L’Ukraine propose à Israël de passer à un nouveau niveau de relations : du soutien prudent à la souveraineté ukrainienne à la participation au système de responsabilité de la Russie pour la guerre, à la coopération dans le domaine de la sécurité, des technologies de défense, de l’économie, de la reconstruction et de la mémoire historique.
Deux rencontres à Jérusalem : le ministère des Affaires étrangères d’Israël et la piste économique
Le 5 juillet 2026 à Jérusalem, une délégation ukrainienne dirigée par Iryna Mudra, adjointe au chef du Bureau du président de l’Ukraine, a tenu une série de rencontres avec des représentants israéliens.
Il y a eu deux rencontres clés.
La première était politico-diplomatique, au Ministère des Affaires étrangères d’Israël.
Du côté ukrainien, Iryna Mudra et Olga Vassilevska-Smagliouk, députée du peuple d’Ukraine, ont participé.
Du côté israélien, la rencontre s’est tenue avec Yuval Fuchs, directeur général adjoint du ministère des Affaires étrangères d’Israël pour l’Eurasie. Cette direction au sein du ministère israélien des Affaires étrangères est liée, entre autres, à l’agenda ukrainien.
La deuxième rencontre s’est tenue dans un format économique — avec Zeev Elkin, ministre de la Reconstruction au ministère des Finances de l’État d’Israël et coprésident de la Commission mixte ukraino-israélienne sur le commerce et la coopération économique.
Cette rencontre a également eu lieu le 5 juillet à Jérusalem.
Les parties y ont discuté de la mise en œuvre des accords de la 13e réunion conjointe de la commission ukraino-israélienne, de la croissance future du commerce, des investissements, de la reconstruction de l’Ukraine et de la préparation du 85e anniversaire de la tragédie de Babi Yar.
Ainsi, la visite de Mudra en Israël ne s’est pas limitée à une rencontre protocolaire, mais a été une tentative de combiner plusieurs directions du dialogue ukraino-israélien : diplomatie, sécurité, économie, reconstruction, mémoire historique et question de la justice pour l’agression russe.
Le principal message de Kiev : la Russie doit payer
L’accent politique le plus important de la visite a été mis lors de la discussion sur le thème de la justice.
Iryna Mudra a proposé à Israël d’envisager la possibilité de rejoindre l’architecture internationale des compensations pour l’Ukraine.
Il s’agit d’un système qui doit assurer la responsabilité financière de la Russie pour les dommages causés à l’Ukraine à la suite de la guerre.
Ce n’est pas une phrase diplomatique formelle.
Pour l’Ukraine, les compensations sont une question de reconstruction des villes détruites, des maisons, des hôpitaux, des écoles, de l’énergie, des ponts, des entreprises, des communautés et des vies humaines qui ne peuvent plus être récupérées, mais les conséquences du crime ne peuvent rester sans réponse.
Mudra l’a formulé très clairement :
« L’agression russe doit avoir non seulement un prix politique et criminel, mais aussi financier. »
Cette phrase est devenue le centre de sens de la visite.
L’Ukraine dit à Israël : l’agression ne peut se terminer par une simple condamnation, des résolutions et des enquêtes. Si un État détruit un autre pays, tue des civils, lance des missiles et des drones sur des villes, détruit des infrastructures et tente de briser le droit d’un autre peuple à exister, il doit payer.
Pour Kiev, c’est une question de justice.
Pour Israël, c’est une question de choix stratégique et de participation au système international de responsabilité.
Rencontre au ministère des Affaires étrangères d’Israël : sécurité, sanctions et attentes de l’Ukraine
Lors de la rencontre au ministère des Affaires étrangères d’Israël, Iryna Mudra et Olga Vassilevska-Smagliouk ont discuté avec Yuval Fuchs de l’état actuel des relations ukraino-israéliennes et de ce qu’elles devraient devenir.
L’Ukraine apprécie le soutien d’Israël à sa souveraineté et à son intégrité territoriale.
Mais Kiev attend de Jérusalem une voix plus forte en réponse aux frappes russes sur les villes et les civils ukrainiens.
C’est l’un des points les plus sensibles.
La Russie continue d’attaquer l’Ukraine avec des missiles et des drones, frappant les quartiers résidentiels, l’énergie, les hôpitaux, les infrastructures civiles et les familles ordinaires.
Mudra a souligné séparément que toute l’Ukraine souffre de ces attaques, y compris la communauté juive ukrainienne.
Pour le public israélien, c’est particulièrement important.
Il ne s’agit pas seulement de l’État ukrainien en tant que partenaire d’Israël. Il s’agit de la vie juive en Ukraine — des communautés, des synagogues, des écoles, des personnes âgées, des enfants, des bénévoles et des familles qui vivent la guerre russe avec tout le pays.
