La Russie ne détruit pas seulement les villes : le grand rabbin d’Ukraine a discuté avec les États-Unis des frappes sur les communautés religieuses.
Le grand rabbin d’Ukraine Moshe Reuven Asman a rapporté le 22 juin 2026 une rencontre à l’Ambassade des États-Unis en Ukraine avec Spencer Chretien, représentant du Département d’État américain. Dans le message du rabbin, il était question de l’état de la liberté religieuse en Ukraine, des attaques russes sur les édifices religieux et des persécutions des croyants dans les territoires temporairement occupés.
Cette rencontre est importante non seulement comme un épisode diplomatique. Elle montre que la guerre de la Russie contre l’Ukraine reste non seulement un sujet militaire et politique. C’est aussi une guerre contre les communautés, les temples, les synagogues, les maisons de prière, les clercs et le droit même de prier sans peur.
Selon le Département d’État américain, Spencer Chretien occupe le poste de sous-secrétaire adjoint au Bureau des affaires européennes et eurasiennes. Parmi ses responsabilités figurent, entre autres, les questions d’aide à l’Europe et à l’Eurasie, les thèmes de l’Holocauste, la diplomatie publique et la liberté religieuse.
Pour l’Ukraine, une telle rencontre est une autre confirmation : le thème de la liberté religieuse pendant l’agression russe dépasse le cadre de l’agenda interne. Elle devient partie intégrante de la conversation internationale sur ce que l’Ukraine protège exactement et ce que la Russie tente de détruire.
De quoi ont-ils parlé à l’Ambassade des États-Unis

Moshe Reuven Asman a noté que plusieurs questions clés ont été discutées lors de la rencontre :
- l’état de la liberté religieuse en Ukraine,
- les attaques russes sur les objets religieux,
- la persécution des croyants dans les territoires temporairement occupés et
- l’importance du soutien des États-Unis à l’Ukraine.
Il a souligné séparément que aujourd’hui, différentes communautés religieuses en Ukraine vivent ensemble la douleur de la guerre, aident les gens et prient pour la victoire du bien sur le mal.
C’est une formulation très précise pour un pays où la guerre a depuis longtemps dépassé la ligne de front. Les missiles et drones russes frappent les maisons d’habitation, les hôpitaux, l’énergie, les écoles, les universités, les musées et les objets religieux. Pour les croyants, un temple ou une maison de prière détruit n’est pas seulement un bâtiment. C’est un lieu où la communauté se rassemblait, enterrait, célébrait, soutenait les faibles, sauvait les réfugiés et maintenait le lien entre les générations.
En ce sens, la rencontre à l’ambassade américaine n’était pas seulement une conversation sur la religion. C’était une conversation sur la façon dont la guerre brise la société civile et comment différentes communautés en Ukraine continuent de se soutenir.
Pour les États-Unis, le thème de la liberté religieuse est traditionnellement une partie de la politique étrangère. Par conséquent, l’attention de Washington à ce sujet en Ukraine a une signification particulière. Il ne s’agit pas seulement d’une aide militaire, mais aussi de documenter comment l’agression russe détruit les fondements de la vie libre.
Qui était à la rencontre
Officiellement, le message publié mentionne le grand rabbin d’Ukraine Moshe Reuven Asman et le représentant du Département d’État américain Spencer Chretien. Sur la photo de la rencontre, on voit également des représentants de différentes communautés religieuses d’Ukraine, mais la liste complète des participants n’est pas indiquée dans la publication ouverte. Il est également connu que ces jours-ci, Chretien était en Ukraine dans le cadre d’une délégation du gouvernement américain, comprenant des représentants de l’Ambassade des États-Unis responsables des programmes d’aide.
La Russie frappe la vie religieuse de l’Ukraine
Selon le Ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine, l’invasion russe à grande échelle a porté un coup sévère à la liberté religieuse. Le ministère a rapporté 67 clercs de différentes églises et organisations religieuses tués, ainsi que plus de 630 lieux de culte détruits ou endommagés, y compris des églises, des mosquées, des synagogues et des maisons de prière.
Une évaluation plus récente de Mission Eurasia montre une image encore plus sombre. Dans le rapport de l’organisation de janvier 2026, il est indiqué qu’au 16 décembre 2025, 737 bâtiments religieux endommagés ou complètement détruits ont été documentés en Ukraine à la suite de l’agression russe. Cette liste comprend des églises, des monastères, des maisons de prière, des mosquées, des synagogues et d’autres objets des communautés religieuses.
Ces chiffres sont importants, mais il ne faut pas perdre de vue les gens derrière eux.
Chaque temple détruit est une communauté qui a perdu son centre. Chaque synagogue, mosquée ou église endommagée est un coup non seulement aux murs, mais à la mémoire, au rythme de vie habituel, à la possibilité de se rassembler ensemble dans un moment de peur.
NAnews — Nouvelles d’Israël attire l’attention sur ce sujet précisément parce que pour le public israélien, la question de la liberté religieuse ne peut pas être abstraite. Israël comprend bien qu’une communauté religieuse n’est pas seulement une prière. C’est une aide aux personnes âgées, un soutien aux familles, un travail avec les enfants, la préservation de la mémoire, la responsabilité mutuelle et le sentiment de sécurité.
