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NAnews – Nikk.Agency Actualités Israël

Le sergent-chef Grigory Pivovarov, indicatif d’appel «Juif», est un citoyen israélien qui est venu en Ukraine pendant le Maïdan et combat depuis 2014 contre l’agression russe. Son interview avec le 24e régiment d’assaut séparé «Aidar» n’est pas seulement l’histoire personnelle d’un combattant, mais aussi une conversation importante sur Tsahal, l’Ukraine, la citoyenneté, l’antisémitisme, la propagande russe et le prix d’un véritable choix.

Un Israélien qui a choisi l’Ukraine non par des mots, mais par le service

Le 24e régiment d’assaut séparé des Forces armées ukrainiennes «Aidar» a publié le 30 avril 2026 une vidéo-interview avec Grigory Pivovarov — sergent-chef, combattant avec l’indicatif d’appel «Juif» et citoyen israélien, qui combat pour l’Ukraine depuis 2014.

La vidéo s’intitule : «Єврей. Про Ізраїль, ЦАХАЛ, Майдан, громадянство та війну з 2014-го року».

Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=cr_hX2mA-f8

Ce n’est pas simplement le récit d’un étranger qui s’est retrouvé dans la guerre ukrainienne. C’est l’histoire d’une personne qui a traversé le Maïdan, le mouvement volontaire, le front, les blessures, les postes de commandement et qui parle encore de l’Ukraine comme de sa maison.

Au début de l’interview, Grigory Pivovarov se présente directement : il s’appelle Grigory, son indicatif d’appel est «Juif», il est combattant du régiment «Aidar», et il est étranger, citoyen israélien, qui combat pour l’indépendance de l’Ukraine depuis 2014.

«Indicatif d'appel «Juif». Citoyen israélien qui combat pour l'indépendance de l'Ukraine depuis 2014» / 24 OShP «Aidar» - Nouvelles d'Israël
«Indicatif d’appel «Juif». Citoyen israélien qui combat pour l’indépendance de l’Ukraine depuis 2014» / 24 OShP «Aidar» – Nouvelles d’Israël

Pour le public israélien, cette histoire est particulièrement importante. Elle croise plusieurs lignes : l’expérience de Tsahal, l’identité juive, la guerre ukrainienne pour la liberté, l’agression russe et le choix personnel d’une personne qui aurait pu vivre dans un autre pays, mais a décidé de rester aux côtés de ceux qu’il appelle ses frères d’armes.

Du Maïdan à «Aidar» : comment a commencé le chemin de Grigory Pivovarov

Selon Pivovarov, son arrivée en Ukraine pendant le Maïdan était en grande partie fortuite.

Avant cela, il vivait à Barcelone, s’occupait de projets de clubs et de tourisme. Un ami médecin l’a appelé en Ukraine, ayant besoin de personnes solides pour évacuer les blessés. Grigory se souvient que son ami a expliqué simplement : il est un ancien militaire israélien, n’a pas peur du sang et peut aider là où des personnes capables d’agir sous pression sont nécessaires.

Il est arrivé à Kiev en février 2014. Il n’a pas eu le temps d’arriver à Mariinka le 18 février, mais s’est retrouvé sur les barricades de Khreshchatyk lorsque le BTR brûlait. Après une commotion, il a été évacué avec d’autres participants aux événements.

Puis il y a eu la victoire du Maïdan, le mouvement étudiant, les nouvelles inquiétantes de Crimée et la compréhension progressive que tout ne se terminait pas avec le changement de pouvoir. L’Ukraine entrait en guerre, bien que beaucoup ne l’appelaient pas encore une guerre au sens plein du terme.

En mai 2014, Pivovarov a rejoint «Aidar». Dans l’interview, il précise la date : le 19 mai 2014, il est arrivé dans l’unité. Plus tard, il y a eu des transitions, des complications juridiques en raison de son statut d’étranger, un service dans d’autres structures et un retour à «Aidar», où il est officiellement devenu militaire des Forces armées ukrainiennes en février 2016.

Pourquoi précisément «Aidar»

L’un des moments forts de l’interview est la réponse à la question de savoir pourquoi il reste depuis tant d’années précisément dans «Aidar».