L’Ukraine dit en fait à Israël : l’agression russe frappe non seulement la souveraineté ukrainienne, mais aussi les personnes et les communautés qui lient historiquement l’Ukraine au monde juif.
L’Ukraine a rappelé les pas vers Israël
Lors des négociations, la partie ukrainienne a rappelé séparément que Kiev avait déjà pris des mesures importantes qui ont une signification directe pour Israël.
L’Ukraine a reconnu le Corps des gardiens de la révolution islamique comme une organisation terroriste.
De plus, l’Ukraine a renforcé la responsabilité pénale pour les manifestations d’antisémitisme.
Ces décisions sont importantes non seulement en elles-mêmes.
Pour Israël, le CGRI est l’une des principales sources de menace au Moyen-Orient. Et la lutte contre l’antisémitisme est une question non seulement de politique intérieure de l’Ukraine, mais aussi de confiance entre l’Ukraine, Israël et le judaïsme mondial.
Dans ce contexte, Kiev espère un rapprochement des positions avec Israël dans les organisations internationales, la politique de sanctions et la lutte contre les structures terroristes.
L’Ukraine montre qu’elle est prête à prendre en compte les menaces et les sujets sensibles qui sont importants pour Israël.
Maintenant, Kiev attend qu’Israël voie plus clairement les menaces auxquelles l’Ukraine est confrontée.
NANouvelles — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère cette visite comme une tentative de faire passer le dialogue ukraino-israélien du mode de formulations prudentes à une conversation sur des actions concrètes : compensations, sanctions, technologies, reconstruction et sécurité commune.
Technologies de défense : l’Ukraine ne vient pas seulement demander
Un grand bloc de la conversation concernait ce que l’Ukraine et Israël peuvent créer ensemble.
Iryna Mudra a souligné que l’Ukraine a une expérience unique de lutte contre les attaques massives de drones et de missiles dans les conditions réelles d’une grande guerre.
Israël, à son tour, possède l’un des écosystèmes innovants et technologiques de défense les plus puissants au monde.
C’est précisément là que Kiev voit un espace pour des développements conjoints, la production, l’échange d’expériences et des partenariats entre États et entreprises.
C’est un tournant important.
L’Ukraine vient à Israël non seulement comme un pays qui demande de l’aide.
L’Ukraine vient comme un État qui traverse chaque jour la guerre du futur : attaques massives de drones, frappes de missiles, protection de l’énergie, cybermenaces, solutions technologiques rapides, travail de la défense aérienne, interaction entre l’armée, les entreprises, l’État et le secteur bénévole.
Pour Israël, cette expérience peut être extrêmement importante.
Israël vit lui-même dans une réalité de menaces de missiles, d’attaques de drones, de structures terroristes et de nécessité constante de protéger la population civile.
C’est pourquoi la coopération ukraino-israélienne dans les technologies de défense peut être non pas un geste symbolique, mais une direction pratique et mutuellement bénéfique.
Rencontre avec Zeev Elkin : économie, commerce et reconstruction
La deuxième rencontre de la délégation ukrainienne à Jérusalem s’est tenue avec Zeev Elkin.
Il occupe le poste de ministre de la Reconstruction au ministère des Finances d’Israël et est coprésident de la Commission mixte ukraino-israélienne sur le commerce et la coopération économique.
Selon l’ambassade d’Ukraine en Israël, les parties ont analysé la mise en œuvre des accords de la 13e réunion conjointe de cette commission.
Les participants ont également convenu des prochaines étapes pratiques qui devraient créer les conditions pour une croissance future du commerce bilatéral.
Selon Iryna Mudra, le commerce entre l’Ukraine et Israël s’approche déjà d’un milliard de dollars.
Mais Kiev propose de ne pas s’arrêter au commerce en tant qu’échange ordinaire de biens et de services.
La prochaine étape consiste en des projets concrets : investissements israéliens en Ukraine, participation d’Israël à la reconstruction, entreprises conjointes, médecine et réhabilitation, agrotechnologies, cybersécurité et protection des infrastructures critiques.
Pour l’Ukraine, c’est une question de future reconstruction après l’agression russe.
Pour Israël, c’est l’opportunité de participer à des projets d’envergure dans un pays qui aura besoin de technologies, de solutions infrastructurelles, d’expertise médicale, de sécurité, de modernisation et d’investissements.
Babi Yar : la mémoire historique comme partie du dialogue
Lors de la rencontre avec Zeev Elkin, une attention particulière a été accordée à la préparation du 85e anniversaire de la tragédie de Babi Yar.
C’est ce qu’a rapporté l’ambassade d’Ukraine en Israël.
Babi Yar est l’une des pages les plus terribles de l’histoire de l’Holocauste sur le territoire ukrainien.
Pour les relations ukraino-israéliennes, ce n’est pas seulement une date commémorative, mais une partie de la mémoire historique commune, douloureuse et importante pour les deux parties.
