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Ces derniers mois, Israël se retrouve de plus en plus souvent aux côtés des États qui, dans le système de coordonnées politiques et morales occidental, sont considérés comme des parias. La comparaison avec l’Iran se fait de plus en plus entendre — non seulement de la part des activistes radicaux, mais aussi dans les discussions grand public aux États-Unis et en Europe. Pour de nombreux Israéliens, cela semble absurde ou hypocrite. Cependant, la logique de ces comparaisons, qu’elle plaise ou non, existe — et elle ne se résume pas à l’antisémitisme.

Le paradoxe commence par une question simple : pourquoi le monde reste-t-il silencieux face aux répressions massives, aux meurtres et à la brutalité en Iran, mais adresse-t-il constamment des reproches à Israël ? La réponse est désagréable, car elle ne concerne pas l’Iran — elle concerne les attentes envers Israël.

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L’Iran est un État autoritaire souverain qui n’a jamais prétendu appartenir au monde occidental libéral. Les répressions, la violence, la répression des manifestations y sont perçues comme une tragédie, mais pas comme une violation d’un « contrat ». Personne n’attendait de Téhéran qu’il respecte les droits de l’homme, la primauté du droit ou les normes humanistes. C’est cruel, cynique — mais cohérent.

Avec Israël, la situation est différente. Israël s’est positionné pendant des décennies comme faisant partie du monde occidental : un État démocratique fondé sur des valeurs libérales, les droits de l’homme et des institutions indépendantes. C’est pourquoi d’autres critères lui sont appliqués. Les reproches ne sont pas formulés parce qu’on « déteste les Juifs », mais parce qu’on attendait un autre comportement.

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Le conflit israélo-palestinien n’est pas perçu en Occident comme une affaire intérieure d’un État souverain. Il s’agit du contrôle de territoires et de populations sans droits civiques ni représentation politique. Dans cette logique, ce qui se passe est porté sur la scène internationale — tout comme à l’époque les guerres dans les Balkans ou l’invasion de la Russie en Ukraine. C’est une différence clé que beaucoup en Israël préfèrent ignorer.

L’Occident ne demande pas à l’Iran de « se corriger » — il l’a déjà isolé. Le pays vit sous de sévères sanctions, des restrictions économiques, un blocus diplomatique. Les Iraniens en paient le prix personnel : l’impossibilité d’utiliser les systèmes de paiement internationaux, des restrictions de voyage, une économie détruite. C’est ce qu’on appelle une « punition sans illusions ».

En ce qui concerne Israël, une telle logique n’a pas existé pendant longtemps. Au contraire, les pays occidentaux l’ont protégé diplomatiquement, économiquement et même militairement. C’est pourquoi pour une grande partie de la société occidentale, la situation actuelle ressemble à un « crime sans punition ». D’où les demandes de pression : pas de bombardements, mais des sanctions, des boycotts, une isolation politique.

Les manifestations à New York, Berlin et Londres avec le slogan « pas en notre nom » ne sont pas un bruit marginal. C’est un signal : Israël, selon une grande partie du public occidental, ne s’inscrit plus dans le camp libéral, mais continue de bénéficier de ses privilèges. Et cette dissonance provoque de l’irritation.

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En ce sens, la comparaison avec l’Iran n’est pas une affirmation d’identité, mais un avertissement. En gros, si vous choisissez la voie de la force, du nationalisme et de l’ignorance des critiques extérieures, soyez prêts aux mêmes conséquences. L’Afrique du Sud de l’époque de l’apartheid a suivi ce chemin. L’Iran y vit encore aujourd’hui.

Israël se trouve dans une position unique : un pays occidental par son auto-perception et oriental par sa géographie et ses conflits. Pendant longtemps, l’Occident a été prêt à fermer les yeux sur les contradictions. Après le 7 octobre, ce crédit de confiance a commencé à se réduire rapidement — non pas à cause d’un « mauvais travail de hasbara », mais à cause des actions mêmes sur le terrain.

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L’argument « nous avons raison, c’est juste qu’on ne nous comprend pas » est bien connu dans le monde. Il est utilisé par les dirigeants autoritaires de Moscou à Pyongyang. Chacun a sa propre « justice historique » et son « chemin particulier ». Mais le résultat est presque toujours le même : isolement, sanctions, pression sur les citoyens.

C’est ici que se situe la ligne de démarcation. L’Iran a choisi le modèle de la « Sparte » fermée — un État prêt à sacrifier le bien-être de sa population pour l’idéologie et le contrôle. Israël reste pour l’instant une démocratie — avec des élections, une économie libre, des droits personnels. Mais la question, de plus en plus posée de l’extérieur et à l’intérieur du pays, est dure : la société israélienne est-elle prête à payer le prix iranien pour la politique de ses dirigeants ?

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Les manifestations en Occident s’adressent non seulement au gouvernement, mais aussi à la société. Le message est extrêmement direct : si vous insistez sur le droit d’ignorer les normes libérales, ne soyez pas surpris que le monde commence à vous traiter comme ceux qui ont rejeté ces normes dès le départ.

C’est une conversation désagréable. Elle provoque de la colère, du rejet, une réaction défensive. Mais ce sont précisément ces conversations qui définissent aujourd’hui l’agenda international autour d’Israël — et c’est pourquoi les analystes et les rédactions, y compris НАновости — Новости Израиля | Nikk.Agency, y reviennent encore et encore.

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