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L’ONU rapporte une baisse, mais la crise n’est pas terminée

Pour la première fois depuis une décennie, le nombre de personnes dans le monde forcées de quitter leur foyer en raison de guerres, de persécutions, de catastrophes et de la destruction de la vie normale a diminué. C’est ce qui est indiqué dans le nouveau rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés publié le 11 juin 2026.

À première vue, le chiffre semble être un rare signal positif : en 2025, le nombre total de personnes déplacées de force a diminué de 5,4 millions de personnes, soit environ 4%.

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Mais derrière ces statistiques, il n’y a pas de sentiment de victoire. Même après la baisse, il s’agit de 117,8 millions de personnes qui ne vivent pas là où elles vivaient auparavant, pas comme elles vivaient auparavant, et qui souvent ne savent pas si elles pourront un jour revenir à une vie normale.

Pour le public israélien, ce sujet ne semble pas lointain. Israël comprend bien ce que signifie vivre à côté de la guerre, l’évacuation, les familles sans maison, les enfants anxieux et les personnes qui ne peuvent pas retourner dans leurs villes pendant des mois. C’est pourquoi le rapport de l’ONU n’est pas seulement une statistique internationale, mais un miroir d’une époque entière où les guerres changent la démographie plus rapidement que la diplomatie ne peut réagir.

Selon le HCR, en 2025, le nombre de réfugiés s’élevait à 35,6 millions de personnes, et celui des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays à 68,6 millions. Ces dernières restent dans les limites de leur pays, mais perdent en fait leur maison, leur travail, leur environnement habituel et leur sécurité.

Pourquoi les chiffres ont-ils diminué

La principale raison de la baisse est le retour massif des personnes dans leurs pays et régions d’origine. En 2025, le nombre de ces retours a augmenté de 50% par rapport à l’année précédente et a dépassé 14,7 millions de personnes.

C’est l’un des plus grands chiffres de toute l’histoire de 60 ans des observations du HCR.

4,4 millions de réfugiés et 10,3 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays sont retournés à leur lieu de résidence permanent. Une augmentation particulièrement notable des retours a été enregistrée en Afghanistan, au Soudan et en Syrie.

Cependant, le rapport contient une mise en garde importante : tous ne sont pas revenus volontairement et en toute sécurité. Dans de nombreux cas, les gens ont quitté les pays d’accueil non pas parce que la situation était devenue calme chez eux, mais parce que la vie en exil devenait trop difficile.

La hausse des prix, la pauvreté, le manque de travail, la pression sur les systèmes d’aide, la fatigue des sociétés d’accueil et la réduction des programmes humanitaires poussaient les gens à revenir — parfois dans des zones détruites, parfois dans des conditions instables, parfois là où la menace n’avait pas disparu.

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C’est pourquoi la réduction du chiffre global ne peut être interprétée comme la fin de la crise. Elle montre non seulement un mouvement vers une solution, mais aussi la pression sur ceux qui vivent depuis des années entre une vie passée et un avenir impossible.

Des millions de personnes restent piégées dans l’exil

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Barham Salih, en présentant le rapport annuel sur les tendances mondiales, a souligné que l’ampleur du déplacement forcé reste inacceptablement élevée.

Selon le HCR, environ 70% des réfugiés continuent de vivre dans des conditions d’exil prolongé. Cela signifie des années sans statut clair, sans revenu stable, sans planification normale de l’avenir pour les enfants et la famille.

Presque autant — 68% — se trouvent dans des pays à revenu faible et intermédiaire. Cela signifie que la charge principale n’est pas supportée par les pays les plus riches du monde, mais par des pays qui sont eux-mêmes souvent confrontés à des problèmes économiques, sociaux et politiques.

Pour les lecteurs de НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency, la conclusion n’est pas seulement humanitaire, mais aussi politique : le système mondial d’asile repose sur des États surchargés, et non sur de belles déclarations. Lorsque les crises se prolongent, les réfugiés deviennent une partie de la politique intérieure des pays d’accueil, et le thème de la migration se transforme en un outil de pression, d’élections et de négociations internationales.

Barham Salih l’a formulé durement : pour trop de réfugiés, le déplacement sauve des vies, mais devient lui-même une condamnation.

Et c’est peut-être la phrase clé de tout le rapport. Une personne échappe à la guerre, mais dépend ensuite pendant des années de l’aide humanitaire, vit dans la pauvreté et n’a pas de véritable issue — ni intégration complète, ni retour en sécurité, ni réinstallation dans un pays tiers.

Objectif du HCR d’ici 2035

L’ONU se fixe pour objectif de réduire de plus de moitié d’ici 2035 le nombre de réfugiés vivant dans un déplacement prolongé et dépendant de l’aide humanitaire.

Pour cela, il est proposé d’élargir plusieurs axes : retour volontaire, réinstallation dans des pays tiers, visas humanitaires, regroupement familial, programmes éducatifs, accès au travail et à l’autonomie financière.