Pivovarov dit que cette unité lui rappelle celle où il a effectué son service militaire dans Tsahal : des gens de différents milieux y viennent, et on en fait de forts combattants. Selon lui, «Aidar» ne court pas après la publicité, mais fait simplement son travail.

Dans cette phrase, on voit bien le nerf de toute la conversation. Pour lui, l’armée n’est pas une décoration, un slogan ou un lieu pour de belles photos. C’est un environnement où l’on vérifie qui est à côté de vous, qui tient le coup, qui revient après une blessure et qui ne laisse pas tomber les siens.

Qu’est-ce que le 24 OShP «Aidar» et pourquoi ce nom est-il si important

Le 24 OShP «Aidar» est le 24e régiment d’assaut séparé «Aidar», une unité de combat des forces terrestres ukrainiennes.

Le «Aidar» lui-même est issu d’un bataillon volontaire apparu en 2014 après le Maïdan et le début de l’agression russe contre l’Ukraine.

Le nom est lié à la rivière Aidar dans la région de Louhansk. Dans la mémoire militaire ukrainienne, ce nom est devenu l’un des symboles des premiers mois de résistance, lorsque les formations volontaires couvraient souvent les sections du front où le système étatique était encore en train de se réorganiser face à la réalité d’une grande guerre.

Sur le site officiel du régiment, il est souligné que «Aidar» a commencé son chemin en 2014 et a toujours été une unité de combat. Parmi les valeurs du régiment figurent l’idéalisme, la fraternité, la continuité, la culture interne du combattant, la responsabilité personnelle et le résultat.

C’est important pour comprendre la vidéo elle-même. L’interview de Pivovarov n’est pas une biographie isolée sur fond de guerre. C’est le récit d’une personne qui s’est retrouvée au sein d’une unité avec une très forte tradition volontaire.

Le site officiel de «Aidar» décrit également la procédure d’entrée dans le régiment : candidature, appel du recruteur, entretien de sélection, examen médical, vérification des documents, signature du contrat et début du service. Parmi les exigences figurent l’âge, la volonté de servir dans la verticale militaire, la préparation physique, l’absence de condamnations et la volonté de travailler en équipe.

NANouvelles — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency attire l’attention précisément sur ce lien : l’histoire de Grigory Pivovarov montre comment la guerre ukrainienne est devenue l’affaire non seulement des citoyens ukrainiens, mais aussi des personnes qui ont consciemment choisi le camp de la liberté — non par passeport, mais par conviction.

Comment la Russie perçoit-elle «Aidar»

En Russie, «Aidar» est perçu de manière extrêmement hostile — tant au niveau de la propagande qu’au niveau de la position juridique officielle.

Dans la version russe, «Aidar» est appelé «bataillon nationaliste», «extrémistes» et «organisation terroriste». En décembre 2023, le FSB a inscrit l’«Aidar» ukrainien sur la liste russe des organisations terroristes. Avant cela, l’unité avait déjà été reconnue en Russie comme extrémiste et interdite.

Pour la propagande russe, «Aidar» est l’un des symboles de la résistance ukrainienne qu’il faut diaboliser. Comme «Azov» ou «Secteur droit», il est généralement présenté non pas comme une unité des Forces armées ukrainiennes, mais comme des «punisseurs», «nazis» et «militants». Ainsi, Moscou tente de présenter la guerre contre l’Ukraine non pas comme une agression de la Russie, mais comme une lutte contre des prétendus «extrémistes».

Ce statut est également utilisé par les tribunaux russes. Les militaires ukrainiens peuvent être poursuivis rien que pour le fait de servir dans «Aidar». On connaît, par exemple, le cas de la médecin militaire Viktoria Tkachenko, que le tribunal russe a condamnée précisément pour avoir servi dans une unité reconnue comme «terroriste» par la Russie.

Sur le front, «Aidar» est perçu par les militaires russes et les militants prorusses comme un adversaire dangereux et détesté. Cela coïncide avec ce que dit Grigory Pivovarov dans l’interview : selon lui, pour l’ennemi, «Aidar» est un nom très effrayant, et les aidaristes libérés de captivité peuvent être «comptés sur les doigts».

