NAnews – Nikk.Agency Actualités Israël

Ces jours-ci, l’agence russe TASS a elle-même mis côte à côte deux nouvelles qui, pour Israël, ne sonnent pas seulement étrangement, mais de manière provocante. Dans une nouvelle, une délégation du Hamas mène des négociations à Moscou avec le vice-ministre des Affaires étrangères de Russie. Dans l’autre, à Tel-Aviv, à l’intérieur d’Israël, des « compatriotes » russophones déploient un énorme drapeau tricolore russe de plus de 600 mètres carrés en l’honneur de la Journée de la Russie.

Formellement, ce sont deux publications différentes. L’une concerne la diplomatie. L’autre concerne la fête, les chansons, les rondes et les « délices » russes. Mais en réalité, elles forment une image unique, impossible à ne pas voir si l’on vit en Israël après le 7 octobre et que l’on comprend ce qu’est l’agression russe pour l’Ukraine.

Moscou accueille le Hamas. Le Hamas remercie Moscou. Et deux jours plus tard, à Tel-Aviv, un drapeau géant de la Russie est déployé.

Voilà tout le contexte.

Российский триколор в Тель-Авиве и ХАМАС в Москве: две новости ТАСС рядом, которые нельзя читать отдельно
Tricolore russe à Tel-Aviv et Hamas à Moscou : deux nouvelles de TASS côte à côte, qu’il est impossible de lire séparément

Moscou, MAE de Russie, Hamas : qui a parlé avec qui

Le 10 juin 2026, le vice-ministre des Affaires étrangères de Russie, Georgy Borisenko, a rencontré à Moscou Moussa Abou Marzouk, vice-président du bureau politique du Hamas. Ce ne sont pas des rumeurs, ni un récit des réseaux sociaux, ni une évaluation émotionnelle de quelqu’un. Le flux d’informations officiel russe a présenté cette rencontre comme un contact diplomatique normal.

Le message indiquait que la situation à Gaza, le cessez-le-feu, l’aide humanitaire, la reconstruction des infrastructures et le règlement politique de la « question palestinienne » ont été discutés. Moscou ne cache donc pas qu’elle mène un dialogue politique direct avec les représentants du Hamas.

Et puis la phrase clé a été prononcée. Moussa Abou Marzouk a remercié la Russie pour « ses efforts diplomatiques et son soutien aux Palestiniens dans la résolution de la question palestinienne ».

Pour Israël, ce n’est pas une phrase abstraite. Le Hamas n’est pas « un mouvement politique quelque part loin ». C’est une organisation terroriste qui, le 7 octobre, a perpétré un massacre, enlevé des personnes, tué des familles, incendié des maisons, transformé des civils en otages et en boucliers humains. Lorsque les représentants de cette structure remercient Moscou pour son soutien, la société israélienne a le droit de se demander : quel rôle exact joue la Russie aujourd’hui dans cette région et de quel côté se trouve sa réelle sympathie politique ?

Il n’est pas nécessaire d’inventer des accusations tonitruantes. Il suffit de mettre les faits côte à côte.

Les représentants du Hamas sont venus à Moscou.

Le MAE russe les a reçus.

Le Hamas a publiquement remercié la Russie.

C’est déjà suffisant pour que toute histoire sur une « Russie neutre » sonne comme une mauvaise blague de propagande.

\Tel-Aviv, Journée de la Russie et drapeau de 600 mètres carrés

Le 12 juin 2026, lors de la « Journée de la Russie », une action avec un énorme drapeau tricolore russe a eu lieu à Tel-Aviv. Selon TASS, des « compatriotes » russophones ont déployé un drapeau de la Russie de plus de 600 mètres carrés. Cela s’est produit dans l’un des parcs de Tel-Aviv. Les publications parlent de « dizaines de participants, de chansons, de rondes et de délices russes traditionnels ».

Sur le papier, c’est une fête.

En réalité, c’est une démonstration du symbole d’un État qui, deux jours auparavant, accueillait des représentants du Hamas à Moscou.

