvelle Europe sans illusions passées

Une partie distincte de l’étude concerne l’Ukraine.

Les Européens dans la plupart des pays continuent de soutenir l’Ukraine dans sa défense contre l’agression russe. Dans de nombreux pays, l’Ukraine est perçue soit comme un allié, soit comme un partenaire nécessaire avec lequel l’Europe doit coopérer stratégiquement. De plus, presque partout, l’attitude envers l’Ukraine est maintenant meilleure que l’attitude envers les États-Unis, à l’exception de la Pologne et de la Hongrie, où il existe des histoires bilatérales complexes avec Kiev.

Mais le soutien à l’Ukraine ne signifie pas une volonté de prendre toutes les mesures. Selon l’ECFR, les Européens ne soutiennent généralement pas l’envoi de leurs troupes en Ukraine après une éventuelle paix. Il est particulièrement important que la majorité en Allemagne, en France et en Pologne — trois pays clés de la défense européenne — s’oppose à un tel scénario.

Il n’y a également pas de consensus durable en Europe sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE « dans le contexte actuel ».

Cela ne signifie pas que les Européens rejettent l’élargissement de l’Union européenne en général. Par exemple, l’élargissement vers l’ouest, y compris un éventuel retour du Royaume-Uni dans l’UE, est perçu de manière beaucoup plus douce. Mais l’élargissement vers l’est suscite plus d’inquiétudes.

Une forte résistance à l’élargissement vers l’est de l’UE est visible en Autriche, en Bulgarie et en Hongrie. En Estonie, en France, en Allemagne et en Pologne, l’opinion publique est plus divisée. Aux Pays-Bas, généralement considérés comme sceptiques à l’égard de l’élargissement, le public est même légèrement en faveur de l’élargissement vers l’est, mais sans grand enthousiasme.

Pour l’Ukraine, c’est un signal complexe. Les Européens soutiennent sa lutte contre l’agression russe, mais ne veulent pas automatiquement assumer tous les risques — ni militaires, ni institutionnels, ni financiers. Par conséquent, Kiev et ses alliés devront expliquer le soutien à l’Ukraine non seulement par la morale, mais aussi par la sécurité de l’Europe elle-même.

La Russie comme leçon de dépendance : les Européens ne veulent pas revenir au gaz russe

Une autre conclusion importante de l’étude concerne l’énergie. Malgré la hausse des prix, l’inquiétude face à une nouvelle crise énergétique et la pression sur le niveau de vie, la majorité des Européens ne veut pas revenir à la dépendance au pétrole et au gaz russes.

Le soutien au retour aux ressources énergétiques russes est plus visible uniquement en Bulgarie, en Hongrie et en Italie, ainsi que parmi une partie des électorats d’extrême droite dans d’autres pays, y compris l’AfD en Allemagne et le Rassemblement national en France. Mais dans l’ensemble du continent, la majorité préfère développer sa propre énergie européenne, en particulier les sources renouvelables et d’autres secteurs énergétiques internes.

Pour Israël, ce bloc est également important.

La sécurité nationale aujourd’hui ne concerne pas seulement l’armée. C’est l’énergie, l’infrastructure, la cybersécurité, la logistique, les ports, les gisements de gaz, les réseaux électriques, les ressources en eau, les systèmes de secours, la production d’armes et la capacité de l’économie à résister à une longue crise.

L’Europe après 2022 a payé cher pour sa dépendance aux ressources énergétiques russes. Maintenant, une partie importante de la société comprend : le gaz bon marché d’une puissance agressive peut s’avérer très coûteux lorsque la guerre commence. Pour Israël, qui vit dans une région de menace constante, ce n’est pas une théorie, mais une formule pratique de survie.

Ce que ce sondage dit sur le nouvel ordre mondial

La nouvelle attitude européenne peut être décrite en une phrase : moins de confiance, plus d’autonomie. Les États-Unis restent une force majeure, mais la foi en une protection américaine automatique disparaît. L’Europe n’est pas encore devenue un centre militaire autonome à part entière, mais elle est déjà psychologiquement sortie de l’ancien modèle où Washington venait toujours en premier.

Pour Israël, cela doit sonner comme un avertissement sans panique. Il ne faut pas détruire l’alliance avec les États-Unis, au contraire — il faut la renforcer. Mais parallèlement, il est important pour Israël d’élargir sa propre industrie de défense, d’investir dans les systèmes de défense aérienne, les missiles intercepteurs, les drones, le renseignement, la cybersécurité, les technologies autonomes, la défense civile, les fortifications nord et sud, la résilience énergétique et la préparation interne à un long conflit.

Le sondage européen montre que même les pays riches et grands commencent à comprendre le coût de la dépendance. Quand l’allié est loin, quand sa politique change de président, quand la société se lasse des engagements extérieurs, les garanties précédentes deviennent moins solides.

