Le 2 juillet 2026, une conférence dédiée à l’Ukraine, à son rôle historique et à la manière dont le pays s’est retrouvé au centre de l’un des principaux conflits du XXIe siècle, se tiendra à Herzliya.
Lieu de l’événement — cour « Beit Keinan » / חצר « בית קינן » sur la rue Natan Alterman 51, Herzliya.
Début — 20:00.
La participation est ouverte à un large public, mais une inscription préalable est requise.
Inscription ici : https://beit-keynan.inwise.net/020726
Les organisateurs présentent la soirée sous le titre « אוקראינה חומה ומחדל » — « Ukraine : mur et échec ». La page d’inscription indique également le titre complet de la conférence : « du passé historique à la transformation en arène de confrontation entre la Russie et l’Occident collectif ». Conférencière — Nino Abesadze, journaliste, commentatrice de la chaîne 12 sur les questions russes et ancienne députée de la Knesset.

Pourquoi il est important de comprendre correctement ce titre
À première vue, la phrase “אוקראינה חומה ומחדל” peut sembler simple : Ukraine, mur, échec.
Mais en hébreu, ce n’est pas juste une série de mots, c’est un jeu avec l’une des formules historiques importantes du mouvement sioniste — “חומה ומגדל”, c’est-à-dire “mur et tour”.
C’était le nom de la méthode de création de colonies juives en Eretz-Israël avant la proclamation de l’État d’Israël. Les gens arrivaient sur place, souvent la nuit, construisaient rapidement une tour et une clôture, créant un fait de présence sur la terre.
Sur l’affiche, cependant, le mot מגדל / “tour” est remplacé par מחדל / “échec”, “omission”, “grave erreur”.
Cela crée un calembour : non pas “mur et tour”, mais “mur et échec”.
Pour le public israélien, cela sonne plus fort qu’une simple traduction. Le mot מחדל en hébreu porte une lourde charge politique et sociale. Il est souvent utilisé pour parler non seulement d’une erreur, mais d’un échec systémique de l’État, d’une erreur qui a conduit à des conséquences catastrophiques.
C’est pourquoi le titre de la conférence soulève immédiatement la question : à qui est cet échec ?
L’échec de la Russie, qui tente par la force de ramener l’Ukraine dans l’orbite impériale ?
L’échec de l’héritage soviétique, qui a laissé derrière lui des frontières, des peurs, des mythes et des “mines potentielles” pour les générations futures ?
L’échec de l’Occident, qui a trop longtemps refusé de voir la réalité de l’agression russe ?
Ou, ce qui est particulièrement controversé, les auteurs de l’affiche veulent-ils présenter l’Ukraine elle-même comme une partie d’un conflit étranger — entre la Russie et le soi-disant “Occident collectif” ?
C’est pourquoi une telle conférence peut être importante non seulement comme événement culturel, mais aussi comme occasion de discuter du langage utilisé en Israël pour décrire la guerre de la Russie contre l’Ukraine.
De quoi parlera la conférence à “Beit Keinan”
Selon la description des organisateurs, la conférence doit montrer comment l’Ukraine est devenue l’un des centres géopolitiques clés du monde moderne.
L’annonce parle d’un voyage à travers l’histoire, la culture, la philosophie, l’architecture et la politique de l’espace post-soviétique. Un accent particulier est mis sur Kiev — l’une des plus anciennes villes slaves, à travers l’histoire de laquelle il est proposé de comprendre un conflit plus large entre la Russie, l’Ukraine, l’héritage soviétique et l’Occident moderne.
Les organisateurs promettent également une discussion sur les villes, les bâtiments, les monuments et les symboles laissés par l’Empire russe et l’URSS. C’est à travers ces traces du passé, selon leur intention, que l’on peut voir les racines du conflit qui influence aujourd’hui non seulement l’Europe, mais aussi la politique mondiale.
Pour les lecteurs de НАновости — Nouvelles d’Israël ici, le point de vue israélien est important.
La société israélienne regarde souvent la guerre en Ukraine à travers ses propres concepts de sécurité, de frontières, de mémoire, de rapatriement, de relations avec la Russie, les États-Unis et l’Europe. C’est pourquoi le thème ukrainien en Israël n’est pas seulement une “politique étrangère”. C’est une question de savoir comment un pays vivant sous une menace constante comprend le droit d’un autre peuple à l’indépendance, à la sécurité et à la protection contre l’agression.