Et c’est là que commence l’essentiel. Après le 7 octobre, le drapeau russe en Israël ne peut plus être perçu uniquement comme un « symbole culturel » pour une partie de la communauté russophone. Surtout quand il y a une nouvelle à côté disant que le Hamas remercie la Russie pour son soutien. Surtout quand l’Ukraine montre depuis des années au monde comment Moscou utilise les « compatriotes », la « culture », la « mémoire », les « fêtes » et l' »histoire commune » comme une enveloppe douce pour une influence politique dure.

Pour ceux qui font encore semblant que ce n’est qu’un drapeau, la question est très simple : si la veille, un pays avait accueilli dans son MAE des représentants de terroristes qui tuaient des Israéliens, et ensuite son drapeau géant était déployé à Tel-Aviv, cela serait-il aussi appelé une fête inoffensive ?

Il ne faut pas se leurrer. En Israël, on comprend parfaitement le langage des symboles.

Un drapeau n’est pas un chiffon. Un drapeau est un signe d’État. Et un État qui aujourd’hui accueille le Hamas et entend de lui des remerciements ne peut pas exiger que ses symboles soient perçus de manière neutre dans un pays qui combat le Hamas.

Ce qu’a dit Moshe Reuven Asman

Le 11 juin, le grand rabbin d’Ukraine, Moshe Reuven Asman, a écrit sur la rencontre du Hamas avec le MAE russe de manière très précise et dure. Sa pensée est simple : pour les Ukrainiens, il est particulièrement important de voir qui Moscou accepte comme partenaire. Les mêmes terroristes du Hamas qui tuaient, brûlaient, violaient et enlevaient des civils israéliens appellent aujourd’hui la Russie un ami et la remercient pour son soutien.

Ce n’est pas simplement une réaction émotionnelle. C’est le regard d’une personne qui voit un même système de mal des deux côtés.

Israël combat le Hamas — proxy de l’Iran. L’Ukraine combat l’agression russe. L’Iran est un allié de la Russie. La Russie accueille des représentants du Hamas. Cette chaîne ne nécessite pas une analyse complexe. Elle est à la surface.

NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency attire l’attention précisément sur ce lien : pour les Israéliens d’origine ukrainienne, pour les Juifs d’Ukraine, pour les Israéliens russophones qui n’ont pas perdu leur boussole morale, ce ne sont pas deux histoires différentes. C’est un seul front — contre le terrorisme, contre le mensonge impérial, contre ceux qui justifient les meurtres par des mots sur le « règlement politique ».

La phrase d’Asman résonne ici particulièrement juste : dis-moi qui est ton ami, et je te dirai qui tu es.

Moscou montre elle-même ses interlocuteurs.

Le Hamas remercie lui-même Moscou.

Et à Tel-Aviv, en même temps, on déploie le tricolore russe.

Pourquoi cela devrait inquiéter Israël

Le problème n’est pas que quelqu’un parle russe. La langue russe n’appartient pas au Kremlin. En Israël, vivent des centaines de milliers de personnes pour qui le russe est une langue maternelle ou habituelle, et parmi elles, un grand nombre soutiennent Israël, l’Ukraine, Tsahal, l’armée ukrainienne, les familles des otages et les victimes du terrorisme russe.

Le problème n’est pas la langue.

Le problème est dans le symbole politique.

Le problème est que la Journée de la Russie en Israël se transforme en une démonstration publique du drapeau d’un État qui mène une guerre contre l’Ukraine, coopère avec l’Iran, accueille le Hamas et tente depuis des années de se vendre au monde comme « combattant contre le nazisme » et « pacificateur ».

Quel « pacificateur », si le Hamas vient à Moscou et remercie la Russie ?

Quelle « lutte contre le terrorisme », si les terroristes se sentent dans l’espace diplomatique russe comme des invités bienvenus ?

Quelle « culture », si à côté d’elle apparaissent toujours la symbolique d’État, la loyauté politique et les rituels du « monde russe » ?