En résumé : en Russie, «Aidar» est officiellement interdit, diabolisé dans la propagande, et parmi les militaires russes, il est perçu comme l’un des symboles ukrainiens les plus détestés depuis 2014.

Tsahal, Israël et le front ukrainien

Dans l’interview, il y a un aspect distinct, important pour les lecteurs en Israël. Pivovarov est citoyen israélien, ancien militaire israélien, une personne qui connaît de l’intérieur ce qu’est la culture militaire, la responsabilité envers l’unité et l’expérience de la guerre contre un ennemi qui utilise des armes soviétiques et russes.

Il dit que son père vit en Israël, est médecin de famille et capitaine de la médecine en réserve. Il parle aussi de son frère cadet, qui a servi dans Tsahal, était paramédic-tireur, puis est devenu chef du service médical.

Dans l’un des passages les plus révélateurs, Pivovarov relie l’expérience israélienne et ukrainienne à travers une source commune de menace.

Il rappelle que l’Union soviétique a sponsorisé les ennemis d’Israël, et que la Russie moderne soutient le Hamas, le Hezbollah et d’autres forces combattant contre Israël. Selon lui, les missiles antichars, les mortiers, les roquettes, les «Grads» et les «Katiouchas» ont une origine compréhensible dans cette chaîne militaire.

Pour le lecteur israélien, ce n’est pas une géopolitique abstraite. C’est une tentative d’expliquer : l’Ukraine et Israël font face à différents fronts d’un même grand problème — des régimes agressifs et leurs alliés qui utilisent le terrorisme, les frappes de missiles, la propagande et la guerre contre la population civile.

«Ma maison — c’est l’Ukraine»

L’une des réponses les plus fortes de la vidéo est à la question : où est sa maison.

Pivovarov répond : «Ma maison — c’est l’Ukraine».

Il explique ensuite pourquoi la manipulation russe du thème de l’antisémitisme est devenue pour lui l’une des raisons de la résistance intérieure. Il dit qu’il était indigné par les récits selon lesquels les Ukrainiens seraient antisémites, et il pointe des faits historiques que la propagande russe déforme ou ignore complètement.

Il mentionne les Ukrainiens parmi les Justes parmi les nations, parle des pages juives de l’histoire ukrainienne, des liens entre le mouvement national ukrainien et les sionistes, et se souvient de Vladimir Jabotinsky et Simon Petlioura. Dans sa logique, ce n’est pas une conférence académique, mais une réponse personnelle à la tentative de la Russie de voler à l’Ukraine sa subjectivité historique et de présenter les Ukrainiens comme des ennemis des Juifs.

Oui, l’histoire ukraino-juive est complexe. Elle a connu des tragédies, de la douleur, des pogroms, l’Holocauste, la collaboration, le mensonge soviétique et de réels conflits de mémoire.

Mais c’est précisément pour cela que de tels témoignages sont importants. Pivovarov ne propose pas une image simpliste. Il parle du fait que la propagande russe utilise l’antisémitisme comme un outil pour empoisonner les relations avec l’Ukraine et cacher sa propre agression.

Blessures, commandement et citoyenneté, qui n’existe toujours pas

Dans l’interview, Grigory Pivovarov raconte qu’il est revenu après des blessures parce qu’il ne pouvait pas laisser ses frères d’armes. La première blessure — parce que ses camarades l’ont tiré. La deuxième — parce qu’il fallait revenir. La troisième — parce que, selon ses mots, il avait honte de quitter l’unité après avoir été nommé commandant de peloton. Une autre blessure, il ne la considère même pas sérieuse, bien qu’elle ait été enregistrée.

Son parcours au sein de l’armée est également révélateur : simple fantassin, grenadier, commandant de section, sergent-chef de peloton, commandant de peloton, commandant par intérim de compagnie, puis travail dans le recrutement du régiment.

C’est la biographie d’une personne qui n’est pas venue pour une participation symbolique. Il a réellement vécu cette guerre.

