La Commission civile pour la documentation des crimes du Hamas a présenté un nouveau rapport sur la violence sexuelle et de genre commise lors de l’attaque du 7 octobre 2023 et pendant la période de détention des otages dans la bande de Gaza. La publication https://www.civilc.org/home-heb/silenced-no-more-heb est apparue dans le contexte d’une autre décision importante : la Knesset a approuvé une loi pour la création d’un tribunal militaire spécial pour les participants au massacre du 7 octobre.
La loi a été adoptée par la Knesset tard dans la soirée du lundi 11 mai 2026, et les agences internationales en ont fait état le 12 mai. Le tribunal doit siéger à Jérusalem. Le rapport de la Commission civile a été publié en 2026 ; les publications anglophones et israéliennes à son sujet sont sorties le 12 mai 2026. Les principaux lieux des crimes mentionnés dans les documents sont le festival Nova près de Re’im, la route 232, les kibboutzim et les communautés du sud d’Israël, les bases militaires, l’itinéraire de l’enlèvement vers Gaza et les lieux de détention des otages dans la bande de Gaza.
Rapport de la commission : pas des épisodes isolés, mais un système de violence récurrent
Le nouveau document de la Commission civile décrit la violence sexuelle et de genre comme faisant partie de l’attaque du Hamas et de ses complices le 7 octobre 2023, ainsi que comme un élément du traitement d’une partie des otages après leur enlèvement à Gaza.
La commission affirme qu’il ne s’agissait pas d’une série de crimes aléatoires dans le chaos, mais d’une pratique récurrente appliquée à différents endroits et à différentes étapes de l’attaque. La description publiée du rapport parle de plus de deux ans de travail indépendant, de comparaison de témoignages, de photos, de vidéos, de documents officiels et d’autres matériaux.
Selon la commission, son archive comprend plus de 10 000 photos et vidéos, plus de 1 800 heures de visionnage et d’analyse de matériel visuel, ainsi que plus de 430 interviews, témoignages et rencontres avec des survivants, d’anciens otages, des experts, des proches des victimes et des témoins. Il est spécifiquement indiqué que les matériaux ont été liés au temps et à la géographie des événements, et que les victimes avaient la citoyenneté de 52 pays.
Pour Israël, ce n’est pas seulement un traumatisme interne. C’est une affaire internationale, car le 7 octobre a frappé des citoyens de différents pays, des familles, des communautés juives, des personnes venues à un festival de musique, vivant dans des kibboutzim ou servant dans le sud du pays.
13 modèles de crimes
La commission a identifié 13 modèles récurrents de violence sexuelle et de genre.
Parmi eux, il y a des viols et des viols collectifs, des tortures sexuelles, des tirs intentionnels au visage et aux organes génitaux, des meurtres pendant ou après la violence sexuelle, des profanations de corps, des dénudations forcées, des ligotages et des enchaînements des victimes, des humiliations publiques de femmes et d’enfants, des enlèvements de mères et d’enfants, de la violence près des proches, des enregistrements et des diffusions de matériel sur les réseaux sociaux, des menaces de mariage forcé, ainsi que de la violence sexuelle contre des garçons et des hommes.
Ces formulations sont lourdes, mais elles ne peuvent être nettoyées du discours public. Lorsqu’il s’agit de crimes de cette ampleur, les euphémismes agissent contre les victimes : ils effacent le sens de ce qui s’est passé et transforment des actions concrètes en une « brutalité » abstraite.
Selon la commission, la violence sexuelle et de genre a été utilisée comme une tactique de terreur — pour humilier, intimider, détruire des familles et faire pression sur des communautés entières. En ce sens, le rapport est important non seulement comme description du passé, mais aussi comme tentative de créer une base de preuves pour de futurs procès.
Terreur numérique : pourquoi les vidéos sont devenues une partie de l’attaque
L’un des blocs clés du rapport est consacré à ce qu’on appelle la terreur numérique. La commission écrit que les terroristes ont filmé des meurtres, des tortures, des enlèvements, des incendies, des humiliations et des profanations de corps, puis ont diffusé ces matériaux via les réseaux sociaux, y compris sur les comptes des victimes elles-mêmes.
C’est particulièrement important pour le public israélien, car de nombreuses familles ont appris pour la première fois le sort de leurs proches le 7 octobre non pas par les structures officielles, mais par les enregistrements publiés par les terroristes eux-mêmes. Un tel mécanisme transformait le crime en une attaque psychologique continue.
NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency dans ce contexte considère le sujet non pas comme une nouvelle dispute politique autour de la guerre, mais comme une question de mémoire, de preuves et de responsabilité légale. La société israélienne vit depuis presque trois ans avec les conséquences du 7 octobre, mais la fixation judiciaire des crimes reste une étape distincte et très complexe.
La commission souligne : la diffusion de tels matériaux n’était pas un effet secondaire. Selon elle, cela faisait partie de la stratégie — renforcer la peur, prolonger les souffrances des familles et forcer la société à revivre encore et encore le moment de l’attaque.
Captivité à Gaza comme continuation du crime
Le rapport mentionne séparément la période de détention des otages. La commission se réfère à des témoignages d’anciens otages et à d’autres sources indiquant des agressions sexuelles, des humiliations, des tortures sexuelles et de l’exploitation pendant la captivité dans la bande de Gaza.
Dans certains cas, selon la commission, la violence a duré des mois. Cela change le cadre juridique et moral : il ne s’agit pas seulement de crimes commis le jour de l’invasion du 7 octobre, mais aussi de la continuation de la violence après l’enlèvement des personnes.
Les auteurs du rapport qualifient les actions décrites de possibles crimes de guerre, crimes contre l’humanité, actes de génocide, tortures sexuelles et crimes terroristes. Ils appellent Israël et la communauté internationale à enquêter sur ces crimes, à poursuivre pénalement les responsables, à imposer des sanctions contre les personnes et structures impliquées, et à créer des mécanismes spéciaux pour enquêter sur la violence sexuelle dans les conflits armés.
Tribunal spécial : comment Israël prévoit de juger les participants au massacre
Dans ce contexte, la Knesset a approuvé une loi pour la création d’un tribunal militaire spécial pour les militants ayant participé à l’attaque du 7 octobre. La loi a été soutenue par 93 députés sur 120, personne n’a voté contre. Les autres députés étaient absents ou se sont abstenus.
C’est un cas rare de consensus politique entre la coalition et l’opposition. Parmi les initiateurs du projet de loi figurent Yulia Malinovsky de « Notre maison Israël », Simcha Rothman du « Sionisme religieux » et Yariv Levin du « Likoud ».
Selon Reuters, Israël détient environ 200 à 300 militants suspects capturés après l’attaque, y compris des membres de l’unité d’élite du Hamas « Nukhba ». Le nombre exact est classifié. Les procès devraient prendre des années.
Le tribunal doit siéger à Jérusalem et examiner les affaires par un collège de trois juges. Les procès sont prévus pour être publics, et les audiences clés seront diffusées. Les accusés pourront participer à certaines audiences à distance depuis les lieux de détention, et les survivants et les familles des victimes auront la possibilité d’assister à certaines audiences ou de les suivre en ligne.
Peine de mort et débats juridiques
La loi permet la possibilité d’une peine de mort pour certaines accusations, mais ne la rend pas automatique.
Reuters précise : si une telle peine est prononcée, un appel automatique doit suivre. AP note également que la loi a suscité des critiques de la part des organisations de défense des droits de l’homme, qui craignent un affaiblissement des garanties procédurales et la transformation des procès en spectacle public.
Pour la société israélienne, ce débat est douloureux. D’un côté, il y a une exigence de justice après le plus grand massacre de l’histoire du pays. De l’autre, Israël doit montrer que même le procès des terroristes se déroule non pas comme un acte de vengeance, mais comme un processus juridiquement structuré.
C’est ici que le rapport de la commission et la loi sur le tribunal se croisent. Le premier collecte et systématise les preuves. Le second crée un cadre judiciaire dans lequel l’État pourra examiner les affaires de ceux qui ont participé à l’attaque, aux meurtres, aux enlèvements, à la violence et à la détention des otages.
Le 7 octobre 2023, des militants du Hamas et d’autres groupes ont franchi la frontière depuis Gaza, attaqué les communautés du sud d’Israël, les bases militaires, les routes et le festival de musique Nova. Selon des données internationales, environ 1 200 personnes ont été tuées, la plupart d’entre elles des civils, et 251 personnes ont été enlevées dans la bande de Gaza.
Israël entre maintenant dans la prochaine étape — non seulement militaire et diplomatique, mais aussi judiciaire. Elle sera longue, difficile et controversée. Mais sans cette étape, l’histoire du 7 octobre restera incomplètement formée sur le plan juridique.
