38 listes ont été soumises pour les élections à la Knesset de la 26e législature — du « Likoud », d’Eisenkot et de l’union de Bennett avec Lapid aux « Pirates », « Paradis » et au candidat en couronne. Mais la question principale n’est pas l’exotisme : plusieurs petits partis se trouvent près du seuil de 3,25 %, et c’est précisément leur résultat qui peut changer la composition du prochain gouvernement israélien.
Auteur : Lev Varshavsky
Le 8 septembre 2026, la soumission des listes pour les élections à la Knesset de la 26e législature s’est achevée en Israël. La Commission électorale centrale a reçu 38 candidatures. Le vote est prévu pour le 27 octobre 2026, mais il est encore trop tôt pour parler définitivement de 38 participants : la CEC doit vérifier les candidats, les noms et les désignations alphabétiques des listes. L’approbation finale est attendue pour le 27 septembre.
Le nombre 38 n’est pas un record pour Israël. En 2022, 40 listes ont été soumises, et lors de l’une des élections de 2019, 47. Le système proportionnel israélien permet à des projets politiques relativement petits d’atteindre un niveau national, mais pour obtenir des mandats, il est nécessaire de franchir le seuil de 3,25 %.
Si un parti ne franchit pas le seuil, ses voix ne sont pas « transférées » aux vainqueurs, mais sont exclues du calcul de la répartition des 120 mandats. En 2022, MERETZ a obtenu 150 793 voix, environ 3,16 %, et est resté sans sièges à la Knesset. C’est pourquoi quelques dixièmes de pourcentage peuvent changer non seulement le destin d’un parti, mais aussi l’équilibre d’un camp politique entier.
Les 38 listes et qui les dirige
1. ביחד — « Ensemble ». La liste est dirigée par Naftali Bennett, avec Yair Lapid en deuxième position. C’est l’une des plus grandes nouvelles unions de la campagne et l’un des principaux concurrents du « Likoud » et du parti de Gadi Eisenkot.
2. ישר! עם איזנקוט — « Droit ! avec Eisenkot ». À sa tête se trouve l’ancien chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eisenkot. Dans les derniers sondages, son projet figure parmi les leaders de la campagne et prétend à la première place en nombre de mandats.
3. שרשר — לאהבה ואחדות העם — « Sharsher — pour l’amour et l’unité du peuple ». Le leader est Eitan Shvili, connu sous le nom de Sharsher. Lors de la soumission des documents, il est venu en robe bleue et couronne, et a appelé la femme en deuxième position sa « reine ». Parmi les thèmes déclarés figurent l’aide aux personnes souffrant de syndrome post-traumatique et aux vétérans.
4. השותפות לכולם — « Partenariat pour tous ». La liste est dirigée par Talal al-Krinawi de Rahat. C’est l’un des plusieurs petits projets arabes participant aux élections séparément de RAAM et de la Liste unifiée.
5. הפיראטים צפים לטוב — « Les Pirates voguent vers le meilleur ». À la direction de la liste figurent Ohad Shem-Tov et Noam Kozar. Les « Pirates » israéliens participent déjà aux élections depuis un certain temps, et en 2026, une attention supplémentaire leur a été attirée par le professeur d’économie comportementale Dan Ariely.
6. עמך ישראל — « Ton peuple, Israël ». Le leader est l’ancien général de brigade de Tsahal Ofer Winter. Yosef Haddad est en deuxième position. Winter positionne le projet comme un parti de droite et a déclaré qu’il ne se voyait que dans un gouvernement de droite.
7. ישראל תחילה — « Israël d’abord ». À sa tête se trouve Sharren Haskel. Le projet a également été rejoint par une structure politique liée au mouvement « Ale Yarok ».
8. גן עדן — « Paradis ». Le leader est Yeshua Ben-David. Il se présente comme candidat au poste de Premier ministre et ministre des Finances, parle d’un État partiellement fondé sur la Halakha, promet l’annulation des dettes et des hypothèques et déclare vouloir devenir prêtre au Temple.
9. קול הנשים — « La voix des femmes ». La liste est dirigée par le Dr Mazal Shaul. Le projet est construit autour d’une représentation politique féminine distincte.
10. ביחד נצליח — « Ensemble, nous réussirons ». À la tête de la liste se trouve l’entrepreneur Avi Shaked. C’est un projet arabo-juif, dont l’un des créateurs est l’activiste social Drar Americh de Tamra.
11. ישראל ביתנו — « Notre maison Israël ». Le leader reste Avigdor Liberman. Le parti se présente à nouveau aux élections en tant que force indépendante et occupe une place stable dans le camp de l’opposition.
