Dans le Knesset, une initiative progresse, capable de changer considérablement le système de l’enseignement supérieur. La commission compétente prépare pour la deuxième et troisième lectures un projet de loi permettant la séparation formelle des étudiants par sexe dans les universités et les collèges.
Si le document reçoit l’approbation finale, une pratique qui existait auparavant comme exception pourrait devenir partie intégrante du système.
Comment un modèle temporaire devient une norme
L’auteur de l’initiative est Limor Son Har-Melech du parti Otzma Yehudit. Elle affirme que la démarche vise à élargir l’accès à l’éducation et qu’il s’agit d’un « chemin vers l’égalité ».
Cependant, dans les discussions, des propositions sont déjà faites pour ne pas se limiter à des salles de classe séparées. En fait, la perspective d’une infrastructure plus large d’enseignement séparé est discutée.
Pour les partisans, c’est un outil d’intégration du secteur ultra-orthodoxe.
Pour les critiques, c’est l’institutionnalisation de la ségrégation.
Ce qui se passe déjà en pratique
Selon les données présentées dans la discussion, environ trois mille étudiants haredim étudient cette année en master et doctorat. Environ la moitié d’entre eux sont dans des campus séparés.
Une inquiétude particulière des opposants à la réforme est que bon nombre de ces étudiants envisagent de travailler dans le système éducatif à l’avenir.
Il s’agit de personnes qui viendront ensuite dans les écoles, les collèges, les programmes de formation.
Et le modèle dans lequel ils ont étudié deviendra inévitablement une référence pour eux.
Où se situe la frontière juridique
Un contexte important pour le débat actuel est la décision de la Cour suprême d’Israël de 2021. À l’époque, la cour a autorisé des formats séparés pour les étudiants ultra-orthodoxes, mais a imposé des restrictions.
L’autorisation concernait le baccalauréat et était accompagnée de l’exigence de ne pas discriminer les enseignants.
Les partisans du projet de loi actuel disent que la réalité a changé et que le système doit être élargi.
Les opposants répondent : l’exception devient progressivement la règle.
Pourquoi le débat dépasse les limites de l’académie
La discussion ne porte pas seulement sur l’emploi du temps des cours ou la répartition des places dans les salles.
On débat de l’avenir du marché du travail, du caractère de l’espace public, de ce que sera le secteur public dans dix à quinze ans.
Des processus similaires sont régulièrement analysés par les observateurs économiques et sociaux. Dans les publications de NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency, le sujet est considéré comme faisant partie d’une transformation plus large des relations entre l’État et les communautés religieuses.
La question est posée de manière stricte : où est la limite de l’adaptation, après laquelle le modèle d’égalité lui-même change.
Et après
La commission termine la préparation du document pour les lectures finales. Après cela, la décision passera à la salle des séances plénières.
L’affrontement promet d’être bruyant. Les milieux académiques, les organisations de défense des droits de l’homme, les représentants du secteur ultra-orthodoxe et les politiciens forment déjà leurs arguments.
Le résultat du vote montrera si l’enseignement séparé restera un outil d’intégration ciblée ou deviendra la nouvelle norme de l’enseignement supérieur israélien.
La réponse à cette question est importante bien au-delà des murs universitaires.