Pour Israël, c’est particulièrement sensible. Parce qu’Israël connaît le prix du terrorisme non pas dans les manuels. Israël sait que derrière les mots sur la « résistance » peuvent se cacher des kibboutzim brûlés, des enfants tués, des femmes violées, des personnes âgées et des jeunes enlevés et détenus dans des tunnels pendant des mois.

C’est pourquoi lorsque le Hamas remercie la Russie et qu’à Tel-Aviv on déploie le drapeau russe, ce n’est plus simplement une coïncidence de dates. C’est un test moral.

L’expérience ukrainienne est importante ici

L’Ukraine a compris depuis longtemps ce qu’Israël doit maintenant aussi dire à haute voix : les symboles russes viennent rarement seuls. D’abord le drapeau, puis les « compatriotes », puis la « protection de la langue russe », puis la « mémoire commune », puis « nous célébrons simplement », puis la pression politique, la propagande et la justification de l’agression.

L’Ukraine a payé un prix énorme pour le fait que trop longtemps le monde n’a pas voulu voir ce schéma.

Maintenant, Israël voit un tableau similaire chez lui. Pas à Moscou, pas à Kiev, pas à Donetsk, mais à Tel-Aviv. Dans une ville qui est devenue l’un des symboles d’Israël libre, on déploie le drapeau d’un État qui, les mêmes jours, accueille le Hamas.

Et ce n’est plus une question de goût.

C’est une question de sécurité, de mémoire et d’hygiène morale.

Personne ne dit que chaque participant à l’action soutient automatiquement le Hamas. Ce serait faux et une généralisation trop grossière. Mais chacun qui aujourd’hui affiche publiquement le symbole d’État russe dans l’espace israélien doit comprendre : ce symbole ne vit plus séparément de la politique de Moscou.

Il vient avec Boutcha.

Il vient avec Marioupol.

Il vient avec les missiles russes sur les villes ukrainiennes.

Il vient avec l’alliance de Moscou et de Téhéran.

Il vient avec l’accueil des représentants du Hamas au MAE russe.

Et si quelqu’un dit que « c’est juste une fête », alors le problème n’est pas dans la fête. Le problème est dans le désir de ne pas voir l’évidence.

Deux nouvelles, une conclusion

TASS n’a rien révélé exprès. Il a simplement rapporté deux nouvelles.

La première : le Hamas a mené des négociations à Moscou.

La deuxième : à Tel-Aviv, un énorme drapeau de la Russie a été déployé.

Mais parfois, la propagande montre elle-même accidentellement plus qu’elle ne le souhaite. Ces deux nouvelles côte à côte ressemblent à une affiche politique prête à l’emploi. À Moscou — le Hamas. À Tel-Aviv — le tricolore russe. Entre eux — la gratitude du Hamas à la Russie pour son soutien.

Après cela, il est difficile d’exiger que les Israéliens perçoivent la symbolique d’État russe comme neutre.

La question n’est pas de savoir si les gens ont le droit à des souvenirs privés, à une langue, à une histoire familiale ou à une culture personnelle. Ils l’ont. La question est ailleurs : l’État russe a-t-il le droit moral de déployer ses symboles en Israël comme si de rien n’était, alors qu’il dialogue avec ceux qui ont apporté à Israël le 7 octobre ?

La réponse est évidente.

Pour Israël et l’Ukraine, il est aujourd’hui important d’appeler les choses par leur nom. Le Hamas — des terroristes. L’agression russe contre l’Ukraine — un crime. L’alliance de Moscou avec les forces qui apportent la mort, la destruction et le terrorisme — ce n’est pas une subtilité diplomatique, mais une réalité politique.

Et si le tricolore russe apparaît à Tel-Aviv sur fond de gratitude du Hamas envers Moscou, ce n’est plus simplement un drapeau.

C’est un signal.

Et Israël a tout à fait le droit d’entendre ce signal.

Российский триколор в Тель-Авиве и ХАМАС в Москве: две новости ТАСС рядом, которые нельзя читать отдельно