12. משפט צדק — « Justice équitable ». La liste est dirigée par le Dr Larisa Amir-Trembovler. C’est l’un des petits projets mettant l’accent sur l’agenda judiciaire et socio-politique.
13. שמע — « Écoute ». À sa tête se trouve Naftali Goldman. Le parti fait partie des petites listes religieuses de la campagne actuelle.
14. עוצמה יהודית — « Force juive ». Le leader est Itamar Ben-Gvir. Lors de ces élections, le parti se présente séparément, malgré les tentatives de consolidation du camp de droite autour d’autres projets religieux-nationaux.
15. סדר חדש — « Nouvel ordre ». La liste est dirigée par l’avocat Avital Ofek. Il a déjà participé aux campagnes électorales précédentes avec des idées de réforme politique et étatique.
16. המילואימניקים והכלכלית — « Les réservistes et le parti économique ». Le projet est dirigé par Yoaz Hendel et l’économiste Yaron Zelekha. En troisième position se trouve l’ancienne députée Einat Wilf. Dans certains sondages, l’union franchit le seuil et obtient quatre mandats.
17. הדמוקרטים — « Les Démocrates ». Le leader est Yair Golan. Le parti occupe le segment de gauche et centre-gauche et est l’une des forces parlementaires notables de l’opposition.
18. רע״ם — « Liste arabe unifiée ». La liste est dirigée par Mansour Abbas. Le parti se présente à nouveau de manière indépendante et concurrence pour l’électorat arabe avec la Liste unifiée et des projets arabes plus petits.
19. ש״ס — « Shas ». Le leader est Aryeh Deri. C’est l’un des deux plus grands partis haredim d’Israël et un participant traditionnel à la lutte pour la formation de la coalition.
20. הציבור החרדי — « Public haredi ». La liste est dirigée par Moti Leitner. C’est l’un des plusieurs petits projets haredim apparus aux côtés de Shas et de « Yahadut HaTorah ».
21. אני ואתה — מפלגת העם הישראלית — « Toi et moi — le parti populaire israélien ». À sa tête se trouve l’avocat et docteur Alon Giladi. Le nom même souligne la tentative de présenter le projet comme une alternative aux structures partisanes traditionnelles.
22. ברית עולם לגאולת ישראל — « Alliance éternelle pour la rédemption d’Israël ». Le leader est Ofer Lifshitz. Le nom du parti combine les idées d’une alliance éternelle et de la rédemption religieuse d’Israël.
23. תיקון שיטת הבחירות והממשל — « Réforme du système électoral et de la gouvernance ». En première position se trouve Moshe Salomovich. Le programme politique est pratiquement énoncé directement dans le nom : l’accent principal est mis sur le changement des règles de gouvernance et des élections.
24. הגוש התנ״כי — « Bloc biblique ». À sa tête se trouve Dennis Lipkin. C’est un projet politico-religieux distinct, qui ne fait pas partie du bloc Smotrich ou des grands partis haredim.
25. בטח — ביטחון חברתי — « Sécurité sociale ». Le leader est Semion Grafman. Le parti met l’accent sur la protection sociale et économique des citoyens.
26. אורות השחר — « Lumière de l’aube ». La liste est dirigée par Benayahu Har-Shemesh. Le projet se positionne comme une force sociale de droite distincte.
27. ביטחון אישי — « Sécurité personnelle ». En première position se trouve Michael Topchiashvili. Le nom même montre l’accent principal du projet — la sécurité intérieure et la protection des citoyens.
28. צבע שחור — מגן עולם התורה — « Couleur noire — protecteur du monde de la Torah ». À sa tête se trouve le rabbin Eliyahu Boimrind. C’est une autre petite liste religieuse haredi des élections actuelles.
29. הליכוד — « Likoud ». Le leader est Benjamin Netanyahu. Le parti reste le principal centre du camp de droite actuel et l’un des principaux prétendants à la formation du prochain gouvernement.
30. כחול לבן — « Bleu et blanc ». La liste est dirigée par Benny Gantz. Le principal problème pour lui maintenant est le seuil électoral : une partie des derniers sondages donne au parti un résultat nettement inférieur aux 3,25 % nécessaires.
31. הציונות הדתית וזהות — « Sionisme religieux et Zehut ». En première position se trouve Bezalel Smotrich, en deuxième Moshe Feiglin. L’union est en grande partie technique : l’objectif est de réduire le risque de perte de voix du camp de droite en raison de la non-franchissement d’un des partis.
32. תנועת אח״י — « Mouvement AHI ». La liste est dirigée par le rabbin Yuval Elimelech. C’est un autre projet religieux indépendant parmi les nombreuses petites listes de la campagne.