L’Ukraine montre que le dialogue avec Israël ne se construit pas seulement autour de la politique, du commerce et de la sécurité d’aujourd’hui.
Il inclut également la mémoire des tragédies qui lient la terre ukrainienne, le peuple juif et l’histoire mondiale.
La préparation du 85e anniversaire de Babi Yar devient une partie d’une conversation plus large sur pourquoi l’impunité, la haine et le silence du monde conduisent toujours à de nouveaux crimes.
Holodomor à Jérusalem : un autre point de mémoire
Lors de la visite, Iryna Mudra a également déposé des fleurs au monument aux victimes de l’Holodomor à Jérusalem.
Elle a rappelé qu’elle avait eu l’honneur d’inaugurer ce monument l’année dernière.
Ce geste est important pour comprendre toute la logique de la visite.
L’Ukraine parle avec Israël non seulement de la guerre d’aujourd’hui, mais aussi des tragédies du passé qui montrent où mène la politique impériale de destruction des gens et le silence du monde.
La mémoire de l’Holodomor rappelle un crime où des gens ont été délibérément exterminés par la faim.
La mémoire de Babi Yar rappelle le massacre de masse des Juifs et la tragédie de l’Holocauste sur le sol ukrainien.
Aujourd’hui, ces thèmes ne résonnent pas comme des récits historiques séparés.
Ils deviennent partie intégrante d’une conversation sur la justice, la responsabilité et le prix de l’impunité.
Pour l’Ukraine, c’est particulièrement important, car l’agression russe a de nouveau posé au monde la question : le crime sera-t-il puni, ou la communauté internationale se contentera-t-elle encore de mots après la tragédie.
Pourquoi cette visite est importante pour Israël
Dans son message, Iryna Mudra a écrit qu’il y a des choses que l’Ukraine et Israël comprennent sans longues explications.
Ce que cela signifie de vivre quand l’ennemi cherche ouvertement à détruire ton État.
Ce que cela signifie de protéger chaque jour les gens des missiles et des drones.
Pourquoi la sécurité, l’avantage technologique et la solidarité internationale ont un prix en vies humaines.
Cette pensée est la clé de toute la visite.
L’Ukraine s’adresse à Israël non pas comme à un pays lointain qui doit simplement exprimer un soutien supplémentaire.
L’Ukraine s’adresse à un État qui connaît lui-même le prix de la survie, le prix de la sécurité et le prix de l’impunité internationale.
C’est pourquoi Kiev attend de Jérusalem une position plus forte.
Oui, il y a des questions complexes entre l’Ukraine et Israël.
Iryna Mudra le reconnaît elle-même.
Mais stratégiquement, les pays sont unis par plus : la lutte pour le droit à l’existence, la protection des gens contre les missiles et les drones, l’avantage technologique, la mémoire des tragédies passées et la compréhension que l’agression ne doit pas rester impunie.
Conclusion principale
Le 5 juillet 2026 à Jérusalem, une délégation ukrainienne dirigée par Iryna Mudra a tenu deux rencontres importantes.
Au ministère des Affaires étrangères d’Israël, Mudra et la députée Olga Vassilevska-Smagliouk ont rencontré Yuval Fuchs, directeur général adjoint du ministère des Affaires étrangères d’Israël pour l’Eurasie.
Ils ont discuté des relations ukraino-israéliennes, de la réaction d’Israël aux frappes russes, de la politique de sanctions, de la lutte contre les structures terroristes, des technologies de défense et de la possibilité pour Israël de rejoindre l’architecture internationale des compensations pour l’Ukraine.
Séparément, la délégation ukrainienne a rencontré Zeev Elkin, ministre de la Reconstruction au ministère des Finances d’Israël et coprésident de la commission mixte ukraino-israélienne sur le commerce et la coopération économique.
Lors de cette rencontre, il a été question d’économie, de commerce, d’investissements, de reconstruction de l’Ukraine et de la préparation du 85e anniversaire de la tragédie de Babi Yar.
Le principal sens de la visite — l’Ukraine propose à Israël un nouveau niveau de relations.
Pas seulement un soutien prudent.
Pas seulement des formulations diplomatiques.
Mais une participation au système de responsabilité de la Russie pour la guerre, le développement de technologies conjointes, un partenariat économique, la reconstruction de l’Ukraine et une conversation honnête sur la mémoire, la sécurité et la justice.
Si l’agression russe reste sans prix financier, cela deviendra un signal dangereux non seulement pour l’Ukraine, mais pour le monde entier.
L’Ukraine propose à Israël de devenir partie intégrante du mécanisme qui doit montrer : pour la destruction d’un pays étranger, l’agresseur doit payer.
Et maintenant la question principale — Israël est-il prêt à faire le pas suivant.