La Russie a déclaré être prête à faciliter la normalisation des relations entre l’Iran et la Syrie. C’est ce qu’a annoncé l’ambassadeur de la Fédération de Russie à Téhéran, Alexeï Dedov, dans une interview à l’agence iranienne ISNA.
Cette déclaration intervient alors que la voie diplomatique de Moscou au Moyen-Orient est de plus en plus liée à la guerre en Ukraine, à la pression des sanctions et à la coopération militaire de la Fédération de Russie avec l’Iran — un État perçu dans la région comme un facteur de menace, y compris pour Israël.
Accusations européennes contre l’Iran : la position de Moscou
Dedov affirme que les pays européens utilisent, selon lui, des “accusations infondées” liées à la participation de l’Iran à la guerre de la Russie contre l’Ukraine, comme prétexte pour faire pression sur Téhéran. Dans cette logique, l’Europe chercherait à limiter la souveraineté iranienne et le lien Téhéran-Moscou.
L’ambassadeur a également ajouté : même si le sujet de l’Ukraine cesse d’être central, les États européens, selon lui, trouveront d’autres raisons pour des “mesures destructrices” contre l’Iran.
Dans l’interprétation du diplomate, le motif clé des capitales européennes est de punir tout État qui mène une politique étrangère indépendante et ne suit pas les directives de Bruxelles. C’est une rhétorique dans laquelle les sanctions sont décrites non pas comme une réponse à des actions spécifiques, mais comme un outil de discipline.
L’Ukraine et les “propositions de paix” : comment cela est présenté à Téhéran
Commentant le conflit lui-même, Dedov a déclaré que Moscou continue de s’en tenir aux “propositions de paix” précédemment formulées par Vladimir Poutine. Il est important de noter que cette formulation est destinée à un public extérieur — y compris au Moyen-Orient, où Moscou tente de se présenter à la fois comme un participant à la guerre et comme un “négociateur”.
Une ligne distincte dans l’interview est la tentative de rejeter la thèse de l’isolement de la Fédération de Russie après le début de l’invasion à grande échelle. L’ambassadeur affirme que c’est le contraire qui se produit : la présence de la Russie sur la scène internationale se renforcerait.
L’Iran comme soutien de Moscou : drones et production
Le contexte pratique clé de ces déclarations est le lien militaro-technique entre la Fédération de Russie et l’Iran. Depuis le début de l’invasion à grande échelle, l’Iran est devenu un allié important de Moscou : il fournit des drones de combat et aide à établir leur production sur le territoire russe.
Cet aspect est important non seulement pour l’Ukraine, qui est confrontée à l’utilisation de ces drones, mais aussi pour Israël : l’Iran est considéré comme un adversaire stratégique, et l’expansion de ses capacités militaires et l’exportation de technologies vers la Fédération de Russie modifient l’équilibre des risques dans la région.
Ce que Téhéran obtient : S-400, chasseurs et “partenariat stratégique”
En réponse au soutien de l’Iran, la Russie, comme il est noté, fournit à Téhéran des chasseurs et des systèmes de missiles anti-aériens S-400. De plus, l’été dernier, un accord de partenariat stratégique global, incluant la coopération militaire, a été signé entre les présidents de l’Iran et de la Russie.
Et c’est ici que le rôle “pacificateur” de Moscou dans la question Iran-Syrie semble ambigu : d’une part, le Kremlin se propose comme médiateur dans la normalisation régionale, d’autre part, il renforce l’alliance militaire avec l’Iran sur fond de guerre en Ukraine et de tensions internationales croissantes.
Pour Israël et les capitales européennes, cela forme un tableau unique : les initiatives diplomatiques de Moscou au Moyen-Orient vont de pair avec les tentatives de consolider l’axe Fédération de Russie-Iran, et c’est pourquoi toute déclaration de “normalisation” est perçue à travers le prisme de la sécurité et de la guerre. НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency