L’ONU cherche à remplacer la mission de la FINUL au Liban
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a présenté au Conseil de sécurité trois options pour l’avenir de la présence internationale au Liban après la fin du mandat de la FINUL. Il s’agit d’une zone qui reste l’un des points de sécurité les plus sensibles pour Israël : le sud du Liban, la « ligne bleue », l’infrastructure armée du Hezbollah et le risque d’une nouvelle grande guerre à la frontière nord.
Selon Reuters et AP, la lettre de Guterres a été envoyée aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU début juin 2026. Elle propose non seulement de mettre fin à l’ancienne mission, mais aussi de déterminer quel format de surveillance internationale pourrait rester après le 31 décembre 2026, date à laquelle le mandat actuel de la FINUL doit se terminer.
Pour Israël, ce n’est pas un détail technique.
Si la présence internationale disparaît complètement, le vide dans le sud du Liban pourrait rapidement être comblé par le Hezbollah. Si l’ONU maintient au moins un format de surveillance limité, la communauté internationale disposera d’un outil de pression, de surveillance et de constatation des violations. Le problème est qu’Israël considère depuis longtemps la FINUL comme une mission faible, qui n’a pas réussi à empêcher le renforcement du Hezbollah le long de la frontière.
Trois scénarios : de la surveillance minimale à une mission plus large
Les propositions de Guterres décrivent trois modèles possibles. Le premier est une présence légère avec des capacités limitées. Le deuxième est un format plus stable avec une surveillance élargie et un soutien à la désescalade. Le troisième est une structure plus grande et plus complexe, capable de surveiller la situation plus largement et d’aider le processus politique.
L’effectif d’une telle présence, selon Reuters et AP, pourrait être d’environ 1 980 à 5 525 personnes. C’est moins que la FINUL actuelle, qui compte environ 7 500 militaires.
La principale tâche du nouveau format est de maintenir la surveillance militaire le long de la « ligne bleue », de soutenir les forces armées libanaises et d’aider à mettre en œuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée après la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006. Cette résolution exige la cessation des hostilités, le renforcement du contrôle de l’armée libanaise dans le sud du pays et l’absence de groupes armés dans la zone où l’État doit être la seule force légale.
Sur le papier, tout semble logique.
En pratique, c’est ici que commence le principal conflit d’intérêts. Israël exige un désarmement réel du Hezbollah et des garanties de sécurité pour les communautés du nord. Le Liban parle de souveraineté et de la nécessité de retirer les forces israéliennes des zones contestées. L’ONU tente de maintenir au moins un mécanisme de travail entre les parties, mais ses capacités dépendent des décisions du Conseil de sécurité, du financement et de la volonté des États d’envoyer des militaires dans une zone dangereuse.
Pourquoi cette question est importante pour Israël
Le sud du Liban pour les Israéliens n’est pas une carte abstraite dans les documents de l’ONU. C’est une direction d’où, pendant des décennies, sont venues des roquettes, des attaques, des menaces et une tension constante pour les habitants du nord d’Israël. Après le 7 octobre, le sujet de la frontière nord est devenu encore plus douloureux : la société israélienne perçoit différemment les promesses de sécurité si elles ne sont pas soutenues par un contrôle réel.
C’est pourquoi Israël aborde les nouveaux plans de l’ONU avec prudence.
D’une part, la présence internationale peut contenir l’escalade, constater les violations et aider au retour des habitants dans les zones frontalières. D’autre part, si la nouvelle mission est faible, mal armée ou politiquement contrainte, elle pourrait répéter le sort de la FINUL : être sur place, mais ne pas arrêter le renforcement effectif du Hezbollah.
La FINUL ne termine pas son mandat immédiatement
Le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé en août 2025 le mandat de la FINUL pour la dernière fois – jusqu’au 31 décembre 2026. Après cette date, un retrait progressif de la mission doit commencer au cours de l’année 2027. Cette décision est devenue un compromis après la pression des États-Unis et d’Israël, qui critiquaient depuis longtemps l’efficacité de l’opération.
C’est une date importante, car il ne s’agit pas d’un départ immédiat des casques bleus.
L’ONU a le temps de préparer un format de transition. Israël, le Liban, les États-Unis, la France et d’autres participants au processus diplomatique ont le temps de s’accorder sur le nouvel équilibre dans le sud du Liban. Mais le temps est compté, compte tenu de la vitesse à laquelle la situation change au Moyen-Orient.
Pour les lecteurs de NANouvelles — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency, cette histoire est également importante car elle montre la crise générale des mécanismes de sécurité internationaux. Israël est confronté au fait que les résolutions formelles ne se transforment pas toujours en protection des citoyens. L’Ukraine connaît un problème similaire dans une autre géographie : le droit international existe, mais l’agresseur et ses alliés terroristes le testent souvent par la force.
Ce qui se cache derrière le nouveau plan de Guterres
Les propositions du secrétaire général de l’ONU apparaissent dans une période dangereuse pour toute la région. Le Hezbollah reste la principale force armée au Liban et fait partie de l’axe d’influence iranien. Israël, de son côté, n’est pas prêt à tolérer la menace à sa frontière nord, surtout après l’expérience de la guerre avec le Hamas et la pression constante des groupes soutenus par l’Iran.
L’ONU tente de maintenir une ligne intermédiaire : ne pas laisser le sud du Liban sans surveillance, mais ne pas continuer la FINUL sous sa forme actuelle si le Conseil de sécurité a déjà décidé de terminer son mandat.
AP note séparément que les nouvelles options doivent aider les efforts politiques pour mettre en œuvre la résolution 1701, soutenir l’armée libanaise et désamorcer la situation le long de la « ligne bleue ». Ces derniers mois, la situation est restée dangereuse, et la mort de casques bleus n’a fait qu’accentuer la question de savoir qui est prêt à travailler dans cette zone et à quelles conditions.
La question principale n’est pas le nom de la mission, mais sa force
L’intérêt israélien ici est très simple : que le sud du Liban ne devienne pas une plateforme commode pour une nouvelle guerre. Le nom de la future mission est secondaire. Ce qui est beaucoup plus important, c’est de savoir si elle aura un mandat réel, un accès aux lieux de violations, le soutien du Conseil de sécurité et la possibilité non seulement d’observer, mais aussi d’obtenir des conséquences pour ceux qui transforment les zones frontalières en infrastructure militaire.
Pour le Liban, la question est également douloureuse. L’État doit prouver que son armée est capable d’être la seule force légale sur l’ensemble du territoire du pays. Sans cela, tout format international sera un soutien temporaire, et non une solution.
Dans les mois à venir, le Conseil de sécurité de l’ONU devra choisir lequel des trois options servira de base aux négociations futures. Pour Israël, ce ne sera pas une formalité diplomatique, mais l’un des facteurs de sécurité de la frontière nord.
C’est pourquoi la nouvelle discussion autour de la FINUL est importante non seulement pour New York, Beyrouth ou le siège de l’ONU. Elle concerne directement Kiryat Shmona, Metula, Nahariya, Haïfa et tous les Israéliens qui comprennent que si le nord s’embrase à nouveau, le prix des décisions internationales faibles sera mesuré non pas en résolutions, mais en vies humaines.
