Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, a commenté l’opération militaire des États-Unis au Venezuela, à la suite de laquelle le président Nicolás Maduro a été arrêté et emmené hors du pays avec son épouse Cilia Flores. Ses propos ont été prononcés lors d’un point de presse et ont immédiatement été repris en citations.
Zelensky a réagi avec une ironie notable :
« Si l’on peut traiter les dictateurs de cette manière, les États-Unis d’Amérique savent parfaitement quoi faire ensuite ».
Il n’a pas précisé de quels dictateurs il s’agissait, mais dans l’espace médiatique ukrainien, cette déclaration a été presque immédiatement perçue comme une allusion transparente à Vladimir Poutine.
Position des autorités ukrainiennes
La ligne officielle de Kiev avait déjà été définie auparavant. Le ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Andriy Sybiha, a rappelé que l’Ukraine ne reconnaît pas la légitimité du régime de Maduro. Les raisons sont clairement énoncées : falsification des élections, répression des manifestations et violence systématique contre sa propre population.
Dans sa déclaration, Sybiha a souligné que l’Ukraine soutient le développement des événements « conformément au droit international », en mettant l’accent sur la démocratie, les droits de l’homme et les intérêts des citoyens vénézuéliens. Cette formulation s’inscrit bien dans la rhétorique générale de la politique étrangère de Kiev sur fond de guerre avec la Russie, où la question de la légitimité du pouvoir et de la responsabilité des dictatures a une importance pratique plutôt que théorique.
Contexte au-delà du Venezuela
La réaction de Zelensky est perçue non seulement comme un commentaire sur les événements en Amérique latine, mais aussi comme un élément d’un cadre politique plus large. Pour l’Ukraine, en état de guerre totale, tout exemple de pression internationale sévère sur les régimes autoritaires est inévitablement examiné à travers le prisme de son propre conflit.
La phrase du président est devenue un signal : un précédent apparaît dans le monde, selon lequel une dictature n’est pas intouchable — même si elle a ignoré la critique pendant de nombreuses années et s’est appuyée sur un appareil répressif.
Polarisation des évaluations internationales
L’opération militaire des États-Unis au Venezuela a provoqué une division nette des opinions. Certains experts et politiciens parlent de « libération » et soulignent la crise chronique du régime de Maduro — économique, humanitaire et politique.
D’autres, au contraire, qualifient les actions de Washington de précédent dangereux d’intervention militaire, la qualifiant de forme de pression politico-étatique capable de détruire les restes des normes internationales.
Cette polarisation se reflète également dans les institutions internationales. À l’ONU, des débats ont lieu sur la légitimité de l’intervention, tandis que les médias occidentaux publient parallèlement des articles sur la violence, les manifestations et la profondeur de la crise sociale au Venezuela.
Un monde en rupture
La situation autour du Venezuela est devenue un autre marqueur de la fragilité de l’ordre mondial. Les exemples de démantèlement forcé des régimes autoritaires ne sont plus perçus comme des exceptions — ils deviennent partie intégrante d’une nouvelle réalité où les anciens accords cessent de fonctionner.
Pour l’Ukraine, ce n’est pas une géopolitique abstraite, mais une question d’importance existentielle directe. C’est pourquoi la réaction de Zelensky — mesurée, ironique, mais extrêmement claire — a été entendue bien au-delà de Kiev.
Comment exactement les événements au Venezuela influenceront les futures décisions diplomatiques et militaires dans le monde n’est pas encore clair. Mais il est évident que cet épisode s’est déjà inscrit dans une chaîne de processus qui modifient les perceptions de ce qui est acceptable et possible en politique mondiale — comme le rapporte régulièrement NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency.
