Le réalisateur ukrainien Sergueï Loznitsa, l’un des auteurs les plus en vue du cinéma européen contemporain, sera l’invité d’honneur du Festival du film de Jérusalem 2026.
Il participera à la cérémonie d’ouverture, recevra une distinction spéciale du festival et présidera le jury du concours israélien.
Pour Israël, cet événement dépasse le cadre d’une simple affiche de cinéma. À Jérusalem arrive un réalisateur dont les films ont été projetés pendant de nombreuses années dans les plus grands festivals européens, et dont le travail sur les thèmes de la mémoire, de la guerre, de la violence, des archives et de la responsabilité humaine est bien compris par le public israélien.
En 2026, le Festival du film de Jérusalem se tiendra du 9 au 19 juillet. Ce sera déjà la 43e édition du principal forum cinématographique international d’Israël.
Loznitsa à Jérusalem : pourquoi c’est important
Sergueï Loznitsa est né en 1964, a grandi en Ukraine et est devenu l’un des réalisateurs les plus connus travaillant à l’intersection du cinéma documentaire, d’archives et de fiction.
Ses films ont été projetés à Cannes, Venise, Berlin, Karlovy Vary et sur d’autres grandes scènes internationales.

Pour le Festival du film de Jérusalem, Loznitsa n’est pas un inconnu. Plusieurs de ses films y ont déjà été projetés, et les œuvres « Invasion » et « Babi Yar. Contexte » ont été reconnues par le festival.
Pour Israël, c’est un sujet particulièrement sensible : le film sur Babi Yar est lié non seulement à l’histoire ukrainienne, mais aussi à la mémoire juive, à l’Holocauste, à la responsabilité de la société et à la manière dont le cinéma peut parler de tragédie sans simplification.
Maintenant, Loznitsa revient à Jérusalem non seulement en tant que participant au programme. Il deviendra l’invité d’honneur du festival et le président du jury du concours israélien.
Cela signifie qu’il évaluera les films créés en Israël et parlant de la réalité israélienne de l’intérieur.
À une époque où la culture israélienne est confrontée à des pressions sur les scènes internationales, la présence à Jérusalem d’auteurs de ce niveau devient un signal important. Le cinéma israélien continue de faire partie de la scène culturelle mondiale, et le festival de Jérusalem reste un lieu où se rendent réalisateurs, producteurs, conservateurs et critiques de différents pays.
Quand et où se tiendra le festival
Le 43e Festival du film de Jérusalem se tiendra du 9 au 19 juillet 2026 – https://jff.org.il/.
La cérémonie d’ouverture aura lieu à la Piscine du Sultan — l’un des lieux ouverts les plus reconnaissables de Jérusalem. C’est là que le festival rassemble traditionnellement un large public, des invités, des représentants de l’industrie cinématographique et des participants au programme.
Le film d’ouverture sera Tell Me Everything du réalisateur israélien Moshe Rosenthal. La projection est prévue pour le 9 juillet à 20h00 et se déroulera en présence des créateurs et des acteurs.
Les principales scènes du festival sont la Cinémathèque de Jérusalem, Lev Smadar, Yes Planet, ainsi que des espaces urbains spéciaux.
Ce n’est pas une seule salle ni une série de premières séparées, mais un grand festival urbain qui transforme Jérusalem en centre du cinéma israélien et international pendant dix jours.
Pour les lecteurs de NAnovosti — Nouvelles d’Israël, cette histoire est importante aussi parce qu’elle montre que la vie culturelle en Israël ne s’arrête pas même dans les périodes les plus difficiles.
Jérusalem non seulement accueille des films, mais forme également une conversation sur la façon dont le cinéma peut parler de guerre, de mémoire, de société, de liberté d’expression et de l’avenir du pays.
Qui participe et ce qui sera au programme
Selon les organisateurs et les médias israéliens, plus de 25 invités internationaux se rendront au festival en 2026.
Parmi eux, des réalisateurs, producteurs, acteurs, conservateurs de festivals et représentants de l’industrie cinématographique d’Allemagne, de France, de Suisse, d’Argentine, des États-Unis et d’autres pays.
Parmi les participants et membres du jury figurent Corinna Harfouch, Angela Schanelec, le directeur du festival de Mar del Plata Jorge Stamadianos, la productrice et critique française Hélène Schuman, la conservatrice de cinéma américaine Alissa Simon.
Du côté israélien, le jury comprend Roni Aboulafia, Nir Bergman et Yona Rozenkier.
Le programme du festival comprend un concours international, des films israéliens de fiction, des documentaires, des courts métrages, des débuts, des projections spéciales, des classiques, des œuvres expérimentales et des sections thématiques distinctes.
Parmi les directions annoncées figurent International Competition, Masters, Gala, Panorama, Debuts, Spirit of Freedom, On the Radar, JFF Classics, ainsi que des programmes de cinéma israélien de fiction, documentaire et court métrage.
La partie israélienne du programme occupe une place particulière. Le festival présente de nouvelles œuvres de réalisateurs locaux, offre une plateforme aux documentaristes, soutient les courts métrages et aide les films à atteindre un public professionnel international.
Pour les auteurs, c’est l’occasion de présenter leurs projets non seulement aux spectateurs, mais aussi aux producteurs, aux fonds, aux critiques et aux sélectionneurs de festivals.
