À Tel-Aviv, une projection du film «Ціна правди» / Mr. Jones a eu lieu — un drame historique de la réalisatrice Agnieszka Holland sur le journaliste gallois Gareth Jones, l’un des premiers reporters occidentaux qui, en 1933, a tenté de raconter au monde la vérité sur l’Holodomor en Ukraine. La projection a été organisée par l’Ambassade de Pologne à Tel-Aviv en collaboration avec l’Ambassade d’Ukraine en Israël, ont raconté les Amis israéliens de l’Ukraine le 24 juin 2026.
Pourquoi ce film est important aujourd’hui
«Ціна правди» n’est pas seulement un film sur le passé. C’est une histoire sur la façon dont la vérité peut devenir dangereuse lorsque l’appareil d’État, la pression diplomatique, la censure et la peur s’y opposent.
Le scénario du film a été écrit par la journaliste américaine d’origine ukrainienne Andrea Chalupa, et la réalisatrice est Agnieszka Holland. Au centre de l’intrigue se trouve Gareth Jones, un journaliste du Pays de Galles qui, au début des années 1930, s’est rendu en Union soviétique et a vu ce que le pouvoir soviétique tentait de cacher : la famine massive, les villages ukrainiens détruits, la mort, le silence et l’anéantissement forcé de millions de personnes.
Pour le public israélien, ce sujet résonne particulièrement fort. Israël comprend bien que la mémoire historique n’est pas une formalité d’archives, mais une partie de la sécurité nationale, de la résilience sociale et du droit du peuple à sa propre voix. Lorsque les crimes sont tus, ils ne disparaissent pas. Ils reviennent sous de nouvelles formes — par la propagande, le déni, le cynisme et les tentatives de réécrire l’histoire.
Gareth Jones et le prix du témoignage
Un journaliste qui s’est opposé au mensonge confortable
En 1933, Gareth Jones est devenu l’un de ceux qui ont osé parler de la famine en Ukraine sous leur propre nom. Ses témoignages étaient particulièrement importants car il ne s’agissait pas de rumeurs ni de déclarations politiques, mais d’une expérience de reporter personnel : il a vu la famine de ses propres yeux et a tenté de transmettre cette vérité à la presse occidentale.
L’Holodomor de 1932-1933 est considéré comme une famine artificiellement créée qui a coûté la vie à des millions de personnes en Ukraine. Britannica le décrit comme une famine provoquée en Ukraine soviétique, et les matériaux de recherche et d’éducation sur l’Holodomor soulignent que c’était l’une des plus grandes tragédies du XXe siècle.
Le film de Holland montre non seulement la tragédie elle-même, mais aussi le mécanisme de son occultation. Le monde aurait pu en savoir plus et plus tôt, mais la vérité s’est heurtée à des calculs politiques confortables, des intérêts de carrière et le désir de ne pas irriter Moscou. En ce sens, «Ціна правди» parle non seulement de l’Ukraine des années 1930, mais de toute époque où le journalisme devient une lutte pour le droit de nommer un crime un crime.
C’est pourquoi de tels événements culturels en Israël ont une signification non seulement pour la communauté ukrainienne. Ils sont importants pour tous ceux qui comprennent que la mémoire du passé est un moyen de reconnaître le mensonge dans le présent. Dans ce contexte, НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère de telles initiatives comme faisant partie d’un lien plus large entre Israël, l’Ukraine et les communautés pour lesquelles la vérité, le témoignage et la responsabilité historique ne sont pas des mots abstraits, mais une expérience personnelle.
Tel-Aviv comme lieu de discussion sur la mémoire
L’histoire ukrainienne dans l’espace israélien
La projection du film à Tel-Aviv a été un geste de solidarité et de mémoire. La participation des missions diplomatiques polonaise et ukrainienne souligne que la discussion sur l’Holodomor a depuis longtemps dépassé le cadre de l’histoire ukrainienne uniquement. C’est un sujet européen, juif, israélien et international — sur le totalitarisme, le silence face au crime et le prix de l’indifférence.
Aujourd’hui, alors que l’Ukraine défend à nouveau son droit à la liberté et à l’existence, l’histoire de Gareth Jones résonne particulièrement de manière contemporaine. Elle pose une question qui concerne chaque société : que faire lorsque la vérité est inconfortable, mais que le silence devient complicité ?
Le film «Ціна правди» rappelle que la dignité commence par le refus de fermer les yeux.
Gareth Jones n’a pas pu arrêter la tragédie, mais son témoignage est devenu une partie de la mémoire historique que le système soviétique a tenté de détruire. Et des décennies plus tard, cette mémoire continue de parler — à Kiev, Varsovie, Londres, Tel-Aviv et partout où les gens sont prêts à écouter non pas la propagande, mais la vérité.
Pour Israël, de tels événements sont également importants car ici vivent des personnes avec des mémoires familiales diverses : d’Ukraine, de Pologne, des pays de l’ex-URSS, d’Europe et du Moyen-Orient. Lorsque Tel-Aviv projette un film sur l’Holodomor, ce n’est pas seulement une soirée ukrainienne. C’est une discussion sur la façon dont la société conserve un visage humain face au mal, qui exige toujours d’abord le silence.