Israël ne peut pas se permettre un tel luxe. Pour un pays où les distances se mesurent non pas en milliers de kilomètres, mais en minutes de vol de missile, la sécurité ne peut pas dépendre uniquement de l’humeur de Washington, Bruxelles ou de toute autre capitale.

La principale conclusion de l’étude de l’ECFR est dure, mais honnête : les alliés sont nécessaires, mais survit celui qui est prêt à se défendre lui-même. L’Europe ne fait que commencer à comprendre cela. Israël vit avec cette leçon chaque jour.

Et si les Européens se réveillent aujourd’hui dans un monde sans le parapluie américain d’autrefois, il est important pour Israël de voir cela non pas comme un problème étranger. C’est une partie de la réalité commune du XXIe siècle, où les déclarations ne remplacent plus la force, et les promesses internationales ne fonctionnent que lorsque le pays a sa propre capacité à encaisser le coup.

Israël a besoin d’un nouveau contour européen : l’UE et l’Ukraine comme partenaires

Pour Israël, une des issues à la nouvelle incertitude mondiale n’est pas de s’éloigner des États-Unis, mais d’élargir le cercle des partenariats fiables. L’alliance américaine reste clé, mais s’appuyer uniquement sur Washington en 2026 est déjà trop risqué. Si l’Europe commence elle-même à comprendre que la sécurité ne peut pas être construite sur une seule garantie extérieure, Israël doit d’autant plus agir plus largement.

La première direction est la restauration de relations normales, fortes et partenariales avec l’Union européenne. Pas formellement et pas à travers des réclamations mutuelles, mais à travers un intérêt pratique : sécurité, technologies, cybersécurité, médecine, solutions hydriques, énergie, défense aérienne, lutte contre le terrorisme et protection des infrastructures critiques.

Mais pour cela, Israël devra changer de ton. On ne peut pas exiger de l’Europe qu’elle comprenne les menaces israéliennes tout en ignorant la peur européenne face à l’agression russe, la guerre en Ukraine et l’effondrement de l’ancien système de sécurité. Si Israël veut que Bruxelles, Berlin, Paris, Varsovie et Prague comprennent mieux la douleur après le 7 octobre, il doit lui-même comprendre plus clairement la douleur européenne après le 24 février 2022.

L’Ukraine peut devenir un pont vers une nouvelle Europe

L’Ukraine aujourd’hui pour de nombreux pays européens n’est pas simplement un État qui se défend contre la Russie. Elle est devenue le symbole que la guerre en Europe est à nouveau possible, et que les dictatures testent à nouveau la faiblesse du monde démocratique.

Israël devra réexaminer plus honnêtement la direction ukrainienne. La prudence est compréhensible : la Syrie est proche, la présence russe dans la région, l’Iran, le Hezbollah et une diplomatie complexe. Mais une distance excessive de l’Ukraine a aussi un prix. Elle détériore la perception d’Israël en Europe et crée l’impression que Jérusalem veut la compréhension de sa guerre, mais n’est pas prêt à parler suffisamment clairement de la guerre d’un autre pays contre un agresseur.

Il ne s’agit pas nécessairement de mesures drastiques. Il y a des directions pratiques : aide humanitaire, médecine, réhabilitation des blessés, systèmes d’alerte précoce, protection des infrastructures civiles, coopération cybernétique, déminage, travail avec le patrimoine juif de l’Ukraine et les communautés ukrainiennes.

Ce qu’Israël devra changer

Israël doit cesser de voir l’Europe uniquement comme une source de critiques et de pressions. Oui, en Europe, il y a des doubles standards, des campagnes anti-israéliennes et des politiciens qui condamnent sévèrement Israël, mais parlent plus doucement du Hamas, de l’Iran ou de l’agression russe. Mais l’Europe n’est pas homogène.

Il y a les pays d’Europe de l’Est, les pays baltes, l’Allemagne, la France, la Tchéquie, la Pologne, la Scandinavie, les communautés juives et ukrainiennes, les entreprises de défense, les universités, les centres technologiques et les partenariats municipaux. Israël a besoin d’une carte précise des alliés, des adversaires et de ceux avec qui il est possible de travailler.

La nouvelle formule doit être simple : les États-Unis — principal allié, l’Europe — partenaire stratégique, l’Ukraine — direction importante. Ce n’est pas un choix entre Washington et Bruxelles. C’est une tentative de ne pas rester seul dans un monde où même la garantie américaine n’est plus perçue comme automatique.

Si Israël veut que l’Europe comprenne mieux les menaces du Hamas, du Hezbollah, de l’Iran et des Houthis, Israël doit comprendre plus clairement la peur européenne face à la Russie. Dans la nouvelle réalité, la sécurité ne se construit pas sur un seul grand allié, mais sur un réseau de partenariats, de confiance et de compréhension mutuelle.

Европа без американского зонтика: что новый опрос ECFR говорит Израилю о безопасности, союзниках и цене иллюзий