Un accent particulier est mis sur l’inclusion des réfugiés dans les systèmes nationaux d’éducation, de santé, de services financiers et de marchés du travail. La logique est claire : si une personne peut travailler, étudier, payer des impôts et subvenir aux besoins de sa famille, elle dépend moins des organisations humanitaires et contribue davantage à l’économie du pays d’accueil.

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Mais pour cela, il faut des investissements, une volonté politique et la volonté des États de voir dans les réfugiés non seulement un problème, mais aussi des personnes avec des professions, des compétences, des familles et un potentiel.

Le HCR appelle également à créer des conditions permettant aux réfugiés de gagner suffisamment pour vivre au-dessus du seuil de pauvreté officiel dans les pays d’accueil. Sans cela, les discours sur l’autonomie restent une belle formule, et non une politique réelle.

Ukraine, Soudan, Syrie et Moyen-Orient : où la crise est la plus sévère

Plus de 70% des réfugiés et autres personnes ayant besoin de protection internationale proviennent de seulement six pays : Afghanistan, Venezuela, Syrie, Soudan, Ukraine et Soudan du Sud.

Cette liste montre que la carte mondiale des déplacements ne se compose pas de poussées aléatoires, mais de crises prolongées. Certaines durent des décennies, d’autres se sont brusquement aggravées après des guerres à grande échelle, d’autres encore sont le résultat de l’effondrement de l’État, de la pauvreté et de la violence.

L’Ukraine reste parmi les principales sources de déplacement forcé en raison de l’agression russe. Des millions d’Ukrainiens ont été contraints de partir à l’étranger ou de quitter leur foyer à l’intérieur du pays. Pour Israël, la direction ukrainienne a une signification particulière : une grande communauté russophone et ukrainophone y vit, beaucoup ont des proches en Ukraine, et la guerre influence directement les liens sociaux, la politique de la mémoire et l’attitude envers la sécurité.

Les plus grands pays d’accueil en 2025 étaient la Colombie — 2,8 millions de personnes, l’Allemagne — 2,7 millions, la Turquie — 2,4 millions, l’Ouganda — 1,9 million, l’Iran — 1,7 million, le Tchad — 1,5 million et le Pakistan — 1,3 million.

Cette géographie est importante. Elle montre que les réfugiés restent le plus souvent près de la région de crise, et ne se rendent pas à l’autre bout du monde. Par conséquent, les États voisins subissent le premier et le plus lourd impact.

Déplacement interne et nouvelles vagues de crise

À la fin de 2025, le monde comptait 68,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. C’est 7% de moins que l’année précédente, mais cela reste un chiffre colossal.

La plus grande situation de crise restait le Soudan, où 9,1 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays. La crise soudanaise a depuis longtemps cessé d’être une nouvelle régionale : elle affecte le Tchad, l’Égypte, les routes humanitaires, la sécurité alimentaire et tout le système d’aide en Afrique.

Le rapport note également que la guerre au Moyen-Orient, qui a commencé en février 2026, a entraîné le déplacement d’environ 1 million de personnes au Liban et de 3,2 millions de personnes en Iran.

Pour Israël, ces données sont particulièrement inquiétantes. Lorsque des millions de personnes se déplacent dans des régions voisines ou proches, cela signifie presque toujours de l’instabilité, une pression accrue sur les frontières, des risques humanitaires, un renforcement des structures radicales et de nouveaux défis pour la sécurité.

НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère ces rapports non pas comme des statistiques sèches de l’ONU, mais comme une partie de l’image globale : la guerre moderne reste rarement confinée à un seul pays. Elle change les sociétés voisines, les routes de migration, les alliances politiques, le marché du travail, la sécurité et l’agenda informationnel.

Sans citoyenneté et sans protection

Une partie distincte du rapport est consacrée aux personnes apatrides. À la fin de 2025, le monde comptait environ 4,5 millions de ces personnes, soit 3% de plus que l’année précédente.

Sans citoyenneté, une personne ne peut souvent pas obtenir normalement des documents, accéder à l’éducation, à la médecine, au travail, à la propriété et à la protection juridique de base. Ce n’est pas seulement un statut bureaucratique, mais une exclusion de fait du système.

Cependant, près de 46 000 personnes dans 24 pays ont pu obtenir des documents et se débarrasser du statut d’apatride en 2025. Par rapport à des millions, c’est peu, mais pour chaque famille concernée, un tel document signifie la possibilité de recommencer une nouvelle vie.

La principale conclusion du rapport de l’ONU est prudente : le monde a vu pour la première fois depuis une décennie une diminution du nombre de personnes déplacées de force, mais cette diminution ne peut être considérée comme une solution au problème.

Tant que les guerres se poursuivent en Ukraine, au Soudan, en Syrie, au Moyen-Orient et dans d’autres régions, des millions de personnes vivront entre la peur du retour et l’impossibilité de s’installer dans un nouvel endroit. Cela signifie que la question des réfugiés reste non seulement humanitaire, mais aussi stratégique — pour l’Europe, le Moyen-Orient, Israël et tout le système international de sécurité.