33. צומת — בית ישראל — « Carrefour — Maison d’Israël ». Le projet réunit Moshe Green et l’ancien député Gadi Yevarkan. Il tente d’occuper une niche distincte sur le terrain de droite et socialement conservateur.
34. תקומה — « Renaissance ». Le leader est Elkana Federman. Le 7 octobre 2023, il était responsable de la sécurité du festival Nova, a été blessé et a participé au sauvetage des gens. En politique, il se présente avec l’idée de renforcer la représentation de la génération des réservistes et des participants à la guerre.
35. הרשימה המשותפת — « Liste unifiée ». HADASH, TAAL et BALAD se présentent à nouveau ensemble. En première position se trouve Yousef Jabareen, en deuxième Ahmad Tibi, en troisième Sami Abu Shehadeh.
36. הקהל — « Assemblée ». À sa tête se trouve le rabbin Shlomo Elboim. C’est une liste haredi générale participant séparément des principaux partis ultra-orthodoxes.
37. יהדות התורה — « Judaïsme de la Torah ». En première position se trouve Yaakov Asher, suivi d’Itzhak Goldknopf et Itzhak Pindrus. Le parti reste l’une des principales forces haredim et un participant traditionnel aux négociations de coalition.
38. נעם לישראל — « Noam pour Israël ». Le leader est Avi Maoz. Le parti se présente aux élections séparément et adopte une position religieusement conservatrice stricte.
Pourquoi les petits partis comptent quand même
Une liste qui n’a pas pu franchir le seuil de 3,25 %, mais qui a obtenu plus de 1 % des voix valides, peut prétendre à une unité de financement public de la campagne électorale. Lors des élections à la Knesset de la 26e législature, la taille de cette unité est d’environ 1,835 million de shekels.
Cela ne signifie pas que l’État paie des millions simplement pour l’enregistrement. Pour obtenir une compensation, il est nécessaire de recueillir un nombre significatif de voix réelles. Mais le seuil de 1 % crée un objectif intermédiaire pour un parti qui ne s’attend pas à obtenir immédiatement quatre mandats.
Lors des élections de 2026, les règles des désignations alphabétiques ont également changé. Désormais, une liste peut utiliser une combinaison de jusqu’à trois lettres hébraïques. Dans le bulletin, des variantes formant des mots sont donc apparues, par exemple דרך — « chemin », צדק — « justice » et בקר — « matin ».
Simultanément, des disputes ont surgi pour certaines désignations. Plusieurs projets voulaient obtenir la lettre ב ; les combinaisons כן et בי ont également été demandées par plus d’une liste. La CEC doit prendre en compte les droits antérieurs des partis et le consentement des détenteurs des désignations, c’est pourquoi l’apparence finale du bulletin sera déterminée après vérification.
Mais pour NAnews — Nouvelles d’Israël, l’intrigue principale de cette campagne n’est pas dans les « Pirates », la couronne de Sharsher ou le nom « Paradis ». La plupart de ces projets resteront presque certainement loin de la Knesset. La véritable menace pour les grands camps est créée par les partis qui obtiennent environ 2 à 4 % et se trouvent à quelques dixièmes de pourcentage du seuil.
C’est pourquoi Smotrich a préféré s’unir à Feiglin, tandis que Ben-Gvir et Ofer Winter se présentent seuls. De l’autre côté, Gantz a conservé une liste séparée malgré de faibles sondages, tandis que Hendel et Zelekha se sont unis et, dans certaines études, franchissent déjà le seuil.
Pour la future coalition, cela a une signification directe. Si un parti obtient 3,3 %, il entre à la Knesset avec environ quatre mandats. Si le résultat tombe à 3,2 %, il obtient zéro. Une différence d’un dixième de pourcentage peut simultanément retirer du parlement un partenaire potentiel et augmenter la part relative des voix de tous les partis passés.
C’est pourquoi après le 27 octobre, il sera important de regarder non seulement le vainqueur. La somme des voix des partis qui se sont arrêtés juste en dessous de 3,25 % sera tout aussi significative. C’est là que des dizaines ou même des centaines de milliers de voix peuvent disparaître, modifiant ensuite l’équilibre des forces entre les deux blocs.
38 listes montrent une caractéristique de la politique israélienne : il est relativement facile de se lancer dans des élections nationales, mais transformer une idée politique en sièges à la Knesset est beaucoup plus difficile. Dans un même bulletin se retrouvent d’anciens premiers ministres, des généraux, des partis ultra-orthodoxes, des mouvements arabes, des économistes, des « Pirates », des activistes religieux et une personne en couronne.
NAnews — Nouvelles d’Israël continuera à suivre quels listes la CEC approuvera finalement le 27 septembre, quelles désignations elles recevront et qui s’approchera de la date du 27 octobre tout près du seuil critique de 3,25 %.