Les croyants dans les territoires occupés
Dans les territoires temporairement occupés, la situation est encore plus difficile. Là, la vie religieuse devient souvent l’objet d’un contrôle direct. Les communautés sont forcées de se réenregistrer selon les règles russes, les leaders spirituels sont interrogés et intimidés, et les croyants peuvent être persécutés sous prétexte de lutte contre « l’extrémisme », « l’espionnage » ou « le terrorisme ».
La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale a noté qu’après l’annexion illégale de la Crimée en 2014, les structures russes et contrôlées par la Russie ont introduit des lois répressives, limitant fortement la liberté religieuse et frappant particulièrement les minorités religieuses. Après l’invasion à grande échelle, ces violations se sont poursuivies et intensifiées : il s’agit de la destruction de maisons de prière, de meurtres, de tortures et de persécutions de leaders religieux.
Pour l’Ukraine, ce n’est pas seulement une question de droits de l’homme. C’est une question de survie nationale.
La Russie tente de soumettre les territoires occupés non seulement par la force militaire. Elle change les écoles, les passeports, les médias, les lois, les structures ecclésiastiques et la vie publique. Par conséquent, la pression sur les communautés religieuses devient une partie d’une politique plus large visant à effacer l’identité ukrainienne et à la remplacer par un système de peur et de contrôle.
Pourquoi ce sujet est important pour Israël
Pour Israël, la rencontre du grand rabbin d’Ukraine avec le représentant du Département d’État américain a plusieurs niveaux de sens.
Le premier est juif. La communauté juive d’Ukraine reste une partie de la société ukrainienne pendant la guerre. Elle subit les bombardements, les évacuations, les pertes, les crises humanitaires et continue en même temps d’aider les gens. Quand Moshe Reuven Asman parle de liberté religieuse, il ne parle pas seulement au nom d’une communauté. Il parle du droit de tous les gens en Ukraine de conserver leur foi, leur dignité et leur lien avec le peuple.
Le deuxième est israélien. Pour Israël, le thème de la protection des objets religieux, des synagogues, de la mémoire et des communautés est particulièrement sensible. Une guerre qui détruit des lieux de prière ne peut être perçue uniquement comme un « problème étranger ». Quand les missiles et le pouvoir d’occupation frappent la vie religieuse, cela concerne tout le monde libre.
Le troisième est politique et moral. La Russie tente de se présenter comme le défenseur des « valeurs traditionnelles », mais en pratique, sa guerre détruit les temples, tue les clercs, persécute les croyants et détruit les lieux de culte de différentes confessions. Cette différence entre les mots et les actions doit être comprise aussi en Israël.
NAnews — Nouvelles d’Israël voit dans cette histoire un signal important : l’Ukraine défend non seulement ses frontières. Elle défend le droit des gens à vivre sans diktat, à prier sans peur, à préserver leurs communautés et à transmettre leur identité à leurs enfants.
2026 comme symbole de liberté
Dans le message de Moshe Asman, deux dates symboliques qui approchent ont été mentionnées : 35 ans de la restauration de l’indépendance de l’Ukraine et 250 ans de l’indépendance des États-Unis.
L’Ukraine a restauré son indépendance le 24 août 1991, donc en 2026, le pays approche du 35e anniversaire de cet événement. Les États-Unis ont adopté la Déclaration d’indépendance le 4 juillet 1776, et en 2026, l’Amérique célébrera 250 ans de son indépendance.
Dans ce contexte, la conversation sur la liberté religieuse ne sonne pas comme un sujet étroit d’une seule rencontre. Elle devient un rappel : la liberté de l’État, la liberté de l’homme et la liberté de foi sont liées entre elles.
Aujourd’hui, l’Ukraine paie un prix énorme pour le droit de rester un pays libre. Et c’est précisément pour cela que le soutien à l’Ukraine de la part des États-Unis, d’Israël, de l’Europe et de tout le monde démocratique ne peut se limiter à une formule militaire. C’est aussi le soutien d’une société qui défend la dignité humaine.
L’Ukraine comme partie du monde libre
Le grand rabbin d’Ukraine a remercié les amis américains pour leur attention au thème de la liberté religieuse, leur soutien à l’Ukraine et leur compréhension que l’Ukraine défend aujourd’hui non seulement ses frontières, mais aussi les valeurs de tout le monde libre.
Cette pensée doit devenir la conclusion principale.
La Russie ne détruit pas seulement les villes et les infrastructures. Elle tente de briser les communautés, de soumettre la foi au contrôle du pouvoir d’occupation, d’effacer l’identité et de priver les gens de leurs lieux habituels de soutien. C’est pourquoi la conversation à l’Ambassade des États-Unis en Ukraine n’était pas une formalité, mais une partie d’un grand témoignage international de ce qui se passe réellement.
Pour Israël, ce sujet est particulièrement important. Là où des synagogues, des églises, des mosquées et des maisons de prière sont détruites, la guerre ne se déroule plus seulement pour le territoire. Elle se déroule contre la mémoire, la foi et la liberté de l’homme.
C’est précisément pour cela que la défense de l’Ukraine aujourd’hui est aussi la défense du droit des gens à prier, à s’entraider, à préserver leurs communautés et à rester libres même lorsque le mal tente de faire de la peur une nouvelle loi de la vie.