Le programme comprendra également des films déjà remarqués dans les grands festivals internationaux. Le Festival du film de Jérusalem rassemble traditionnellement des œuvres qui ont déjà été présentées à Cannes, Berlin, Saint-Sébastien, Toronto, Rotterdam, Tribeca, SXSW et d’autres scènes importantes.
Industrie, pitchs et discussion sur l’avenir du cinéma israélien
Du 9 au 12 juillet, des journées industrielles auront lieu dans le cadre du festival. C’est la partie professionnelle du programme, où sont discutés de nouveaux projets, le financement, la coopération internationale, le montage, la promotion des films et l’état de l’industrie cinématographique.
L’un des événements centraux sera le Pitch Point, qui se tiendra pour la 18e fois en 2026. C’est une plateforme pour les projets de longs métrages en phase de production ou de montage.
Des prix et des subventions de montage d’un montant de 100 000 shekels sont prévus pour les participants.
Le Pitch Point Shorts se tiendra séparément en collaboration avec le Gesher Multicultural Film Fund. Dans ce programme, sept projets de courts métrages indépendants concourront pour une subvention de 250 000 shekels.
Il y aura également des pitchs étudiants, des initiatives documentaires, des rencontres professionnelles et le concours YerushalAim, dédié à la création de films utilisant des outils d’intelligence artificielle.
Cela montre que le festival ne se limite pas à la projection de films finis. Il fonctionne comme une plateforme complète pour le cinéma de demain — de l’idée et du scénario au montage, au financement et à la sortie au public.
Une place particulière sera accordée aux discussions sur l’état du cinéma israélien après le 7 octobre. Le programme prévoit des discussions sur la liberté d’expression, la création conjointe entre Juifs et Arabes, la pression sur les auteurs, les annulations, la réaction internationale et l’avenir de l’industrie locale.
L’un des événements finaux sera la discussion « Qui sauvera mon film ? », où réalisateurs, producteurs, fonds et associations professionnelles parleront de la manière dont le cinéma israélien peut survivre et se développer dans une nouvelle réalité.
C’est pourquoi NAnovosti — Nouvelles d’Israël considère ce festival non seulement comme un événement culturel, mais aussi comme une conversation publique importante.
À Jérusalem, on parlera non seulement de films, mais aussi de la place d’Israël dans le monde, du droit des auteurs israéliens à être entendus et de la manière dont la culture réagit au traumatisme, à la guerre et à la pression politique.
Histoire du Festival du film de Jérusalem
Le Festival du film de Jérusalem a commencé le 17 mai 1984.
Le premier film était Le Bal du réalisateur Ettore Scola. Le premier festival a duré environ trois semaines, avec environ 100 films projetés, y compris des premières israéliennes et des films internationaux importants de l’année.
Parmi les invités du premier festival figuraient Lillian Gish, Jeanne Moreau, Warren Beatty et John Schlesinger.
Il était déjà clair que Jérusalem ne prétendait pas être un événement local pour un cercle restreint de spectateurs, mais un forum cinématographique international à part entière.
Le rôle clé dans la création du festival a été joué par Lia van Leer — fondatrice de la Cinémathèque de Jérusalem, des Archives cinématographiques israéliennes et l’une des figures les plus importantes de l’histoire de la culture cinématographique israélienne.
Grâce à son travail, une institution est apparue à Jérusalem, qui a réuni archives, espace éducatif, festival et plateforme professionnelle pour les auteurs.
Au fil des décennies, le festival est devenu le principal forum cinématographique d’Israël. Aujourd’hui, il dure environ dix jours, présente des centaines de films dans des programmes compétitifs et non compétitifs, révèle de nouveaux noms, ramène des classiques sur grand écran et aide le cinéma israélien à rester partie intégrante de la conversation internationale.
Pourquoi cet événement dépasse le cadre de l’affiche de cinéma
La venue de Sergueï Loznitsa en Israël est importante à plusieurs égards.
Premièrement, c’est la participation d’un réalisateur de niveau européen, dont la filmographie est liée aux thèmes de la mémoire historique, du témoignage documentaire, de la violence et de la responsabilité morale. Pour le festival, cela renforce le statut international du programme.
Deuxièmement, Loznitsa travaillera précisément avec le concours israélien. Cela signifie que l’attention sera dirigée non seulement sur lui en tant qu’invité, mais aussi sur les films israéliens qu’il évaluera avec les autres membres du jury.
Troisièmement, le festival se déroule à un moment où la culture israélienne a besoin d’une conversation professionnelle, honnête et ouverte avec le monde.
Le Festival du film de Jérusalem offre une telle plateforme — non pas avec des slogans, mais avec un programme, des invités, des premières, des discussions et des rencontres.
En ce sens, le 43e Festival du film de Jérusalem devient non seulement un événement culturel estival. Il montre qu’Israël continue de parler au monde par le langage du cinéma, de la mémoire, de l’art et de l’expérience humaine.
Et la venue du réalisateur ukrainien Sergueï Loznitsa rend cette histoire particulièrement visible : à Jérusalem arrive un auteur dont le cinéma travaille depuis longtemps sur des thèmes qui sont trop bien compris à la fois en Ukraine et en Israël.
