Le 24 mars 2026, l’ambassade d’Ukraine en Israël a publiquement remercié les sponsors israéliens et en particulier le fonds de Leonid Nevzlin pour leur soutien aux écoles ukrainiennes à Kharkiv et Zaporijia. Il ne s’agit pas d’un geste symbolique ni d’une belle formule diplomatique pour les réseaux sociaux : selon la mission diplomatique, grâce à cette aide, il a été possible de renforcer la base matérielle et technique des « écoles souterraines » et de les équiper d’équipements modernes, y compris des panneaux interactifs.
Sur fond de rapports incessants sur les drones, les missiles et les victimes, cette nouvelle peut sembler discrète. Mais en réalité, elle en dit beaucoup sur la guerre. Quand un pays construit des écoles sous terre, ce n’est plus une mesure temporaire en cas d’alerte. C’est la reconnaissance que la guerre va durer longtemps et que l’État essaie de préserver pour les enfants non pas un abstrait « droit à l’éducation », mais l’habitude même d’une vie normale.
Pourquoi cette histoire est bien plus importante qu’un simple rapport de charité
Dans le message de l’ambassade, il est clairement indiqué que le soutien a aidé à surmonter la barrière entre les exigences de sécurité et un processus éducatif de qualité. C’est une formulation très précise. L’Ukraine vit depuis longtemps dans une réalité où l’école ne peut plus être simplement un bâtiment avec des classes, des couloirs et un gymnase. Dans les régions proches du front et vulnérables, l’école doit d’abord résister à la guerre — et seulement ensuite enseigner.
Pour le lecteur israélien, il n’est pas nécessaire d’expliquer longuement. Israël sait aussi ce que c’est que d’étudier sous les sirènes, des abris près des jardins d’enfants et la question constante des parents : qu’est-ce qui est le plus important à ce moment — le programme, la discipline, la socialisation ou simplement la chance de faire passer la journée à l’enfant sans nouveau traumatisme. C’est pourquoi l’histoire des écoles souterraines en Ukraine est lue en Israël non pas comme une chronique humanitaire étrangère, mais comme une conversation compréhensible sur la survie de la société civile.
En ce sens, l’aide israélienne ne semble pas être un soutien extérieur à un « pays lointain », mais une participation à une tâche très concrète : comment préserver l’école pour les enfants là où l’ennemi détruit systématiquement l’idée même d’une enfance normale.
Comment les écoles souterraines sont devenues une nouvelle infrastructure de guerre et de survie
À Kharkiv, ces écoles ne ressemblent plus depuis longtemps à une expérience isolée. Reuters rapportait en septembre 2025 que dans la ville, qui reste une cible constante des attaques russes, les écoles souterraines accueillaient déjà environ 17 000 enfants, et sept de ces établissements étaient en activité au début de l’année scolaire. En janvier 2026, « Pravda Ukrainienne » écrivait sur l’ouverture d’une nouvelle phase d’une école souterraine dans le district de Kholodnogorsk : neuf classes, enseignement en deux équipes, prévu pour environ mille enfants, et après l’achèvement du projet — pour deux mille élèves en format mixte.
La direction de Zaporijia est tout aussi révélatrice. Là, les écoles souterraines sont devenues une partie d’un modèle régional distinct, car l’enseignement en présentiel pour un grand nombre d’enfants est trop dangereux. Les sources officielles ukrainiennes et les publications internationales rapportaient déjà en 2025 la construction et le lancement d’une série de ces établissements dans la région ; à l’automne, leur réseau s’était déjà considérablement élargi. Il était souligné que ces locaux étaient créés précisément comme des espaces éducatifs à part entière, et non simplement comme des abris anti-bombes avec des bureaux.
Et c’est ici que le véritable sens de l’aide en équipement devient clair. Construire un espace sûr n’est que la moitié de la tâche. Si à l’intérieur il n’y a pas de moyens modernes d’enseignement, d’environnement normal pour l’enseignant et les élèves, la possibilité de donner des cours non en mode « juste pour passer l’alerte », alors l’école souterraine risque de se transformer simplement en hangar protégé. Et quand des panneaux interactifs et une infrastructure éducative complète y apparaissent, l’espace cesse d’être seulement un abri. Il redevient une école.
C’est à cet endroit que l’histoire dépasse le cadre d’une simple nouvelle de charité. Parce qu’il ne s’agit plus seulement de survie, mais de la qualité de la survie. Pas seulement cacher les enfants. Leur donner la chance d’apprendre de manière à ce que la guerre ne leur vole pas aussi l’avenir.
Pourquoi c’est important pour Israël et ce qu’il faut entendre de plus large dans cette histoire
Pour Israël, ce sujet est important à plusieurs niveaux. Le premier — moral et humain. Quand des sponsors israéliens aident les enfants ukrainiens à étudier dans un environnement sûr, ce n’est pas une abstraction diplomatique, mais une solidarité très concrète avec une société qui vit depuis quatre ans sous les frappes massives de la Russie.
Le deuxième niveau — politique. La guerre russe contre l’Ukraine est depuis longtemps devenue une guerre non seulement contre l’armée et l’infrastructure, mais aussi contre la normalité quotidienne. Les frappes sur les écoles, l’énergie, les quartiers résidentiels et la psyché des enfants s’inscrivent dans une stratégie : rendre la vie normale trop chère, trop fragile, presque impossible. Dans ce contexte, toute aide qui redonne aux enfants le rythme, l’apprentissage, le contact vivant avec l’enseignant et le sentiment du lendemain fonctionne plus fort qu’il n’y paraît dans un communiqué de presse sec.
Et le troisième niveau — l’expérience israélienne. Israël comprend trop bien ce que c’est que de construire un système de vie autour de la menace, et non après sa disparition. C’est pourquoi l’histoire dont a parlé l’ambassade est lue ici de manière particulièrement aiguë. Elle montre que le lien ukraino-israélien aujourd’hui ne passe pas seulement par la politique, les armes ou les déclarations retentissantes. Parfois, il passe par un tableau de classe sous terre, par l’écran d’un panneau interactif, par une leçon qui a quand même eu lieu, bien que la guerre se poursuive au-dessus.
Ce n’est pas un hasard si de tels sujets apparaissent de plus en plus souvent dans le focus de НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency. Parce que c’est précisément en eux que l’on voit le mieux l’essentiel : la véritable solidarité entre Israël et l’Ukraine ne se mesure pas par des slogans, mais par le fait que quelques centaines d’enfants ont pu conserver l’école, l’habitude d’apprendre et le sentiment que les adultes ne les ont pas laissés seuls face à la guerre.
C’est pourquoi la nouvelle de l’aide aux écoles souterraines n’est pas une petite histoire gentille sur fond d’horreur immense. C’est une partie de la grande réponse à la guerre. Silencieuse, pratique et très précise.