Et dans ce contexte, le thème de la citoyenneté résonne particulièrement fort. Pivovarov dit qu’il a des récompenses, des grades, des blessures, un service depuis 2014, mais qu’il n’a toujours pas la citoyenneté ukrainienne. Il énumère ses distinctions et ne cache pas sa déception : l’État qu’il défend n’est pas encore devenu son État juridiquement.

C’est l’un des principaux sens de la vidéo. L’Ukraine sait accepter le sang, le service et la loyauté. Mais le système bureaucratique ne sait pas toujours reconnaître rapidement et honnêtement ceux qui ont déjà prouvé leur appartenance au pays par leurs actions.

Appel aux Ukrainiens

La partie finale de l’interview est un appel aux Ukrainiens qui hésitent à savoir s’ils doivent servir et où aller.

Pivovarov parle durement, mais sans théâtralité : l’ennemi ne dort pas. Il se souvient des régions de Donetsk et Louhansk, Marioupol, Bakhmout, Kurakhove, Vougledar — des lieux qu’il a vus vivants, puis détruits. Son argument est simple : si les gens ne veulent pas voir cela près de chez eux, l’État doit être défendu maintenant.

Il appelle à ne pas attendre que le centre de recrutement prenne quelqu’un, mais à choisir à l’avance une unité, à contacter des militaires connus, à chercher ceux avec qui on veut servir, et à prendre une décision en connaissance de cause.

Il invite particulièrement à rejoindre «Aidar», soulignant que l’unité a conservé l’esprit du premier bataillon volontaire des Forces armées ukrainiennes, et que ses commandants ont traversé de véritables combats, blessures et parcours de front.

Pourquoi cette vidéo est-elle importante pour l’Ukraine, Israël et le public juif

L’histoire de Grigory Pivovarov brise plusieurs schémas de propagande.

La Russie essaie depuis des années de présenter l’Ukraine comme un pays étranger aux Juifs. Mais devant le spectateur se trouve un citoyen israélien avec l’indicatif d’appel «Juif», qui est venu en Ukraine, a vu le Maïdan, est allé à la guerre, sert dans une unité ukrainienne depuis 2014 et dit que sa maison est l’Ukraine.

La Russie tente de dépeindre l’armée ukrainienne comme une construction artificielle. Mais devant le spectateur se trouve une personne qui compare l’esprit de «Aidar» à ce qu’il connaît de Tsahal : responsabilité, camaraderie, des personnes différentes dans une même ligne, des commandants avec une expérience de combat et la volonté de revenir vers les siens.

La Russie essaie d’utiliser le thème de l’antisémitisme comme une arme contre l’Ukraine. Mais devant le spectateur se trouve un Juif et un Israélien qui parle directement de la manipulation de ce thème et du fait que l’histoire ukrainienne est bien plus profonde et complexe que les clichés russes.

Pour Israël, cette vidéo n’est pas non plus secondaire. Elle rappelle que la guerre de la Russie contre l’Ukraine et la guerre des alliés terroristes de l’Iran contre Israël se trouvent dans le même champ moral : il s’agit du droit d’un peuple à vivre librement, à protéger sa maison et à ne pas être détruit par une volonté impériale ou terroriste étrangère.

Finale ouverte

La vidéo du 24 OShP «Aidar» est une présentation non seulement d’un combattant. C’est une présentation d’un choix.

Grigory Pivovarov aurait pu rester en Israël, en Europe ou à tout autre point de sa biographie. Mais il s’est retrouvé en Ukraine, est resté après le Maïdan, a traversé la guerre depuis 2014 et continue de parler de ce pays comme de sa maison, même sans passeport ukrainien.

Peut-être que c’est là la question principale pour l’État et la société : qui devient réellement ukrainien — celui qui a reçu un document, ou celui qui protège le pays depuis des années au prix de sa propre santé, de son sang et de sa vie ?

La vidéo laisse cette question ouverte. Mais la réponse de Grigory Pivovarov a déjà retenti sur le front.

«Позывной «Еврей». Гражданин Израиля с 2014 года воюет за Независимость Украины» / 24 ОШП «Айдар» - Новости Израиля