Pourquoi la formule “Russie contre l’Occident collectif” soulève des questions
Dans la description de la conférence, l’Ukraine est appelée l’arène de la confrontation entre la Russie et “מערב הקולקטיבי” — “l’Occident collectif”.
Cette formulation n’est pas neutre.
L’expression “Occident collectif” est largement utilisée dans le langage politique russe, où la guerre est souvent présentée non pas comme une agression de la Russie contre l’Ukraine, mais comme un affrontement entre la Russie et l’Occident. Dans un tel cadre, l’Ukraine risque de disparaître en tant que sujet autonome : non pas comme un État avec sa propre histoire, son armée, sa société, sa culture et son droit de choisir, mais comme un “territoire de conflit” entre grandes puissances.
C’est ce qui rend l’affiche ambiguë.
D’une part, la conférence peut être utile si elle explique vraiment les racines historiques et culturelles du conflit russo-ukrainien, l’héritage soviétique, les mythes impériaux et le rôle de Kiev dans l’histoire de la région.
D’autre part, il est important que la discussion sur l’Ukraine ne se transforme pas en un récit commode pour Moscou : comme si l’Ukraine n’était qu’une “plateforme” de lutte entre la Russie et l’Occident, et non un pays contre lequel la Russie mène une guerre.
L’Ukraine aujourd’hui n’est pas simplement un “mur” entre quelqu’un et quelqu’un d’autre.
Pour des millions d’Ukrainiens, c’est un foyer.
Pour l’Europe, c’est une ligne de défense contre une nouvelle violence impériale.
Pour Israël, c’est un test de la capacité à voir la différence entre l’agresseur et la victime, même lorsque la géopolitique semble complexe.
Qui est Nino Abesadze et pourquoi sa conférence peut être intéressante
Nino Abesadze est connue en Israël comme journaliste, commentatrice politique et ancienne députée de la Knesset. Dans l’annonce de “Beit Keinan”, elle est présentée comme commentatrice de la chaîne 12 sur les questions russes, ancienne députée de la Knesset, conférencière senior et chercheuse en littérature et culture russes.
Un tel profil rend la conférence potentiellement intéressante pour un public qui veut comprendre non seulement les événements militaires, mais aussi un niveau plus profond : comment la culture russe, la politique soviétique, la mémoire impériale, l’architecture et les mythes historiques continuent d’influencer la perception de l’Ukraine.
Pour le public israélien, c’est particulièrement important.
Beaucoup en Israël sont nés en URSS ou dans des pays post-soviétiques. Beaucoup ont des liens familiaux avec l’Ukraine, la Russie, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie, les pays baltes. C’est pourquoi le débat sur le passé devient souvent ici non pas une conversation académique, mais un sujet personnel : qui et comment se souvient de Kiev, Odessa, Kharkiv, Lviv, des monuments soviétiques, de la langue russe, de l’histoire juive d’Europe de l’Est et de la guerre actuelle.
НАновости — Nouvelles d’Israël considère qu’il est important de suivre de tels événements, car c’est précisément à travers des conférences publiques, des affiches, des soirées culturelles et des espaces urbains que l’on voit comment en Israël se forme le langage de la discussion sur l’Ukraine.
Où et quand
La conférence “אוקראינה חומה ומחדל” aura lieu le jeudi 2 juillet 2026, à 20:00, dans la cour de “Beit Keinan” à Herzliya.
Adresse : רחוב נתן אלתרמן 51, הרצליה — rue Natan Alterman 51, Herzliya.
La participation est ouverte à un large public, mais une inscription préalable est requise.
Inscription ici : https://beit-keynan.inwise.net/020726
La question principale à laquelle il faut réfléchir en allant à cette conférence n’est pas seulement : “Comment l’Ukraine est-elle devenue une arène de guerre ?”
Peut-être est-il plus important de demander autrement : pourquoi l’Ukraine doit-elle sans cesse prouver qu’elle n’est pas l’objet de l’histoire d’autrui, mais un pays indépendant avec sa propre mémoire, sa propre voix et son propre avenir ?
