Le gouvernement israélien a approuvé un cadre budgétaire pour la préparation et la tenue du procès des terroristes du Hamas impliqués dans le massacre du 7 octobre 2023. Il s’agit d’un montant de plus d’un milliard de shekels, qui sera réparti sur la période de 2026 à 2029. L’argent sera destiné au ministère de la Défense et à Tsahal pour la création d’une infrastructure judiciaire, sécuritaire, logistique et technologique distincte.
Ce n’est pas une affaire criminelle ordinaire ni un autre procès pour terrorisme.
Israël est confronté à un défi auquel le pays n’a jamais été confronté à une telle échelle : traduire en justice des centaines de participants au plus grand massacre de juifs depuis l’Holocauste, prouver la culpabilité personnelle de chacun, donner la parole aux victimes tout en évitant de transformer le procès en un chaos d’émotions, de politique et de bureaucratie sans fin.
Ce que le gouvernement israélien a exactement approuvé
La décision a été prise le 2 juin 2026. Selon le plan approuvé, le budget sera consacré à la préparation du complexe judiciaire, des locaux pour le parquet, des systèmes de sécurité, de l’infrastructure informatique, du recrutement de personnel et de l’accompagnement du processus, qui devrait s’étendre jusqu’en 2029.
Le montant semble énorme, mais l’ampleur de l’affaire explique pourquoi il ne peut pas être symbolique.
Des centaines de terroristes arrêtés après l’attaque du 7 octobre pourraient se retrouver sur le banc des accusés. Parmi eux, des combattants de la « Nukhba », l’unité d’élite du Hamas, qui ont participé à la percée de la frontière, aux attaques contre les kibboutzim, aux meurtres, aux enlèvements et à d’autres crimes contre la population civile. Selon des publications israéliennes et internationales, il pourrait s’agir d’environ 300 à 400 personnes, bien que le nombre exact dépende de l’enquête, de la qualification et des futurs actes d’accusation.
Pourquoi ce n’est pas juste « un autre procès »
Le 7 octobre 2023, les terroristes du Hamas et d’autres groupes ont envahi le territoire israélien par terre, air et mer. En conséquence, environ 1200 personnes ont été tuées, la plupart d’entre elles étant des civils, et 251 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza.
La société israélienne vit encore à l’intérieur de ce traumatisme.
Il y a des familles qui attendent la vérité sur les derniers instants de leurs proches. Il y a des survivants qui devront à nouveau raconter ce qu’ils ont vécu. Il y a des otages revenus de captivité et les familles de ceux qui ne sont pas revenus. Il y a des soldats, des policiers, des paramédics, des volontaires de ZAKA, des habitants des kibboutzim, des participants au festival Nova, des habitants de Sderot, d’Ofakim et d’autres localités dont les témoignages feront partie d’un vaste ensemble juridique.
Tribunal spécial, peine de mort et débat autour du format
En mai 2026, la Knesset a adopté une loi créant un cadre judiciaire militaire spécial pour les affaires liées à l’attaque du 7 octobre. Le vote a eu un résultat rare – 93 voix pour et aucune contre. Les procès doivent se dérouler à Jérusalem, en format ouvert, avec la possibilité de diffusion publique et la participation des victimes.
C’est un point clé : l’État veut non seulement prononcer des verdicts, mais aussi documenter les crimes.
Pour Israël, un tel procès aura non seulement une signification juridique. Il deviendra une partie de la mémoire nationale – comme preuve que le massacre du 7 octobre n’était pas un « épisode de combat », pas une « résistance » et pas une abstraction politique, mais une attaque terroriste massive contre des personnes, des familles, des enfants, des personnes âgées et des colonies pacifiques.
La peine de mort est-elle possible
Le sujet de la peine de mort est devenu l’une des parties les plus sensibles de cette affaire. En mars 2026, la Knesset a séparément approuvé une loi sur la peine de mort pour les terroristes, promue notamment par le ministre Itamar Ben-Gvir. Cette loi a suscité de vifs débats en Israël et à l’étranger, et les organisations de défense des droits de l’homme ont déclaré leur intention de la contester devant la Cour suprême.
Mais en ce qui concerne les participants au massacre du 7 octobre, la construction juridique est plus complexe qu’une simple formule « exécuter tout le monde ».
Le nouveau cadre judiciaire pour les affaires du 7 octobre prévoit séparément la possibilité d’appliquer la peine de mort dans le cadre d’un tribunal spécial, mais la peine finale dépendra des accusations, des preuves, de la composition du tribunal, des appels et de la qualification juridique des actions spécifiques de chaque accusé. Les agences internationales indiquent également que les éventuelles condamnations à mort doivent passer par un mécanisme d’appel.
C’est pourquoi la tâche principale du parquet n’est pas une déclaration retentissante, mais une base de preuves.
D’où vient le milliard et pourquoi le processus sera-t-il si coûteux
Un milliard de shekels, ce ne sont pas seulement les murs du futur complexe judiciaire. L’argent est nécessaire pour la sécurité, le transport des accusés, la détention des arrêtés, l’accompagnement médical, les interrogatoires, le travail des enquêteurs, des procureurs, des traducteurs, des spécialistes techniques, des archivistes, des systèmes informatiques et des services de sécurité.
Le procès des terroristes de la « Nukhba » nécessitera le traitement d’une énorme quantité de matériel : vidéos des caméras de surveillance, enregistrements des téléphones et des caméras corporelles des terroristes eux-mêmes, témoignages des survivants, données militaires, rapports de police, documents sur les personnes enlevées, conclusions médico-légales et témoignages de témoins oculaires.
Ici, on ne peut pas se contenter de la phrase générale « il était là ».
Il faut établir qui est entré dans une maison spécifique. Qui a tiré. Qui a incendié. Qui a participé à l’enlèvement. Qui a retenu les otages. Qui a violé, torturé, volé, coordonné, filmé les crimes ou transmis des données à d’autres participants à l’attaque.
Pourquoi la comparaison avec Nuremberg résonne, mais ne convient pas entièrement
La comparaison avec le procès de Nuremberg surgit presque automatiquement : crime de masse, traumatisme historique, nécessité de montrer au monde des documents, des témoins et le mécanisme du mal. Mais la tâche israélienne est en quelque sorte encore plus détaillée.
Nuremberg a jugé le sommet du régime.
Israël doit juger non seulement les idéologues, les commandants et les organisateurs, mais aussi les exécutants concrets qui sont entrés physiquement dans les maisons, ont tiré sur les gens, ont participé aux enlèvements et ont transmis les images de violence comme des trophées.
Pour le public israélien, c’est fondamental. Les familles des victimes ne se contentent pas de la formule générale « le Hamas est coupable ». Elles veulent savoir qui a tué leurs proches, qui a donné l’ordre, qui a filmé, qui était à côté et qui, après cela, peut essayer de se cacher derrière le mot « exécutant ».
C’est ici que le sens du procès ouvert apparaît.
NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère le futur procès non pas comme une procédure technique, mais comme une partie de la lutte d’Israël pour le droit à la vérité. Après le 7 octobre, le monde a trop vite commencé à débattre du « contexte », oubliant les corps dans les kibboutzim, les maisons brûlées, les enfants enlevés, les familles tuées et les personnes que les terroristes ont poursuivies non pas pour leur apparence, mais pour le simple fait de leur vie israélienne et juive.
Un procès ouvert est nécessaire non seulement pour Israël
Si les audiences judiciaires sont effectivement publiques et documentées, cela constituera une réponse importante à ceux qui tentent déjà de diluer la mémoire du 7 octobre.
En Israël, on comprend bien le prix du déni. D’abord, les terroristes filment les crimes avec des caméras. Ensuite, leurs partisans qualifient ces images de « propagande ». Puis, les activistes internationaux exigent un « équilibre » là où il s’agit d’un massacre de civils.
Le procès doit se dérouler de manière à ce que les futurs négationnistes aient le moins d’espace possible pour manipuler.
Pas avec des slogans. Pas avec des cris. Pas avec vengeance.
Avec des preuves.
Ce qui va se passer ensuite
D’ici 2029, Israël devra créer une infrastructure qui résistera non pas à un jour retentissant dans les gros titres, mais à des années de travail procédural. Ce sera un chemin difficile : avec des débats juridiques, des critiques internationales, des affrontements politiques internes et des témoignages douloureux.
Mais l’État, qui a vécu le 7 octobre, n’a pratiquement pas d’autre choix.
Si les terroristes du Hamas ont transformé le meurtre d’Israéliens en spectacle pour leurs caméras, Israël doit répondre non pas par un spectacle similaire, mais par un procès où chaque image, chaque voix, chaque document et chaque verdict auront du poids.
Pour les familles des victimes, cela ne ramènera pas leurs proches.
Pour les survivants, cela n’annulera pas la nuit qui continue à l’intérieur de la mémoire.
Mais pour le pays, cela peut devenir un moment où la douleur se transforme en vérité juridiquement formalisée. Et c’est précisément cette vérité dont Israël a besoin autant que de la punition.
