La municipalité de Netanya a annulé un événement avec la participation du cosmonaute russe Fiodor Iourtchikhine après une lettre officielle de la partie ukrainienne et une campagne publique d’activistes. Il s’agissait d’une intervention prévue au planétarium de la ville, qui a suscité une vive réaction parmi les ressortissants d’Ukraine et leurs partenaires en Israël.
L’histoire a rapidement dépassé le cadre d’un événement culturel local et s’est transformée en une question de responsabilité politique et de sensibilité à la guerre.
Pourquoi l’ambassade ukrainienne est intervenue
L’Ambassade d’Ukraine en Israël a annoncé le 12 février 2026 que des démarches diplomatiques avaient été entreprises immédiatement après l’apparition de l’information sur l’invitation de Iourtchikhine.

L’ambassadeur Evgeny Kornichuk a adressé un appel au maire nouvellement élu Avi Salama.
Dans la lettre, selon les diplomates, figuraient à la fois des félicitations pour sa prise de fonction et la confirmation de la volonté de coopération entre les villes ukrainiennes et la municipalité. Mais le point clé était un autre.
La partie ukrainienne a souligné que les visites sur les territoires temporairement occupés sans l’accord de Kiev sont considérées comme une violation de la souveraineté du pays. C’est précisément cela, selon les diplomates, qui rendait la tenue de l’événement extrêmement problématique.
Réaction de la communauté et campagne publique
La nouvelle de la visite prévue s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux et dans les chats des rapatriés.
Les activistes de Israeli Friends of Ukraine ont lancé des appels à la municipalité, insistant sur le fait que le site de la ville ne devrait pas devenir un lieu pour des figures liées à l’agenda de l’État russe.
Des personnalités publiques, des journalistes, des représentants de structures bénévoles ont rejoint l’initiative. La discussion était dure, parfois émotionnelle, mais avec une exigence claire : prendre en compte le contexte de la guerre.
C’est dans ces moments-là, notent les participants à la campagne, qu’il est particulièrement visible comment les décisions locales influencent la confiance entre les villes et les diasporas. НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency a écrit à plusieurs reprises sur de tels conflits de mémoire et de symboles, lorsque les formats culturels deviennent soudainement politiques.
Ce que signifie l’annulation pour les relations entre les villes
Dnipro et Netanya ont un accord de jumelage. Les délégations se rencontrent régulièrement, les projets éducatifs et municipaux se poursuivent même en temps de guerre.
Cet été, les Journées de Dnipro doivent se tenir dans la ville israélienne. Leur préparation est déjà discutée, et la participation de la communauté est attendue en grand nombre.
Dans ce contexte, l’invitation d’une personne ayant visité des territoires occupés semblait, selon les critiques, au minimum inappropriée.
Ce que l’on sait de la décision finale
Selon les informations dont disposent les diplomates, la prestation a été annulée.
L’ambassade a remercié les Israéliens et les Ukrainiens qui ont participé au travail d’explication et au dialogue avec les autorités municipales. Des mots de reconnaissance particuliers ont été adressés aux activistes qui ont pris en charge l’organisation de la campagne de plaidoyer.
Cependant, la surveillance de la situation se poursuivra. À Kiev, on veut être sûr que la décision restera en vigueur et que l’événement ne reviendra pas à l’ordre du jour sous une autre forme.
Pourquoi de telles histoires se répètent
Les affiches municipales sont souvent formées sans une analyse approfondie des biographies des invités. En temps de paix, cela aurait semblé routinier.
Maintenant, chaque nom est vérifié à travers le prisme de la guerre, des voyages en Crimée, dans le Donbass ou d’autres territoires occupés. Pour la partie ukrainienne, ce ne sont pas des détails abstraits, mais des marqueurs de légitimation.
C’est pourquoi même les conférences scientifiques ou culturelles deviennent l’objet de lettres diplomatiques.
Contexte pour Israël
Israël reste un espace où vivent des centaines de milliers de personnes d’origine ukrainienne. Pour eux, les questions symboliques ne sont pas théoriques, mais une histoire personnelle de familles, de proches, de maisons détruites.
Les municipalités se retrouvent de plus en plus souvent entre le désir d’universalité et la nécessité de prendre en compte la douleur d’une partie de leurs habitants.
Le cas de Netanya montre que la voix de la communauté peut changer les décisions.
Et en même temps, il démontre que le dialogue entre Kiev et les villes israéliennes reste opérationnel, même lorsqu’il s’agit de sujets sensibles.
L’histoire de la prestation annulée deviendra probablement un point de référence pour d’autres municipalités qui prévoient des événements internationaux en période de guerre.

